Le démocrate Joe Biden se lance dans la course à la Maison Blanche

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Joe Biden soutient des grévistes à Dorchester, dans le Massachusetts, le 18 avril 2019.

Joe Biden soutient des grévistes à Dorchester, dans le Massachusetts, le 18 avril 2019.

Après plus de 45 ans de carrière politique, l’ancien vice-président démocrate Joe Biden a officialisé jeudi sa candidature à la Maison Blanche, se posant en défenseur des valeurs de tolérance de l’Amérique face à Donald Trump, accusé d’altérer «l’âme» de la nation.

«Les valeurs fondamentales de cette nation, notre rang dans le monde, notre démocratie même, tout ce qui a fait l’Amérique est en jeu. C’est la raison pour laquelle j’annonce ma candidature à la présidence des Etats-Unis», a écrit Joe Biden, 76 ans, sur Twitter.

«Si nous donnons huit ans à Donald Trump à la Maison Blanche, il altérera fondamentalement et pour toujours le caractère de cette nation», a averti l’ex-numéro deux de Barack Obama dans une vidéo postée en ligne.

Dans ce message, il revient longuement sur les manifestations néonazies d’août 2017 à Charlottesville, lors desquelles une manifestante antiraciste avait été tuée, et a vivement critiqué la réponse de Donald Trump à l’époque, qui avait déclaré que «des gens biens» se trouvaient «des deux côtés».

«A ce moment, j’ai su que cette nation était menacée comme jamais je ne l’avais constaté auparavant au cours de ma vie», a souligné Joe Biden, en veste et chemise rayée à col ouvert.

Grâce notamment à sa grande notoriété et fort de son image de rassembleur modéré, Joe Biden domine déjà depuis des mois les sondages de ce tout début de campagne pour décrocher l’investiture démocrate, malgré de récentes polémiques sur ses gestes d’affection parfois trop marqués.

Il est le 20e candidat à briguer l’investiture démocrate pour la présidentielle de novembre 2020: un nombre record pour un groupe qui présente aussi une diversité sans précédent dans l’histoire américaine.

Après deux tentatives malheureuses pour les présidentielles de 1988 et 2008 et alors qu’il avait passé son tour en 2016, trop affecté par le décès de l’un de ses fils, Joe Biden a laissé planer le suspense pendant des mois.

Pendant ce temps, sa large avance s’est quelque peu érodée, avec l’entrée en piste de candidats médiatiques aux nouveaux visages --et bien plus jeunes-- comme le maire modéré Pete Buttigieg.

Les dernières semaines d’attente ont en outre été assombries par les témoignages de plusieurs femmes qui l’ont accusé de les avoir profondément gênées avec ses marques d’affection: baiser sur la tête, mains sur les épaules...

S’il a promis, face à la polémique, d'«être plus attentif», il ne s’est pas excusé pour autant.

Avec 29,3% des suffrages, le centriste partage le peloton de tête démocrate avec le sénateur très gauche Bernie Sanders (23%), selon la moyenne établie par le site RealClearPolitics (du 5 au 21 avril).

Puis suivent, plus loin derrière, la sénatrice Kamala Harris (8,3%), le maire de South Bend Pete Buttigieg (7,5%), la sénatrice progressiste Elizabeth Warren (6,5%) et l’ex-élu du Texas Beto O’Rourke (6,3%).

Victoire «pas garantie»

Joe Biden aime mettre en avant ses origines modestes dans une Pennsylvanie ouvrière -- où il tiendra un premier meeting de campagne lundi à Pittsburgh. Ces racines pourraient lui donner un avantage précieux dans les ex-bassins industriels ayant basculé en faveur de Donald Trump en 2016.

«Les banquiers de Wall Street et les PDG n’ont pas construit les Etats-Unis. C’est vous qui avez construit les Etats-Unis (...) la classe moyenne», avait-il lancé la semaine dernière à des grévistes.

Autre grand atout: Joe Biden reste très populaire parmi la base démocrate, notamment chez les électeurs plus âgés, les plus modérés ainsi que les Noirs dont la mobilisation pourrait jouer un rôle important aux urnes.

Le président Barack Obama, par la voix de sa porte-parole, a déclaré que la choix de Joe Biden comme co-listier en 2008 avait été «l’une de ses meilleures décisions».

Joe Biden «s’est acquis une véritable sympathie chez les électeurs démocrates» au cours de sa carrière, d’abord de sénateur (1973-2009) puis de vice-président (2009-2017), souligne Kyle Kondik du Centre politique de l’université de Virginie.

Mais sa victoire aux primaires démocrates «n’est absolument pas garantie», explique-t-il à l’AFP. «La question cruciale est de savoir si son niveau de soutien actuel représente plutôt un plancher qu’un plafond».

Outre ses célèbres gaffes, Joe Biden aura aussi à répondre de plusieurs anciens épisodes, comme sa gestion de l’audition sénatoriale tendue d’une femme qui accusait de harcèlement sexuel un candidat à la Cour suprême, ou sa défense farouche d’une loi pénale qui a frappé surtout les Noirs.

Joe Biden n’a en tout cas pas peur de monter au combat face à Donald Trump.

A 72 ans, le président républicain l’a, pour sa part, déjà affublé de surnoms moqueurs dont il a le secret.

Au-delà de la Maison Blanche, Joe Biden et Bernie Sanders, 77 ans, sont aussi pour l’instant les mieux placés parmi les démocrates pour tenter d’arracher à M. Trump le titre... de président le plus âgé de l’histoire américaine.

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