Déposition de l’ACP Boodhram: l’ICAC veut établir le lien entre le CP et Mike Brasse

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Mike Brasse (à dr.) a pu voyager grâce à la signature du commissaire de police, Mario Nobin (ci-contre).

Mike Brasse (à dr.) a pu voyager grâce à la signature du commissaire de police, Mario Nobin (ci-contre). 

La commission anti-corruption s’intéresse au rôle qu’a joué Mario Nobin dans l’octroi d’un passeport au trafiquant Mike Brasse. Le CP pourrait être appelé à donner sa version des faits.

Il est sous les feux des projecteurs depuis la semaine dernière. L’assistant surintendant de police (ASP) Narendra Kumar Boodhram, ancien responsable du Passport and Immigration Office (PIO), a été interrogé au quartier général de l’Independent Commission against Corruption (ICAC), hier, lundi 29 avril. Pendant quatre heures, ce haut gradé, qui a été muté au poste de police de Rose-Belle le 18 avril, est revenu sur le rôle que le commissaire de police (CP) Mario Nobin aurait joué dans la remise d’un passeport à Mike Brasse, un trafiquant de drogue, en 2016. Ce dernier est actuellement incarcéré à La Réunion, suite à la saisie de 42 kilos d’héroïne à l’île sœur, en novembre 2016.

L’ASP Boodhram a été appelé à donner sa version des faits et a expliqué comment un «restrictive passeport» a été remis à ce trafiquant avéré, le 17 septembre 2016. Mike Brasse a fait le voyage pour La Réunion le même jour. Les enquêteurs de l’ICAC se sont appesantis sur le fait que le CP soit intervenu dans cette affaire. Ils veulent aussi savoir si le no 1 de la police a fait d’autres demandes similaires. Toute cette affaire a été révélée par l’émission Menteur menteur suivant une enquête du journaliste Axcel Chenney.

L’ICAC veut savoir si Mario Nobin a le droit d’intervenir pour l’octroi d’un passeport à un particulier. Un passeport est accordé sous le contrôle du PIO, et selon les dispositions de la Passport Act. Les enquêteurs veulent établir si l’intervention du CP dans cette affaire ne constitue pas une offense, du fait qu’il aurait utilisé sa position pour faciliter cette remise de passeport à Mike Brasse.

Déjà, il est à noter que l’ASP Boodhram n’est pas le seul officier de police à être interrogé par le Central Criminal Investigation Department (CCID) le 4 avril, concernant cette affaire. L’ancien assistant commissaire de police Domah, qui avait préparé un rapport positif sur le skipper Mike Brasse, pour appuyer la demande du CP, a été aussi interrogé par le CCID, de même que le Chief Clerk de la Northern Division. Ils ont relaté que Mike Brasse était venu les voir suivant les instructions de Mario Nobin.

Étant donné que les officiers de l’ICAC n’ont pas le pouvoir de procéder à une arrestation et si jamais le CP devrait être arrêté dans le sillage de cette enquête, on se demande qui est la personne habilitée à donner l’ordre de le faire ? On sait que le No 1 de la police est celui qui détient le pouvoir d’ordonner une arrestation… Interrogé à cet effet, l’inspecteur Shiva Coothen, responsable du Police Press Office, soutient qu’il est trop tôt pour spéculer. «Il faut laisser l’affaire suivre son cours. En premier lieu, il faut que le CP soit appelé pour être interrogé et c’est par la suite que l’on connaîtra le cours des événements.»

Selon Me Rama Valayden, «dans ce cas, pour ne pas avoir de conflit d’intérêts, notre commissaire de police devra laisser cette affaire à un Deputy Commissioner of Police (DCP). Pour la transparence, il serait mieux que ce DCP réfère l’affaire au bureau du Directeur des poursuites publiques.»

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