Cannaparade: «Legalize it»

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Environ une cinquantaine de personnnes ont participé à la marche le samedi 8 juin.

Environ une cinquantaine de personnnes ont participé à la marche le samedi 8 juin.

Les policiers étaient plus nombreux que les participants… Il y avait en effet une grosse mobilisation des forces de l’ordre, hier, samedi 8 juin, dans les rues de la capitale. Pour cause, les membres du Kolektif 420 se sont réunis pour une marche visant à demander la dépénalisation du cannabis médical à Maurice.

C’est sur des notes de reggae qu’a démarré la marche, devant le centre Marie Reine de la Paix, à 11 heures. «Some call it tampee, some call it the weed, some call it marijuana, some of them call it ganja», scandait-on au sein de la foule. Avant de dire non à la drogue synthétique. Pour Jameel Peerally, le porte-parole du mouvement, il est plus qu’urgent de dépénaliser le cannabis à Maurice. «Je demande au gouvernement le faire avant les élections générales. Pa bizin atann lot vini pou fer li…»

Parmi les participants, Rastas, Blancs, Noirs, des gens de toutes les religions. Et même un avocat et un médecin. Mais également ceux qui souffrent. Dont Daniel Nénen, 39 ans. Il a perdu l’usage de ses jambes et a un grave problème à la colonne vertébrale. «Dépi 15 ans mo pé soufer. Si ti légaliz li, mo ti pou apésé. Ou koné komié mo bann kamarad finn mor ek mem malad dan enn soufrans extrem?» Le trentenaire a insisté pour participer à cette marche en s’appuyant sur ses béquilles, afin de soutenir cette cause. Idem pour Priscilla Marianne. La jeune femme explique qu’il est important de dépénaliser le cannabis afin de soulager les personnes qui souffrent trop à cause de leur maladie.

Pour Anoop Goodary, avocat, la dépénalisation du cannabis ne tardera pas. «L’Angleterre finn dépénaliz li hier, la France osi. Kifer pa Maurice ?» Le docteur Ram Koosalsing tient quant à lui à mettre l’accent sur les ravages de la drogue synthétique. Alors il plaide pour une dépénalisation. «Tou long mo karyer 40 an, zamé mo finn trouv otan admision akoz sintétik…» Rien qu’en 2017, poursuit le médecin, il y a eu plus de 1 000 cas recensés dans les différents hôpitaux du pays à cause du synthé. «Ena ziska ler pa ankor géri.»

Le cannabis médical, s’il est prescrit par les médecins, n’a aucun effet néfaste sur la santé du patient, assure le Dr Ram Koosalsing. «Dans le cas des épileptiques, si le cannabis médical est autorisé, nous pouvons contrôler 70 % des crises.»

D’autre part, aucun incident n’a été signalé lors de la marche d’hier. Si ce n’est que, avant même celle-ci ne débute, un des participants a été appréhendé par les officiers de l’Anti Drug & Smuggling Unit sur place.

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