Église saint-sacrement: Notre-Dame de… Cassis

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Gérard Mongelard, prêtre et porte-parole du diocèse de Port-Louis, le confirme : «On a mis 28 ans pour construire l’église du Saint-Sacrement à Cassis sur le modèle de Notre-Dame de Paris.» Retour sur l’histoire de ce «joyau de l’architecture mauricienne», comme l’avait décrit feu Amédée Nagapen dans un ouvrage consacré à l’histoire de cette paroisse.

Saint-Sacrement, l’œuvre d’un prêtre architecte

C’est le père Beaud, architecte de l’église de Sainte-Croix, qui est également celui de Cassis. Ce prêtre originaire de Savoie en France débarque à Maurice en 1849. «Il se fit plus tard naturalisé britannique», écrit Amédée Nagapen. Il habite alors au presbytère de la cathédrale Saint-Louis et son supérieur est le père Laval. «Ami intime de celui-ci, il en devint même le confesseur.» Il est parmi les rares personnes à avoir assisté aux derniers instants du père Laval.

«Sauf la tribune, tout le reste de l’œuvre du père Beaud est encore entièrement préservé», écrivait Amédée Nagapen en 1973. Cette «partie de son grand œuvre avait d’abord effrayé l’imagination créole par une hauteur tout à fait étrange pour le pays», avait écrit pour sa part le père Beaud.

La «cathédrale des pauvres»

Amédée Nagapen a consacré un ouvrage à cette paroisse. «L’église de Saint-Sacrement, Cassis» est paru en 1973. Il explique : «lorsqu’en 1879, l’édifice fut achevé, les ouailles fortunées avaient gagné les hauteurs plus salubres, paniquées par les mortelles vagues d’épidémie surtout le choléra et la malaria de 1866-68. Aussi les Noirs de la mission fondée par le père Laval devinrent possesseurs de leur sanctuaire, une ‘cathédrale des pauvres’»

 Sur les traces du père Laval

Le père Laval a vécu à la cathédrale Saint-Louis, à Port-Louis. Dans son livre, Amédée Nagapen rappelle : «Il rayonna aux alentours de Port-Louis et installa des points de culte dans les principaux centres : Montagne-Longue, Sainte-Croix, Champ-de-Lort, Cassis, Petite-Rivière, Bambous.»

La première chapelle de Cassis, nous renseigne-t-il, date de 1848. «Les premières réunions de Noirs avec le père Laval, eurent lieu dans un ancien magasin de l’endroit que quelques habitants louèrent à cette fin. Le local fut ensuite transformé en modeste oratoire (…) que le père Laval vint bénir en personne en 1848.»

Le lieu ne sert que pendant quelques années. «Vers 1850», indique Amédée Nagapen, une «vieille dame du quartier, de retour à la pratique religieuse» – mais restée anonyme – offre le terrain où se situe l’église, «le jour de sa première communion». Cette église est ouverte au culte en 1856. Sa construction a pris 28 ans. La première pierre a été posée en 1851. La construction s’est achevée en 1879. «La longueur des travaux s’explique d’une part par la taille difficile du granit local, pierre très dure, et d’autre part par la modicité des ressources», écrit Amédée Nagapen.

Comme à la cathédrale Notre-Dame de Paris, l’église du Saint-Sacrement à Cassis a elle aussi sa gargouille(en médaillon).

Serge Clair, un ancien de Cassis

Serge Clair est aujourd’hui le chef commissaire de Rodrigues. Mais au début des années 1970, il est encore prêtre et responsable de l’église de Cassis. Dans son ouvrage paru en 1973, Amédée Nagapen indique : «Au moment où le centenaire de 1972 donne tant de signes de renouveau paroissial, un gros nuage obscurcit l’horizon. L’église de Cassis est menacée de ruine. À moins que des travaux de réfection ne soient entrepris sans délai. Le responsable, père Serge Clair, et le père Henri Souchon se sont mis en campagne. Les experts estiment à Rs 150 000 le coût de la restauration» de l’édifice.

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