Fête des mères: ces mamans pas comme les autres…

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Elizabeth et Ruth racontent sur leurs vie en tant que maman.

Elizabeth et Ruth racontent sur leurs vie en tant que maman.

Elizabeth, 89 ans, qui a perdu un enfant: «Ce n’était pas le mien mais je le chérissais»

Elle ne lui a pas donné la vie… mais l’a élevé comme le sien. En 2016, Elizabeth, 89 ans, a perdu Jeffrey, la cinquantaine. «C’était le fils de Ronald, mon époux. Dès que nous nous sommes mariés, il est devenu mon petit à moi que je chérissais comme les miens.Il m’appelait toujours Maman.»

Le plus dur est que son fils est mort un 25 décembre. «Il a eu un problème de santé et est mort subitement. Je me rappelle de cette journée, je lui avais parlé au téléphone quelques heures avant, puis j’étais sortie. En revenant, une proche criait qu’il était mort. J’ai refusé d’y croire. J’ai hurlé pour retrouver mon fils puis je me suis effondrée.» Mère de trois fils âgés d’une cinquantaine d’années, Elizabeth s’est mariée à 31 ans. Alors que son mari travaillait sur le chemin de fer, elle s’est mise à la couture. «Je ne savais pas coudre. J’ai juste prié et la Vierge Marie m’a éclairée. C’est comme un don qui s’est développé. Hélas, après quelque temps, mon mari a cessé son premier travail et a intégré une boutique coopérative. Son malheur fut d’accorder des achats à crédit. Il a perdu son emploi et est devenu alcoolique.» Ronald est entre-temps décédé, depuis 25 ans, laissant Elizabeth seule.

Pour la fête des mères, Elizabeth s’enferme dans sa tristesse. «Elle se passe dans l’indifférence la plus totale. J’ai perdu mes frères et soeurs. Et la famille de mes enfants n’est pas proche de moi. Parfois on a un petit bonjour ou un rare cadeau. J’irai simplement à la messe.»

Ruth, 40 ans, mère en prison: plus qu’une séparation, une épreuve

Pour quelques heures, elle a troqué son uniforme vert. Vêtue d’une tenue à volants rouge et blanc, Ruth, 40 ans, joue au clown en ce jeudi 23 mai. Sa mission : amuser les enfants venus rendre visite à leurs mères… derrière les barreaux. «J’ai une petite fille de neuf ans. C’est la première fois que je suis loin d’elle. Cela me rend si triste.» Depuis six mois, elle est détenue à la prison des femmes suivant un meurtre. Sa sentence n’a pas encore été prononcée. «Mon coeur est gros. Je me sens émue. Heureusement qu’à la prison, on nous aorganisé une fête pour que nous puissions être avec nos enfants. Cette séparation est vraiment dure. C’est si difficile d’être loin de ceux qu’on aime. On doit réfléchir à cent fois avant de commettre des bêtises.»

Ruth pense à ces petites cartes confectionnées avec amour à l’école que sa petite lui ramenait chaque année ou encore à ses poèmes. «Je me sentais alors envahie par une joie immense. Puis ma fille venait avec un petit cadeau ou des fleurs avant. Depuis ma détention, elle me rend visite mais elle ne réalise pas vraiment ce qui se passe. Elle pense juste que sa maman va vite revenir. Aujourd’hui, en prison, mon plus beau cadeau serait sa présence.»

Abby, mère célibataire: priorité à l’autonomie de son fils

«On sortait ensemble au collège. Je suis tombée enceinte en 2003 et on s’est marié», raconte Abby, 33 ans. Après la naissance de son fils, Guillaume, la relation se désagrège : «J’avais 18 ans quand j’ai eu mon bébé. Stéphane, mon mari, avait 20 ans. Il voulait vivre sa jeunesse, sortir avec ses amis, etc. Je me retrouvais souvent seule.» Les disputes s’accumulent. En 2006, Abby et Stéphane divorcent.

Elle retourne chez ses parents et devient alors maman célibataire. «C’est difficile d’élever son enfant seul. Je sentais qu’il n’allait pas avoir le cocon familial idéal mais je voulais le préserver d’un milieu rempli de conflits. Stéphane m’aidait parfois financièrement.» De son côté, Abby cumule des petits boulots mais s’absente parfois quand le petit a des crises d’asthme.

Après avoir essayé d’autres emplois, la jeune femme a dû y renoncer pour se consacrer à Guillaume, 15 ans aujourd’hui. «Il a commencé à faire sa crise d’adolescence. C’était difficile, surtout en l’absence de son papa. Au final, cela nous a rapprochés. Je ne regrette pas mon choix.» Refaire sa vie : Abby n’y songe pas pour le moment. La peur après le divorce mais aussi le besoin de rendre son fils autonome demeurent ses priorités.

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