Pitié-Salpêtrière: les gardés à vue assurent avoir fui «les ultra-violences policières»

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L'entrée de l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière, le 2 mai 2019 à Paris.

L'entrée de l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière, le 2 mai 2019 à Paris.

Les 31 manifestants placés en garde à vue après avoir été interpellés le 1er mai sur un escalier menant à un service de réanimation de l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière ont assuré samedi qu’ils n’avaient fait que «fuir les ultra-violences policières».

Lors d’une conférence de presse à Paris, une dizaine de ces personnes - hommes et femmes - ont lu, à plusieurs voix, une déclaration d’un collectif qu’ils ont créé, pour raconter ce qu’ils avaient «vécu ensemble». Cette déclaration a été «validée» par l’ensemble des interpellés, ont-ils souligné.

Alors que le cortège du 1er mai, scindé en deux par les forces de l’ordre, était noyé sous «une pluie de lacrymogène et de LBD» boulevard de l’Hôpital et que «tout le monde était visé, y compris un grand nombre d’enfants et de personnes fragiles», «seules deux options s’offraient à nous: subir des coups (...) ou se réfugier dans un espace aéré», ont-ils dit.

«Pour fuir ces ultra-violences policières», ces manifestants, «terrifiés», se sont engouffrés par une «grille ouverte» de l’hôpital, où ils se sont «réfugiés sous l’effet de la panique». Mais, «brusquement», des CRS les ont «chargés», alors que «des voltigeurs» sont arrivés de l’autre côté. C’est alors qu’ils ont pris un escalier pour demander «le droit d’asile».

«À aucun moment nous ne savions qu’il s’agissait du service de réanimation», ont-ils assuré, insistant sur le fait qu’ils n’étaient «jamais rentrés dans le bâtiment» et qu’il ne s’agissait de leur part ni d’une «attaque, ni d’une intrusion violente», mais que «le but» était «bien de se réfugier».

Ils ont été interpellés peu après par les CRS auxquels ils n’ont opposé «aucune violence».

Le collectif a ensuite dénoncé des «violences» à leur encontre au dépôt de police et raconté les conditions difficiles de leurs «28» à «30 heures» de garde à vue, avec une «pression psychologique intense», sans pouvoir voir leurs avocats.

C’est au Palais de justice qu’ils se sont rendu compte, en découvrant la polémique entourant leur histoire, qu’ils avaient été «victimes d’un engrenage politique» qui les «dépassait».

Une manifestation «déclarée et autorisée» s’est «transformée en cauchemar», ont-ils poursuivi, en évoquant des «événements incompréhensibles et inadmissibles».

Auparavant, ces manifestants, «encore sous enquête préliminaire», avaient remercié les «travailleurs et travailleuses de l’hôpital de la Salpêtrière qui ont fait émerger la vérité».

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