De retour à Maurice : le combat n’est pas terminé pour Cléanne

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Le Dr Anwar Husnoo, ministre de la Santé et pédiatre, s’est rendu au chevet du «bébé miracle» à l’hôpital.

  Le Dr Anwar Husnoo, ministre de la Santé et pédiatre, s’est rendu au chevet du «bébé miracle» à l’hôpital.  

Elle se trouve actuellement à la Neonatal Intensive Care Unit de l’hôpital de Flacq. Le chemin de la guérison pour la petite Cléanne Papillon, qui a regagné Maurice hier, est encore long.

«Monn atann sa zour-la avek inpatians.» À sa descente d’avion hier, à l’aéroport de Plaisance, Ian Papillon, 43 ans, a poussé un ouf de soulagement. Après cinq mois passés en Inde, il est enfin rentré au pays, accompagné de sa petite Marie-Cléanne. Aujourd’hui âgée de presque six mois, elle a été admise à la Neonatal Intensive Care Unit (NICU) de l’hôpital de Flacq. Le ministre de la Santé, Anwar Husnoo, lui a d’ailleurs rendu visite hier.

Bien qu’elle ait survécu à l’opération visant à la séparer de sa soeur siamoise Marie-Cléa, à l’hôpital Narayana Hrudayala, à Bangalore, le combat pour la petite est loin d’être terminé. «À Bangalore, on a vu que le moment était venu de la faire rentrer au pays, sauf que le travail de guérison est loin d’être terminé. La petite est toujours sous ventilation», explique le Dr Ram Mudhoo. Ce dernier fait partie du panel de médecins qui s’occupait du cas de Marie-Cléanne et qui l’accompagne depuis un certain temps. Il indique qu’il faudra faire un grand travail pour qu’elle puisse maintenant respirer par elle-même.

Les parents et un frère de la petite, tout émus, à l’hôpital de Flacq hier.

Dès le début, ajoute-t-il, cela a été «un cas compliqué». D’autant que Marie-Cléanne souffrait de plusieurs complications dont une à la colonne vertébrale. «Li pa ti pé rési tourné dan vant mama. So kolonn vertébral pa drwat. Pou bizin fer enn intervansion plitar», soutient le Dr Mudhoo. Qui plus est le bébé a aussi des muscles respiratoires qui ne sont pas bien formés et le thorax qui est déformé.

Ian Papillon est bien conscient du long chemin que devra parcourir sa fille avant la guérison complète. Il sait toutefois qu’à Maurice, il pourra compter sur le soutien des membres de sa famille. Car en Inde, «cela n’a pas toujours été évident de lutter seul et dans la solitude», nous avait-il déclaré à maintes reprises. À l’hôpital hier après-midi, visiblement à bout, le père de famille s’est laissé aller à quelques confidences. «Je suis fatigué. Le voyage a été épuisant.»

L’adaptation en Inde n’a pas été facile pour lui, d’autant plus que c’était la première fois qu’il prenait l’avion. «Tout était différent. Mé mo’nn oblizé fer li pou mo zanfan, mo pa kav kit li tousel.»

Aujourd’hui, Ian Papillon est content de retrouver ses trois fils et son épouse Marie Hélène. Cette dernière, entourée de sa mère, de son père et de ses deux fils Wilryck et Emilio, peine à cacher l’immense joie qui l’envahit de revoir enfin sa fille. Elle avait dû rentrer au pays après la mort de Marie-Cléa, pour organiser les funérailles. «J’ai pris des nouvelles de Marie-Cléanne chaque jour à travers les réseaux sociaux. Maintenant je pourrai la voir tous les jours.» Elle n’oublie pas Marie-Cléa pour autant. «J’ai chaque jour une pensée pour elle. Cléa sera toujours dans nos coeurs. Nous l’aimons comme chacun de nos enfants.»

Même sentiment pour les frères de Cléanne. Pris par son travail, Chris n’a pu se rendre à l’hôpital. Cependant, Wilryck et Emilio ont, eux, tenu à faire le déplacement. Ils sont tous contents d’accueillir la première fille de la famille. «Zot fini koumans kontan li avan mem zot konn li. Cléanne pou extra gaté sa», confie Ian Papillon.

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