Mondial 2019: Marta, reine en quête de couronne, au crépuscule

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L'attaquante du Brésil, Marta, à l'entraînement au stade Paul Bourget à Gières, le 7 juin 2019.

L'attaquante du Brésil, Marta, à l'entraînement au stade Paul Bourget à Gières, le 7 juin 2019.

Surnommée «Pelé en jupe» par le «Roi» lui-même, Marta dispute peut-être son dernier Mondial féminin à 33 ans. Et ses chances de titre sont minces au sein d’une sélection brésilienne loin de figurer parmi les favorites.

Considérée comme la meilleure joueuse de football de tous les temps par la plupart des observateurs, «Rainha Marta» (la reine Marta) ne n’est jamais hissée sur le toit du monde avec la Seleçao.

Elle n’est pas passée loin au Mondial-2007, arrivant en finale, tout comme aux JO de 2004 et 2008, avec deux médailles d’argent au goût amer. L’attaquante de poche (1,62 m) aux dribles chaloupés reste la meilleure buteuse de l’histoire des Coupes du monde avec 15 réalisations en quatre éditions.

Mais pour ce Mondial-2019 en France, elle ne se fait guère d’illusions.

«C’est difficile de penser au titre. En ce moment, la situation de la Seleçao est loin d’être idéale, c’est même la pire depuis que j’en fais partie», a déclaré Marta dans un entretien au journal suédois Expressen.

Les Brésiliennes viennent en effet de subir neuf défaites en autant de matches amicaux de préparation au Mondial, qu’elles abordent avec un mélange de jeunes espoirs et de cadres expérimentées, comme Marta, Cristiane ou Formiga, qui jouera à 41 ans son septième Mondial, un record.

Autre problème de taille: Marta a vu sa préparation perturbée par une blessure à une cuisse et elle est incertaine pour le premier match de la Seleçao, dimanche, contre la Jamaïque.

Joue-la comme Messi

Si la Reine du foot brésilien n’a pas obtenu la même consécration que le triple champion du monde Pelé sur le plan collectif, elle a raflé plus de récompenses individuelles que quiconque, hommes et femmes confondus.

Élue pour la sixième fois meilleure joueuse du monde en septembre, elle n’a cependant pas gagné le premier Ballon d’Or féminin, remis à Ada Hegerberg, la Norvégienne de Lyon.

Sinon, Marta et Messi, ce sont beaucoup de points communs: la petite taille, le génie balle au pied et le fait de traîner comme un boulet l’absence de titre majeur avec son pays (comme elle, il a perdu une finale de Mondial contre l’Allemagne).

«Messi n’est pas entré dans l’Histoire du foot? Ce n’est pas parce qu’on a pas gagné qu’on ne reste pas dans l’Histoire», a lancé la Brésilienne lors d’une conférence de presse en janvier.

Mais le principal trophée de Marta est d’être parvenue à sortir de la misère après une enfance difficile à Alagoas, un des Etats les plus pauvres du Nord-est brésilien.

Ambassadrice de l’Onu pour l’égalité hommes-femmes, elle est une source d’inspiration pour de nombreuses Brésiliennes qui adorent jouer au foot, mais sont souvent stigmatisées dans un pays très machiste.

Tournois avec les garçons

Marta Vieira da Silva a passé sa vie à courir. Pour éviter la chaleur de Dois Riachos, l’humble village où elle est née, elle s’échappait au lever du jour pour jouer au ballon.

Ses parents se séparent quand elle a moins d’un an et sa mère se retrouve seule avec quatre enfants. Elle ne peut aller à l’école qu’à neuf ans, faute d’argent pour l’achat de fournitures scolaires.

Camouflée au milieu des garçons, elle participe à des tournois, jusqu’à ce qu’un entraîneur la chasse. Les garçons la menaçaient de lui casser la jambe, ne supportant pas de se faire dribbler par une fille.

C’est alors qu’un responsable local l’emmène à Rio de Janeiro. Elle a 14 ans et c’est au moment où elle monte dans l’autocar que sa mère prend au sérieux sa passion dévorante pour le foot.

Après trois jours de voyage, lors du premier test, elle est engagée dans l’équipe de jeunes du Vasco da Gama.

Son immense talent ne tarde pas à taper dans l’oeil des spécialistes et elle dispute son premier Mondial en 2003, à 17 ans, comme Pelé.

L’année d’après, Marta atterrit à Umea, dans le nord de la Suède, dans une puissante équipe féminine qui quelque mois après est sacrée championne d’Europe.

La Brésilienne poursuit sa carrière entre Suède et Etats-Unis (elle évolue aujourd’hui au Orlando Pride), avec quelques piges au Santos, le club du «Roi».

Mais c’est avec le maillot jaune et vert de la Seleçao que la numéro 10 a obtenu ses lettres de noblesse, avec 117 buts. Plus que Pelé, qui n’en a inscrit «que» 95.

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