JIOI 2019 - Gabriel Anazor: «Nous n’avions pas de DTN ni d’entraîneur à l’époque»

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Il y a le regard du journaliste, celui du spectateur, celui de l’entraîneur, celui de l’administrateur ou encore celui du politique. Tous ont quelque chose à dire sur l’exploit sportif. Mais tous ces regards mis ensemble ne remplaceront pas le regard de l’athlète, celui de l’acteur principal de l’événement. «Si mes Jeux des îles… étaient contés» invite les sportifs mauriciens à parler de CE moment qui fut leur moment et qui restera à jamais gravé dans leur mémoire malgré le passage des ans et le renouvellement du rendez-vous des îles de l’océan Indien. Les sportifs aussi savent se raconter.

«J’ai toujours aimé réserver des surprises aux Réunionnais. Ils avaient un DTN, un champion du monde de cyclocross, lors des Jeux de 1979. Il s’appelait Robert Aubry, il a déjà été en poste ici à Maurice dans les années 90.

Nous n’avions pas de DTN ni d’entraîneur à l’époque. Nous étions accompagnés d’un dirigeant uniquement, Jean-Noël Pointu, membre du GCIM. J’étais capitaine de l’équipe mauricienne à la Réunion. J’agissais aussi comme DTN en prenant les décisions durant la course. Nous étions quatre à défendre les couleurs de Maurice dans le contre-la-montre : Gilbert Quéland, Mathieu Calypso, Glen Fayolle et moi.

Robert Aubrey était un ‘gourmand’, si je puis dire. Il avait une bonne équipe qui pouvait prétendre à la médaille d’or. Mais il voulait aussi la médaille d’argent dans le contre-la-montre. Donc, il a réparti ses bons éléments dans deux équipes et constitué au final deux équipes moyennes. Il avait commis une erreur capitale.

Au départ, il m’incombait de donner les directives et d’indiquer la tactique à employer pour faire le maximum et remporter une médaille, n’importe laquelle. J’ai donné comme consigne qu’un coureur se donne à fond dès le départ. Glen Fayolle est donc parti en flèche.

Le contre-la-montre de 72 km se déroulait entre Saint-Pierre et Le Port. Il a fait le nécessaire et a tenu bon jusqu’à Saint-Leu. Puis Gilbert Quéland, Mathieu Calypso et moi avons commencé à rouler. À La Saline-les-Bains, nous apprenons que nous avons 19 secondes d’avance sur les Réunionnais. Cela nous a stimulés. J’ai roulé seul en tête sur 12 kilomètres pour maintenir les 19 secondes d’avance. Et nous avons franchi la ligne avec ces 19 secondes d’avance (NdlR : 1h45’59’’7).

Gabriel Anazor récompensé par Sir Seewoosagur Ramgoolam.

C’était inattendu ! Avec une meilleure équipe réunionnaise, notre tâche n’aurait pas été facile. Mais Robert Aubry avait fait le mauvais choix tactique. Je n’ai pris part qu’à une seule édition des Jeux des îles, celle de 1979. Cela reste un grand souvenir. J’avais dominé les Réunionnais et remporté le Tour de la Réunion en 1975. J’étais heureux de pouvoir démontrer à nouveau que les Mauriciens étaient toujours là et qu’ils ne se contentaient pas de participer, comme disait Coubertin.»

Palmarès

Vainqueur de toutes les Challenge Cups organisées à l’époque

Champion de Maurice de 1975 à 1979

Vainqueur du Tour de la Réunion en 1975

7e des Jeux d’Afrique à Alger en 1978 Participation à deux Jeux d’Afrique : Lagos, Nigeria en 1973; Alger, Algérie en 1978

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