Infrastructures sportives des JIOI flou sur la rentabilisation

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Extrait du rapport de faisabilité, montrant que les dépenses liées à la maintenance constituent 7 % du coût total du projet.

Extrait du rapport de faisabilité, montrant que les dépenses liées à la maintenance constituent 7 % du coût total du projet.

Les coûts ne cessent d’augmenter. Pourtant, une fois les Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI) terminés, le complexe sportif de Côte d’Or et les autres infrastructures sportives pourront-ils être rentabilisés ? Le ministre de la Fonction publique, qui assure l’intérim au ministère de la Jeunesse et des sports, n’a pu répondre hier, lors de la Private Notice Question (PNQ). Celle-ci était axée sur les frais liés à l’organisation des JIOI. Notamment, sur la construction du complexe sportif de Côte-d’Or.

D’abord, dans sa réponse, Eddy Boissézon, qui remplace Stephan Toussaint, actuellement en mission aux Seychelles, a souligné que le complexe sportif devrait coûter Rs 4,7 milliards. De cette somme, Rs 1 milliard seront allouées à la réalisation d’un centre aquatique, Rs 738 millions à une salle de gym, Rs 1,9 milliard à un terrain de foot et Rs 922 millions à des dépenses telles que les «consultancy fees».

Le projet devait initialement coûter Rs 3,9 milliards; montant revu à la hausse à la suite d’un rapport géotechnique. Les travaux ont nécessité une enveloppe additionnelle de Rs 765 millions, étant donné la nature instable de la terre à cet endroit. Par ailleurs, la Chine devrait financer ce projet, à travers un prêt, à hauteur de Rs 1,9 milliard, dans le cadre d’un accord bilatéral entre les deux États.

Quant aux 18 autres infrastructures sportives en rénovation, le ministre Boissézon a indiqué qu’une somme de Rs 732 millions y a été allouée. Et Rs 417,5 millions ont été «earmarked» pour l’organisation des jeux, le logement des athlètes et les frais de transport, entre autres.

Le leader de l’opposition est revenu à la charge, insistant sur les travaux additionnels qui ont fait augmenter les coûts. «N’y a-t-il pas eu d’étude géologique avant la construction, quand on sait que la terre n’est pas stable à Côte-d’Or ?» s’est enquis Xavier-Luc Duval. À cela, le ministre a répondu que la réponse a été donnée au leader de l’opposition lors de la PNQ le 22 juin dernier, c’est-à-dire que les travaux ont été entrepris dans l’urgence.

Xavier-Luc Duval a aussi voulu savoir si le gouvernement a pris en considération les coûts d’entretien et de maintenance du complexe sportif. Comme mentionné dans un rapport de faisabilité rédigé par Landscope Mauritius Ltd, en collaboration avec le Groupe Thétis et Sprint Conseil, et dont l’express détient une copie, les dépenses liées à la maintenance constituent autour de 7 % du coût total du projet. En d’autres mots, il faudrait prévoir environ Rs 329 millions.

«Le coût d’opération de ce stade fantôme représente presque la moitié du budget alloué au ministère de la Jeunesse et des sports. N’aurait-il pas été mieux pour le gouvernement d’investir cet argent au niveau des athlètes ?» a martelé le leader de l’opposition. Eddy Boissézon a maintenu que la somme estimée pour la maintenance est de Rs 95 millions. Des chiffres qui n’ont pas convaincu Xavier-Luc Duval.

Il a insisté pour savoir quels sont les plans de l’État pour rentabiliser ces infrastructures sportives. Outre «une garantie» du gouvernement, le ministre assurant l’intérim aux Sports n’a pu donner d’arguments. Ni de détails sur des compétitions internationales qui pourraient être organisées à Maurice dans le courant de l’année.

Rentabiliser ces infrastructures sportives demeure une nécessité. C’est du moins l’avis de l’ancien ministre de la Jeunesse et des sports, Devanand Ritoo. Interrogé, il avance que pour que les stades soient rentables, il faudrait que l’on puisse récolter le «gate money». Mais cela est loin d’être le cas à Maurice. «Pour rendre ces infrastructures profitables, il faut d’abord que des gens viennent assister aux évènements sportifs. Sinon, c’est la faillite assurée. Il faut, pour cela, attirer du monde et fournir un système de transport public adéquat», dit-il.

D’ajouter que lorsqu’il était footballeur dans les années 70, les gradins affichaient complet, avec pas moins de 20 000 personnes. Selon lui, cette affluence était avant tout due à la performance des athlètes. «Les gens se déplacent avant tout pour les athlètes. C’est la raison pour laquelle il faut qu’il y ait des investissements dans le talent mauricien. Les athlètes font énormément de sacrifices et leur donner un coup de pouce rapporterait des résultats.»

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