Recherches: ces créations bien de chez l’UoM…

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Des logiciels et applications devraient être opérationnels d’ici 2020.

Des logiciels et applications devraient être opérationnels d’ici 2020.

Sondages, essais, entrevues : ces méthodes de recherche ne déclenchent plus les passions. En revanche, leurs résultats sont probants. Logiciels pour décrypter les lois ou traduire le créole, index de satisfaction touristique et craintes des futurs usagers du métro : autant d’initiatives de l’université de Maurice fourmillant d’innovation. Tour d’horizon.

Qui a le droit ?

Fini le jargon, place à la compréhension. Car bien souvent, les termes légaux sont trop techniques. Pour décoder ce charabia, il suffit de cliquer sur le site lawanswers.me. En collaboration avec la faculté de Law and Management, les chercheurs spécialisés en Information, Communication and Digital Technologies, s’y sont attelés pendant environ deux ans, précise Shakuntala Baichoo, professeure associée. «Les Mauriciens n’y sont pas familiers. Ils auront accès aux cas et à une explication simplement en tapant un mot en anglais ou en français. Le système est conçu pour trouver les documents appropriés aux requêtes.» Ce projet référence également des jugements de la Cour suprême de 1968 à 2017.

L’anglais et le créole délient leurs langues

On y perdrait presque son latin à chercher des équivalents en linguistique. Face à la popularisation du créole mauricien dans l’enseignement, des universitaires ont fabriqué une «machine à traduction». Celle-ci vise à traduire les mots anglais en créole et vice versa. Les termes seront basés sur le dictionnaire Kreol Morisien : «Ce portail sera aussi bien utile aux Mauriciens qu’aux touristes.» Une application mobile sera aussi développée, ajoute Shakuntala Baichoo. Cette plateforme sera finalisée vers mars 2020.

Données biométriques : la sécurité d’abord

On se souvient du tollé soulevé par la nouvelle carte d’identité nationale. C’est encore parti pour un tour… mais cette fois pour renforcer la sécurité. «Selon la Data Protection Act, toute donnée collectée doit être conservée dans une base selon une période d’utilisation précise. Hélas, il n’y a aucune garantie sur la sécurité. Les chercheurs des deux facultés travaillent sur une plateforme de sûreté. Ce projet, qui est en cours, rassurera davantage les Mauriciens», soutient notre interlocutrice. Une expertise légale y est également mise à contribution.

Gestion du diabète : l’application au bout des doigts

«On a tous un téléphone mobile. Pourquoi ne pas le tourner en un outil encore plus intelligent, notamment pour gérer le diabète qui connaît une forte prévalence à Maurice ?» indique Shakuntala Baichoo. En effet, cet accessoire devient un atout pour les pré-diabétiques et diabétiques avec l’élaboration d’un «framework» mobile. Celui-ci vise à effectuer une autogestion de la maladie.

Comment cela fonctionnera-t-il ? «Nous avons développé une application qui peut enregistrer les résultats des taux de glycémie avant et après les repas principaux, la durée d’exercice et les informations sur les aliments consommés. Par exemple, on peut identifier le nombre de calories ingérées après un plat précis, y compris les menus mauriciens», explique-t-elle.

En évaluant ces pratiques, les personnes pourront y apporter les modifications nécessaires afin de revenir à des taux glycémiques normaux. Cette application est pratiquement finalisée.

Tourisme : l’index de satisfaction à l’arrivée

Selon Robin Nunkoo, professeur associé au département de Law et Management, plusieurs recherches appliquées ont été effectives sous l’International Centre for Sustainable Tourism and Hospitality créé en 2015, devenu pôle d’excellence en 2017. À ce titre, il cite l’élaboration d’un index de satisfaction des touristes et de la qualité de service. «Nous voulons savoir comment l’hébergement, le transport, l’aéroport entre autres aménités influent sur la satisfaction des visiteurs. La première phase sera complétée d’ici décembre 2019. L’index devrait être opérationnel d’ici 2020», explique le responsable du centre international. Cela permettra également d’identifier les lacunes dans le secteur pour de possibles améliorations.

Metro Express : ça ne roule pas pour les futurs passagers

Tant attendu, pas de sitôt arrivé ! Mais le Metro Express suscite déjà des réactions. Une recherche vient tout juste d’être terminée à ce sujet, indique Robin Nunkoo. Celle-ci visait à déterminer l’impact social et le «switching» behaviour des usagers des voitures et des autobus vers ce nouveau mode de transport pour se rendre au travail. Un sondage a été réalisé auprès de 500 Mauriciens basés sur une bonne répartition géographique.

Quels sont les résultats ? «Les gens accueillent favorablement ce projet mais la voiture demeure un symbole de notoriété et d’accomplissement pour eux. La plupart des conducteurs ne sont pas enclins à utiliser le métro. Le park and ride est aussi remis en question sur l’aspect de la sécurité», souligne-t-il. Idem pour les passagers d’autobus, préoccupés par les transits, par exemple pour les dispositifs de transport entre les stations et le domicile.

Comment se fait le financement?

Selon les chercheurs, les recherches peuvent être financées à l’interne, donc par l’université de Maurice ou d’autres institutions locales comme le Mauritius Research Council (MRC) et la Tertiary Education Commission (TEC). Dans certains cas, les études bénéficient d’un appui d’organismes de recherche internationaux. Le professeur Sanjeev K. Sobhee, pro-Vice-Chancellor (Academia), mentionne notamment l’Union européenne, l’United Nations Development Programme etc. «Le budget pour nos projets internes et externes devrait passer à Rs 110 millions pour 2019-20 contre Rs 70 millions en 2018-19», declare-t-il.

Mission : diffusion des recherches

Après les études, place à la diffusion des résultats. Selon le professeur Sanjeev Sobhee, celle-ci prend trois formes, soit la publication d’articles scientifiques (un total de 400 avait été réalisé en 2017-18), des recherches financées sur des thèmes spécifiques pendant 6 mois à 4 ans et des diffusions locales et internationales, par exemple, pour des conférences. Durant la semaine de la recherche en 2019, 167 extraits de recherches et des affiches ont été présentés par le personnel et les étudiants.

En plus des études réalisées par les universitaires et assistants de recherche, trois centres dédiés, des pôles d’excellence ainsi que les étudiants en maîtrise (MPhil) et doctorat contribuent aussi à l’avancement des connaissances, ajoute-t-il.

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