Écologie: nous aurons bientôt une bouteille en canne à sucre

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La société de Nicolas Moufflet a produit plus de 8 millions de «vegan bottles» depuis 2017.

La société de Nicolas Moufflet a produit plus de 8 millions de «vegan bottles» depuis 2017.

Elle est composée de canne à sucre et est 100 % biodégradable. La «vegan bottle» sera produite et vendue localement d’ici la fin de l’année. Le Français Nicolas Moufflet avance que l’opinion des Mauriciens sur son concept est très favorable.

Une bouteille zéro pétrole bientôt à Maurice. La bouteille, le bouchon et l’étiquette sont fabriqués uniquement avec des matériaux biodégradables et compostables. Le Français Nicolas Moufflet est le concepteur de bouteilles végétales, des «vegan bottles», faites à base de canne à sucre. C’est une initiative écologique lancer par son entreprise, Lyspackaging, située en France, ayant pour but de lutter contre la pollution des plastiques pétrochimiques ainsi que de créer un contenant non toxique pour conserver les boissons.

«La bouteille est fabriquée sans une goutte de pétrole…»

«La bouteille faite de canne à sucre a remplacé les récipients en matière pétrochimique toxique et polluant pour l’homme et la planète par une solution plus écologique et non toxique», soutient Nicolas Moufflet. D’ici à la fin de cette année, la «vegan bottle» sera produite localement et vendue sur le marché mauricien.

Opinion des Mauriciens favorable

Nicolas Moufflet déclare que l’opinion des Mauriciens sur son concept est très favorable. D’ailleurs, il lui a été demandé de venir au pays présenter son projet. «Nous avons trouvé des accords pour Maurice ainsi que pour La Réunion. Des Mauriciens nous ont demandé de trouver des solutions pour mettre en place notre innovation», lâche-t-il. Cependant, en raison de la confidentialité du business, ces contacts ne peuvent être révélés.

Ces bouteilles auront un marquage «vegan bottle». Nicolas Moufflet précise néanmoins que le prix de la bouteille sera légèrement plus élevé de quelques centimes d’euros par rapport à une bouteille plastique mais restera moins cher qu’une bouteille en verre.

Le concepteur relate qu’après une expérience de plus de 20 ans dans l’univers du flaconnage verre et plastique, il a eu l’occasion de travailler sur la recherche et le développement en écoconception et de nouveaux matériaux pour de grands groupes. «Il y a eu une première en 2001, pour réaliser des bouteilles biodégradables à partir de l’amidon de maïs. Ce dernier a démontré des possibilités de faisabilité. Mais l’image du maïs étant assez négative en ce qui concerne l’aliment de base, entre autres, cela n’a pas marché.»

Ressource renouvelable

Notre interlocuteur énonce que l’idée d’utiliser de la canne à sucre lui est venue quand il a créé sa société, Lyspackaging, en janvier 2015. Il voulait mettre au point des bouteilles, flacons et bouchons à partir d’une ressource autre que le plastique. C’est ainsi qu’il s’est rendu compte que la canne à sucre est une base de ressource renouvelable parfaite pour cela ; le procédé de la fabrication est non seulement simple, mais la culture de la canne à sucre ne nécessite pas beaucoup d’eau et n’empiète pas sur les terres agricoles alimentaires.

Nicolas Moufflet explique que c’est grâce à la technologie d’extraction du sucre de la bagasse de canne qu’ils ont pu mettre au point des formulations de nouveaux matériaux, principalement avec des coproduits entrant dans la base de fabrication. Les coproduits impliquent quelques combinaisons telles que bois, coquillage, céréale, noyau, café, roseau, terre, liège, pépins et carotte.

Notre interlocuteur soutient que «la recherche et le développement ont été faits à travers la société et le cahier des charges a été développé en interne par l’entreprise, avec un partenaire chimiste. On a produit environ 8 millions de ces bouteilles depuis 2017».

Pas de substance toxique

Contrairement au plastique, Nicolas Moufflet souligne que ces bouteilles faites à partir de la canne à sucre ont divers atouts écologiques. «Comme la bouteille est fabriquée sans une goutte de pétrole, elle ne dégagera pas de substance toxique en fin de vie. Lors de sa dégradation, la matière se transforme rapidement en dioxyde de carbone (CO2) ou en méthane (CH4) et il n’y a pas d’accumulation.»

Le concepteur soutient que la bouteille est également compostable et réutilisable, ainsi que sans perturbateurs endocriniens. En outre, il souligne d’autres aspects avantageux tels que facile à transporter, incassable, légère, transparente et cohérente avec le contenu, s’il est bio. Ces bouteilles «vegan» peuvent aussi être recyclées par la dépolymérisation, mais Nicolas Moufflet précise qu’elles doivent surtout être valorisées en compostage industriel, méthanisées ou passées au digesteur pour en faire du compost ou du biogaz. La production, la consommation ainsi que l’élimination de la bouteille contribue à la réduction de l’impact environnemental.

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