Port-Louis Waterfront: la fontaine flottante, une prouesse technique

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Le beau spectacle d’eau, de son et de lumière cache un travail complexe abattu par une quarantaine de professionnels.

Le beau spectacle d’eau, de son et lumière cache un travail complexe abattu par une quarantaine de professionnels.

L’eau de mer est pompée et recrachée sous forme de jets. En même temps, elle ne doit pas être en contact avec les câbles électriques. Défi de taille.

C’est une attraction qui ne passe pas inaperçue. Une fontaine, qui a la particularité d’être flottante, et qui trône depuis peu dans la rade, plus précisément devant l’esplanade du Port-Louis Waterfront, a été inaugurée le 10 mai. Elle est ancrée au fond marin par des chaînes et le soir venu, on peut assister à tout un spectacle féerique d’eau, de son et lumière. Aux dires de Mathias Échevin, le directeur de Solutions Eau et Environnement Ltée (SEE), il a fallu un an de recherche et de développement, en étroite collaboration avec le groupe Crystal (France), pour mettre en œuvre cette fontaine unique en son genre.

«La fontaine est constituée d’un radeau flottant, fabriqué en six tronçons de 6 mètres de long, afin de pouvoir être acheminée jusqu’à Maurice. Nous l’avons assemblée à quai et ensuite grutée et tractée jusqu’au site. Des plots de béton de plus de 2 500 kg chacun ont été coulés sur le fond marin. Ils sont reliés à la plateforme, qui fait 18 m de long par 4 m de large, par des chaînes en métal», explique-t-il. Le directeur affirme que les câblages électriques ont été déposés et fixés sur le fond marin pour les relier à la chambre de contrôle située dans le bâtiment L’Astrolabe, sur le front de mer. Par la suite, des essais et réglages des jets d’eau et des lumières ont été faits très tard dans la nuit, pendant plusieurs jours, afin de ne pas attirer l’attention du public avant la mise en opération de la fontaine.

Mathias Échevin soutient que la fontaine fonctionne comme toute autre attraction similaire, mise à part le fait qu’elle aspire l’eau de mer à travers des pompes et la recrache sous forme de jets. «C’est une programmation très délicate et complexe qui permet de caler les jets aux lumières et aux sons musicaux», souligne-t-il.

Menace cyclonique

Cette fontaine est considérée comme une prouesse technique car elle flotte, utilise l’eau salée et s’adapte surtout aux conditions climatiques de Maurice. «L’eau de mer est extrêmement agressive pour les équipements immergés, tels que les pompes et les tuyaux, ainsi que pour tous les câblages et connexions électriques.» D’autre part, en raison des conditions climatiques spécifiques de Maurice, le directeur mentionne qu’il a fallu concevoir une plateforme démontable en quelques heures dans le cas d’une menace cyclonique ou d’une alerte de fortes houles.

De plus, le dispositif de flottaison ainsi que celui de connexion et de déconnexion des câblages d’alimentation électrique et de contrôle des lumières et effets spéciaux a été spécialement conçu. C’est de là que viennent les difficultés car cet élément a nécessité la création d’un boîtier spécifique, permettant le démontage et le remontage extrêmement rapide, le tout sans permettre à l’eau salée d’être en contact avec les câbles électriques.

Mathias Échevin avance que pour la conception et la pré-réalisation de cette attraction phare, il a fallu avoir recours à une équipe d’une quarantaine de personnes, constituée de techniciens, automaticiens, plongeurs, grutiers, programmeurs pour leur mise en œuvre ainsi que des ingénieurs, consultants et directeurs de projet. Tout le processus a été confié à SEE en juillet dernier, sous la tutelle de Landscope, et a été financé à travers une aide de la State Bank.

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