Syndicalisme: une lutte sans relâche

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Jane Ragoo a été l’un des maillons forts lors de la grève d’octobre 2017 des femmes «cleaners», au jardin de la Compagnie.

Jane Ragoo a été l’un des maillons forts lors de la grève d’octobre 2017 des femmes «cleaners», au jardin de la Compagnie.

Cordiale. C’est ainsi qu’a été décrite la rencontre entre les syndicalistes et le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, la semaine dernière en vue du prochain Budget. Du coup, certains s’avancent à dire que les syndicalistes jouent actuellement le jeu du gouvernement. «Non», fustigent les syndicalistes. La pression, ils continueront à l’exercer pour faire entendre raison aux partis au pouvoir dans l’intérêt du peuple.

On se souvient encore de ces femmes cleaners qui, pendant dix jours, ont fait une grève de la faim. Elles avaient à leurs côtés Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo, de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP). Justement, cette dernière souligne que c’est grâce à un travail sans relâche que les syndicalistes arrivent à se faire entendre. «Dans le cas du salaire minimal, la CTSP a exercé beau- coup de pression. On a su se faire respecter. Rien n’est acquis, rien ne vient sur un plateau.»

Jane Ragoo ajoute qu’en 15 ans de syndicalisme, elle a toujours lutté pour les droits des travailleurs et continuera à le faire, qu’importe le parti en face. «Nous n’avons jamais rencontré l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam. Par contre, Pravind Jugnauth a déjà échangé des paroles avec nous et nous a écoutés.»

«Cela fait cinq ans depuis que l’on évoque une révision de la loi du travail. J’espère qu’elle deviendra une réalité.»

La syndicaliste fait remarquer que le dialogue est le facteur clé pour que les droits des travailleurs ne soient pas bafoués. «Cela fait cinq ans depuis que l’on évoque une révision de la loi du travail. J’espère qu’elle deviendra une réalité avant la fin du mandat de ce gouvernement.»

Pour sa part, Naraindranath Gopee de la Federation of Civil Service and Other Unions balaie d’un revers de main les allégations de «complaisance» envers le gouvernement. «C’est une fausse conception. Si la CTSP n’avait pas entamé de grève de la faim et mis le gouvernement sous pression, il n’y aurait pas le concept de salaire minimal. Et aujourd’hui le gouvernement n’arrête pas de se flatter. Il est vrai de dire que l’État a introduit la Negative Income Tax et c’est tout à son honneur. Mais nous, les syndicalistes, n’allons pas arrêter de mettre la pression.» Le syndicaliste assure qu’il continuera la lutte pour l’octroi d’une compensation salariale décente.

De son côté, Radhakrishna Sadien de la Confederation of Free Trade Unions avance qu’il faut rester objectif dans ses actes. «Le problème que nous rencontrons est le manque de dialogue social.» Pour soutenir ses propos, il donne l’exemple de la National Agency for the Treatment and Rehabilitation of Substance Abuse (NATReSA). «Ce gouvernement a fermé cette agence. La NATReSA faisait beaucoup de prévention. Il fallait certes la réorganiser mais de là à la fermer… !»

Autre institution que ce gouvernement a décidé de fermer, c’est le National Economic and Social Council. «Aujourd’hui, cette instance est de nouveau opérationnelle mais présidée par le Premier ministre.»

Mais Radhakrishna Sadien reconnaît que tout n’est pas que négatif. «Il y a des occasions où ce gouvernement a favorisé le dialogue comme pour le salaire minimal.» En tout cas, les syndicalistes sont d’accord sur un point: la lutte syndicale est loin d’être finie, qu’importe le gouvernement en poste.

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