Subventions religieuses: à nouveau en quête de bénédiction

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Une partie des subventions de l’État sert à l’entretien des lieux de culte, dont à la peinture annuelle dans le cas de certains temples.

Une partie des subventions de l’État sert à l’entretien des lieux de culte, dont à la peinture annuelle dans le cas de certains temples.

Si la fédération des temples hindous juge insuffisante la hausse de 10 % de l’enveloppe aux religions reconnues par l’État, le diocèse catholique l’accueille comme une preuve de reconnaissance de leur importance.

Un Premier ministre en odeur de sainteté ? Pas sûr que la nouvelle hausse de 10 % de la subvention aux institutions religieuses, annoncée dans le Budget, lundi, fasse pleuvoir les bénédictions. Durant son discours, Pravind Jugnauth a déclaré que l’enveloppe accordée aux religions passe de Rs 85 millions à Rs 93 millions. Ce qu’il a justifié ainsi : «On ne peut négliger le rôle inestimable des institutions religieuses qui contribuent à façonner et à préserver le tissu social et moral de la société. Elles méritent tout le soutien que nous leur accordons et même plus.»

Pour Rajendra Ramdhean, président de la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation (MSDTF), «something is better than nothing». Il confirme que la fédération avait écrit au Premier ministre pour demander une augmentation «mais 10 % ne représente rien». Raison principale : le poids du salaire minimum pour les temples. «Avant, on payait environ Rs 4 000 à un cleaner et autour de Rs 5 000 à Rs 6 000 à un homme religieux.» Avec l’introduction du salaire minimum, ces deux postes coûtent Rs 18 000 par mois.

Rajendra Ramdhean précise que la loi exige que la fédération «distribue 80 % de la subvention aux temples et garde 20 % pour les frais administratifs». La fédération compte «environ 300 temples». Au final, affirme le responsable, «c’est plus de 80 % – environ 85 % – que nous donnons aux temples». Il indique que «le maximum qu’un temple reçoit de la fédération c’est Rs 6 000». Cela dépendant notamment de l’ancienneté du temple. Toujours en termes de dépenses, «un temple est repeint au moins deux fois par an».

«Sans les sociétés qui gèrent les temples, «ti pou bizin plis lapolis».»

Le président de la MSDTF souligne que la subvention est méritée parce que, «façon de parler, nous aidons le gouvernement. Si les touristes viennent à Maurice, se parski Morisien bon dimounn. Si les sociétés qui gèrent les temples n’existaient pas, ti pou bizin plis lapolis».

De son côté, le père Gérard Mongelard, porteparole du diocèse de Port-Louis, déclare : «Je ne pense pas que nous ayons formulé une demande d’augmentation. Je ne sais pas ce qui motive le Premier ministre.» Il accueille la hausse comme une reconnaissance de l’État de «l’importance des religions dans le pays. Elles apportent la cohésion sociale. La retraite augmente, l’essence baisse. C’est fort louable de nous encourager.»

La subvention est surtout utilisée par l’Église catholique pour payer le salaire des prêtres et en partie l’entretien des églises. «Chez nous, que ce soit le cardinal ou le simple prêtre, il touche le même salaire qui, tourne actuellement autour de Rs 12 000.»

Durant le mandat du présent gouvernement, le Budget 2016-2017 avait augmenté la subvention aux religions par 10 %.

Assemblée de dieu. toujours en quête de reconnaissance

Fin 2018, l’Assemblée de Dieu et les églises pentecôtistes en général avaient intensifié leur demande de reconnaissance officielle par l’État. George Leste, président de l’Assemblée de Dieu, et d’autres responsables avaient rencontré le Premier ministre en octobre 2018, en ce sens. Hier, George Leste a seulement indiqué : «Nous ne sommes pas encore reconnus. Nous ne demandons pas cela pour bénéficier de la subvention.»

Affirmative action: «Ne faites pas les élections en décembre.»

Le père Gérard Mongelard, porte-parole du diocèse de Port- Louis, confirme que l’ONG Affirmative Action compte adresser une lettre au Premier ministre, «d’ici la fin de la semaine». Elle demande de ne pas organiser d’élections en décembre, qui correspond à la période de préparation de Noël. «Dans le cas de n’importe quelle religion, quand il y a une fête importante, la politique respecte le calendrier.» Il se souvient avoir «mal vécu» la campagne des dernières élections générales en 2014. Entre le porte-à-porte des candidats, les meetings, la «ville défigurée», on est «enquiquiné par le folklore électoral. Qu’on respecte les religions !»

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