Amstel Gold Race: van der Poel renverse tout

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Le Néerlandais Mathieu Van der Poel (c) vainqueur de l'Amstel Gold Race, sur le podium aux côtés de l'Australien Simon Clarke (g), 2e, et du Danois Jakob Fuglsang (d), 3e, le 21 janvier 2019 à Vilt aux Pays-Bas.

Le Néerlandais Mathieu Van der Poel (c) vainqueur de l'Amstel Gold Race, sur le podium aux côtés de l'Australien Simon Clarke (g), 2e, et du Danois Jakob Fuglsang (d), 3e, le 21 janvier 2019 à Vilt aux Pays-Bas.

Le phénomène Mathieu van der Poel a tout renversé sur son passage pour gagner dimanche l’Amstel Gold Race, dans un scénario haletant qui a provoqué le désarroi de Julian Alaphilippe.

Un déboulé ravageur sur la longue ligne d’arrivée a marqué l’entrée du prodige des Pays-Bas, fils (Adri van der Poel) et petit-fils (Raymond Poulidor) de champions, dans le grand monde. A 24 ans, ce coureur prodige, qui veut briller l’an prochain aux JO de Tokyo mais en... VTT, a remporté sa première classique d’importance, la seule organisée aux Pays-Bas.

Plongé au coeur de l’euphorie du public, qui attendait la victoire de l’un des siens depuis 2001, «VDP» a mis du temps à réaliser la portée de son exploit. Comme s’il était incrédule devant l’invraisemblance du dénouement survenant après 265 kilomètres.

«C’est seulement à 300 mètres de la ligne que je me suis rendu compte que c’était possible de gagner», a avoué le champion du monde de cyclo-cross qui était encore pointé, avec un groupe de chasse, à 40 secondes de la tête de la course à 6 kilomètres de l’arrivée.

Le renversement de situation a rappelé aux plus anciens le final de Liège-Bastogne-Liège 1987. L’Irlandais Stephen Roche et le Belge Claude Criquielion s’étaient neutralisés dans le dernier kilomètre, bien plus que ne l’ont fait cette fois Alaphilippe et le Danois Jakob Fuglsang. L’Italien Moreno Argentin, revenu de l’arrière, les avait surpris et les médias avaient titré le lendemain sur... «les cloches de Pâques».

Trouble-fête pour une victoire majuscule

En ce dimanche pascal, Alaphilippe (4e) et Fuglsang (3e) ont perdu une course qui paraissait à leur portée. Le Français, plus rapide, avait toutefois tout à craindre de la force du Danois, en grande forme et résolu à prendre sa revanche des Strade Bianche, le mois dernier, quand Alaphilippe l’avait devancé pour la victoire sur la rampe menant au coeur de Sienne (Italie).

Tous deux menaient la course depuis l’attaque d’Alaphilippe sur la pente raide de l’Eyserbos à 37 kilomètres de l’arrivée. Mais, à compter les coups de pédale, surtout Fuglsang dans les 4 derniers kilomètres, leur avance a fondu au soleil du Limbourg.

Le Polonais Michal Kwiatkowski, vainqueur en ces lieux voici quatre ans, est revenu le premier aux 900 mètres. Mais le véritable trouble-fête, pour Alaphilippe réduit à constater les dégâts, a surgi lancé à pleine vitesse, encore plus près de la ligne. Le sprint de van der Poel, qui avait déjà beaucoup oeuvré dans la poursuite, lui a offert une victoire majuscule.

Le Néerlandais, qui court pourtant dans une modeste formation de deuxième division (Corendon), a gagné à cinq reprises en un mois, dont deux fois en WorldTour. Mais, au-delà des chiffres, c’est bien la manière, l’aisance, le brio malgré quelques approximations tactiques -une première attaque à 43 km de l’arrivée-, qui font sensation.

Si tout le désigne à un avenir doré dans les classiques, «VDP» est appelé à croiser deux coureurs plus jeunes que lui qui se sont distingués dimanche, entre les grasses et vertes prairies du Limbourg. Le Belge Bjorg Lambrecht (6e) et le Français Valentin Madouas (8e) ne sont âgés que de 22 ans.

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