Pascal Legros: «On sait qu’on n’a rien à attendre de la Culture à Maurice»

Avec le soutien de
Pascal Legros, producteur du festival Les Théâtrales.

Pascal Legros, producteur du festival Les Théâtrales.

Les quatre spectacles français du festival Les Théâtrales seront à l’affiche au Caudan Arts Centre du 29 mai au 8 juin prochain. Pascal Legros, producteur du festival, nous livre ses impressions.

C’est une impression ou vous revenez en force avec cette troisième édition des Théâtrales ?

C’est souvent une question d’opportunité. Dans nos théâtres à Paris (NdlR : Pascal Legros est à la tête de quatre théâtres), nous avons plusieurs gros spectacles. Les comédiens ne se font jamais prier pour venir à Maurice. Cela leur fait plaisir de découvrir Maurice, en fin d’exploitation de la pièce. On fait ce festival à la fois pour eux et pour les Mauriciens.

Prenez Compromis avec Pierre Arditi et Michel Leeb, la pièce a été prolongée jusqu’en décembre, ce qui fera 300 représentations à guichets fermés. C’est le spectacle qui marche le mieux à l’heure actuelle à Paris. Au programme, il y a aussi Patrick Haudecoeur avec Silence on tourne, qui est à sa troisième année d’exploitation. La pièce va atteindre les 900 représentations, ce qui est énorme.

Le festival Les Théâtrales a été annulé deux années de suite. Est-ce que cela a été dur de revenir ?
C’est une entreprise difficile, où l’on fait voyager 50 personnes. Nous finançons nous-mêmes les 50 voyages ainsi que la construction de trois décors. Heureusement que le groupe Beachcomber nous accompagne. S’il nous fallait payer les chambres, cela n’aurait pas été possible. C’est une opération déficitaire. On perd de l’argent. Vous me direz alors pourquoi est-ce qu’on le fait ? On veut faire partager des spectacles en fin d’exploitation aux Mauriciens. C’est aussi faire un petit cadeau aux équipes. C’est ce qui explique pourquoi Les Théâtrales, ce n’est pas notre priorité.

Est-ce trop tôt pour dire si vous reviendrez l’année prochaine ?
On fait ce qu’on peut. Ce n’est pas une priorité, en plus on perd de l’argent. Si nous étions aidés…

Les sponsors ne vous suivent toujours pas ?
Cela ne semble pas être quelque chose qui intéresse beaucoup les entreprises que d’aider les grands spectacles professionnels. On sait qu’on n’a rien à attendre de la Culture à Maurice.

Le ministère des Arts et de la Culture vous voulez dire ?
Je n’ai pas à porter un jugement dessus. C’est leur choix.

Quel est le budget du festival Les Théâtrales ?
Je n’en sais rien. Cela ne veut rien dire. On perd 30 000 à 40 000 euros (NdlR : entre Rs 1.2 million à Rs 1.5 million) par édition. Encore une fois, c’est nous qui subventionnons le tout de nos fonds.

Le festival a enregistré 3000 entrées payantes en 2016, quel est l’objectif pour 2019 ?
Si on est dans ce timing la, ce serait bien. D’ailleurs, cela s’annonce bien, la moitié des places sont déjà prises.

Vous gérez quatre théâtres à Paris. Que pensez-vous du Caudan Arts Centre ?
Ce n’est pas le même style que nos théâtres à l’italienne, mais il a toutes les qualités requises, c’est un outil magnifique. C’est d’ailleurs ce qui nous a poussés à revenir à Maurice parce que nous avions eu de gros problèmes techniques dans les autres salles où nous avions joué précédemment.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires