Hypertension chez les femmes et les enfants: une maladie qui se nourrit de la malbouffe

Avec le soutien de
Mauvaise alimentation et sédentarité, un cocktail idéal pour l’hypertension des jeunes.

Mauvaise alimentation et sédentarité, un cocktail idéal pour l’hypertension des jeunes.

Vous allez en avoir des palpitations : dans le monde, plus d’un milliard d’habitants souffrent d’hypertension, soulignent diverses études ainsi que l’Organisation mondiale de la santé (OMS). D’après le Health Statistics Report de 2017, 12 096 femmes et 12 423 hommes, soit 24 519 Mauriciens, avaient été traités pour cette maladie dans les hôpitaux publics. Comparativement, en 2009, ce taux était de 8 134 femmes et 7 486 d’hommes, totalisant un nombre de 15 620 personnes. En 2012, 20 516 Mauriciens avaient été traités, dont 10 780 femmes et 9 736 hommes. Niveau mortalité, 505 décès liés à l’hypertension ont été enregistrés en 2017, d’après ce rapport. En 2005, ce taux était de 299.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Qui y est plus vulnérable? Les statistiques nationales démontrent que davantage de femmes en souffrent. De plus, comme le confirme le Dr Ishaq Jowahir, depuis les deux dernières décennies, on assiste à un rajeunissement de la maladie : «Avant, les patients y étaient plus exposés après l’âge de 40 ans. Désormais, cette maladie se manifeste davantage chez les adolescents de 15-16 ans et les femmes.» En 2014, le Health Statistics Report recensait un taux de mortalité plus élevé après 75 ans chez l’homme et la femme, avec 62 et 150 décès respectivement. Désormais, les enfants sont davantage touchés, confie le Dr Shilpa Sooknundun, de la Clinique du Nord: «Malheureusement, l’hypertension artérielle (HTA) est silencieuse aussi bien chez l’adulte que chez l’enfant.»

Trop de gras, trop de sel

Selon elle, la maladie peut survenir avant l’âge de six ans. Dans ce cas, elle est causée par des maladies du cœur, des vaisseaux du cœur à la naissance ou chez les bébés prématurés ou encore ceux souffrant d’insuffisance pondérale (un poids trop bas). «Des enfants sujets à des problèmes rénaux, hormonaux et congénitaux peuvent parallèlement développer l’hypertension», ajoute le Dr Ishaq Jowahir. Après six ans, les petits peuvent la contracter pour les mêmes que celles raisons associées à la maladie chez les adultes. En cause : l’hérédité, le manque d’exercice physique et surtout la mauvaise alimentation. «Aujourd’hui, on ne mange plus comme avant. Il y a beaucoup de fast-food. Deux facteurs résultent d’une mauvaise alimentation : trop de gras et trop de sel», précise le médecin. Ceci expliquerait la plus forte prévalence chez les femmes.

Quels sont les symptômes ? Il n’y en a guère, indiquent nos interlocuteurs, sauf lorsqu’une crise se déclenche. Dans ce cas, les signes sont les maux de tête, les convulsions, des vomissements, une douleur à la poitrine, des palpitations, un malaise etc. Pour confirmer l’hypertension chez l’enfant, des analyses sanguines et des échographies sont indiquées. «On peut brancher un moniteur portatif qui enregistre les données sur une base 24/7», déclare le Dr Shilpa Sooknundun.

Comment traiter la maladie chez les petits ? D’après les médecins, en soignant la source du problème, par exemple, un trouble rénal, l’hypertension devrait parallèlement être réglée. Mais si celle-ci persiste au-delà de trois visites mensuelles, on peut appliquer un traitement avec un ou deux antihypertenseurs, selon le cas. Et si l’obésité est à l’origine de l’hypertension, la perte de poids peut ramener le taux à la normale, explique notre interlocutrice.

Dans des situations où l’hyper- tension n’est pas très élevée, une activité physique ainsi qu’une abstention de consommer des aliments gras, sucrés et salés seront prisées. «Mais ce sera difficile d’imposer ces pratiques à un enfant quand les autres membres de la famille ne participent pas. On aura de meilleurs résultats si tout le monde s’y met. Pour éviter la sédentarité et l’obésité, on doit contrôler le temps passé devant les écrans comme la télévision, l’ordinateur etc.» Elle recommande une fréquence de deux heures par jour pour les enfants à partir de deux ans.

Sanjiv, 17 ans : «je l’ai échappé belle»

«Je suis de nature gourmande, donc je ne me prive pas des bons petits plats. Je ne faisais vraiment pas attention à mon alimentation», confie Sanjiv, un élève de 17 ans. Mordu de «fastfood», ce dernier a eu une crise d’hypertension en 2018. «J’étais à la maison quand je me suis senti mal. J’ai eu un malaise. Arrivé à la clinique, j’ai eu un choc en découvrant le taux qui était de 19. Nous avons immédiatement entamé un traitement.» Souffrant parallèlement d’obésité, Sanjiv a entamé un rééquilibrage alimentaire et s’est mis au sport. L’adolescent, qui a déjà perdu 8 kilos, continue à gérer sa maladie. «Je l’ai échappé belle. Je ne veux plus jamais revivre ça. On pense toujours que ça n’arrive qu’aux vieux. C’est loin d’être le cas.»

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires