ATP: retour sur terre brutal pour les favoris

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L'Espagnol Rafael Nadal lors de la demi-finale du Masters 1000 de Monte-Carlo face à l'Italien Fabio Fognini, le 20 avril 2019.

L'Espagnol Rafael Nadal lors de la demi-finale du Masters 1000 de Monte-Carlo face à l'Italien Fabio Fognini, le 20 avril 2019.

Roger Federer mis à part, tous les grands noms du tennis mondial étaient rassemblés à Monte-Carlo pour lancer leur saison sur terre battue mais tous ont subi une sévère déconvenue, à commencer par le roi de la surface, Rafael Nadal.

La finale de ce Masters 1000 a ainsi été remportée par l’Italien Fabio Fognini, désormais 12e mondial, aux dépens du Serbe Dusan Lajovic (24e), deux joueurs qui accédaient pour la première fois à ce stade d’un tournoi de ce niveau.

La couronne du roi de la terre vacille

Samedi, Rafael Nadal (N.2) était le seul des engagés à avoir tenu son rang. Mais sa quête d’un 12e titre record en Principauté, le 4e consécutif, a été brisée par Fognini en demi-finale et une inattendue incapacité à élever son niveau de jeu. Voire à trouver de la motivation.

«J’ai probablement joué mon plus mauvais match sur terre battue en 14 ans», a-t-il reconnu.

Des balles lentes dont le fort lift n’a pas gêné Fognini qui lui a victorieusement opposé de la vitesse, des déplacements patauds à l’origine de nombreuses fautes directes: Nadal n’était vraiment pas le Rafa des grands jours.

Juste un nouveau retour de blessure plus difficile que prévu ou le mal, à 32 ans, est-il plus profond ?

Sa performance à Monte-Carlo donne une résonance inquiétante à la récente déclaration de son oncle et ex-entraîneur Toni Nadal selon qui «Rafael n’est pas un joueur de tennis mais un blessé qui joue au tennis». Le concerné a assuré que son oncle s’était «excusé» de ces propos.

«Je reviens de moments difficiles d’un point de vue des blessures et, du point de vue du mental, il a été difficile d’accepter tout ce qui s’est passé ces derniers temps», a-t-il témoigné après son élimination monégasque.

Il ne faut pas non plus oublier que depuis des années, Nadal a banalisé l’exceptionnel. «Le problème, parfois, c’est qu’on a l’habitude d’être très très solide tout le temps, même quand on revient de blessure, et de gagner, gagner, gagner. Mais les choses ne sont pas si faciles», a-t-il plaidé.

En 2015, quand il a perdu en demies à Monte-Carlo face à Novak Djokovic, Nadal n’avait pas gagné le moindre grand tournoi de l’année, se contentant de trois titres à Buenos Aires (terre battue), Stuttgart (gazon) et Hambourg (terre battue). Qu’en sera-t-il cette saison ? Début de réponse à Barcelone cette semaine, en attendant Roland-Garros (26 mai-9 juin).

Que fait Djokovic ?

Le N.1 mondial a gagné péniblement deux matches avant d’être éliminé en quarts par Daniil Medvedev. Autant dire qu’il n’a convaincu personne, pas même lui, sur sa capacité à faire une grande saison sur terre battue.

Est-il distrait par son implication à la tête de l’organisation des joueurs ? Que faisait à Monte-Carlo son ancien «gourou» Pepe Imaz, dont il s’était séparé à la demande de son entraîneur Marian Vajda, mettant ainsi un terme immédiat à sa traversée du désert de deux ans entre son sacre à Roland-Garros en 2016 et celui en Australie en 2018 ? «C’est toujours un ami», a laconiquement répondu Djoko.

Pourquoi n’est-il pas parvenu à trouver en lui la hargne dans laquelle il puise d’habitude sa force ? «Ça arrive d’avoir un mauvais jour», a-t-il balayé.

«Djoko» a assuré que ses véritables objectifs étaient désormais les tournois du Grand Chelem. Ainsi, «Monte-Carlo n’est que le premier tournoi sur terre et la saison va être longue» avant Roland-Garros qui «est le but ultime».

Reconnaissant ne pas être «constant» au plus haut niveau dans les grands tournois depuis deux ans, il a rappelé que durant la même période il avait joué son «meilleur tennis» en Grand Chelem. Il a en effet remporté les trois derniers tournois majeurs: Wimbledon et US Open en 2018 et Australie en 2019.

La Next Gen pas au rendez-vous

On en attendait beaucoup, on patientera encore ! Outre Medvedev, qui a atteint les demi-finales et battu Djokovic avant de baisser pavillon face à Lajovic, les jeunes loups qui doivent à terme dominer le tennis mondial ont fait très pâle impression à Monte-Carlo, ne dépassant pas les 8es de finale.

Si le N.8 mondial Stefanos Tsitsipas a été éliminé par Medvedev, le finaliste du dernier Roland-Garros Dominic Thiem (5e) et Alexander Zverev (3e) ont cédé face à des adversaires bien plus inattendus... qui ont terminé en finale ! Lajovic pour l’Autrichien et Fognini pour l’Allemand.

La révélation canadienne Felix Auger-Aliassime (33e) a cédé logiquement face à Zverev au 2e tour.

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