Camp-Diable: un mystère à découvrir

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Les visiteurs, qui ont pris la relève de l’usine sucrière, créent l’animation dans le village.

Les visiteurs, qui ont pris la relève de l’usine sucrière, créent l’animation dans le village.

Camp-Diable est un village dans le district de Savanne, à mi-chemin entre Souillac et Britannia. S’il n’est pas grand, il fait bon y vivre et un mystère est à découvrir.

Autrefois, le village de Camp-Diable était plein de vie. L’animation tournait surtout autour de l’usine sucrière qui rythmait la vie des habitants. Mais cela fait déjà très longtemps que ses opérations ont stoppé.

Comptant environ 1 500 habitants, le village est fréquenté par des milliers de visiteurs tout le long de l’année. Au milieu des champs de canne, alors que flotte dans l’air une odeur de coco, de banane, de camphre et de bois de santal, ils viennent y prier Amma Tookay. D’abord pour «lui demander la permission avant de couper les cannes». Ensuite, pour que sa bénédiction protège des accidents tous ceux impliqués dans la récolte. Et protège les champs des intempéries.

L’Amma Tookay Kovil trouve ses origines au 19e siècle, avec l’arrivée des travailleurs engagés.

«Ils travaillaient sur la propriété sucrière de Britannia et étaient logés à Riche-Bois, à égale distance entre Britannia et Camp-Diable. Ils ne pouvaient envisager leur vie sans prier. Alors, la propriété leur a donné un lopin de terre pour construire un temple. Euxmêmes ont élaboré la statue d’Amma Tookay», explique un habitant. Ça, c’est la version officielle de l’histoire. Des touristes aiment s’y rendre pour prier et surtout pour visiter, tout comme ils le font à Grand-Bassin. En sillonnant les ruelles du village, on apprend aussi que Camp-Diable est réputé pour ses légumes. Ainsi Doomah Abdool Ahad, âgé de 30 ans et planteur de giraumon et de pistaches, qui confie bien aimer planter et qu’il aide également les villageois en leur vendant toutes sortes de pesticides et de graines.

Dans cette partie abandonnée du cimetière, il n’y a jamais d’enterrement.

Ce petit village a une histoire riche. Visite guidée au cimetière, qui est divisé en deux. Une partie est utilisée par les villageois et concernant l’autre, «on ne peut ni déterrer, ni enterrer ; maladi koléra pou levé» explique le fossoyeur, Jean Mark Rivière, âgé de 37 ans. Chose que confirment d’autres habitants interrogés, auparavant, des gens qui souffraient du choléra, ont été enterrés là.

Pourquoi Camp-Diable ?

Les habitants racontent également une légende incontournable. Autrefois, un prêtre habitait derrière l’église du village. Presque tous les soirs, aux environs de minuit, il entendait un bruit mystérieux sur la route principale. Terriblement secoué, il s’était exclamé «C’est un camp de diable, c’est un camp de diable !». Le mystère n’a toujours pas été résolu.

Mais pourquoi donc cacher la beauté de la croix à l’arrière !
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