3e âge: suivez le guide pour la conduite en toute sécurité

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Après 60 ans, il faut être doublement vigilant au volant.

Après 60 ans, il faut être doublement vigilant au volant.  

Le 24 juin, une femme de 77 ans sera fixée sur son sort. Elle est accusée d’homicide involontaire par imprudence après un accident ayant coûté la vie à un motocycliste. Quels sont les risques auquels sont exposés les conducteurs du troisième âge ? Quelles sont les précautions qu'ils doivent prendre ? Le point sur cette épineuse question.

«Je vérifie ma tension tous les matins avant de prendre le volant. C’est important de faire un suivi régulier de sa santé en général et pas juste pour conduire un véhicule», confie Michael, un conducteur de 65 ans. Et au besoin, il revêt ses lunettes de vue, histoire de donner un coup de pouce à la visibilité. Comme lui, la prudence est de mise également pour Thomas, 70 ans. Ce chauffeur professionnel affirme qu’après 60 ans, on évite la haute vitesse et la conduite la nuit, sauf en cas d’urgence : «Il faut être très vigilant. Par exemple, lorsqu’il pleut, la visibilité est amoindrie. Si on n’a pas une bonne vue, il faut éviter de conduire. De plus, la nuit, les autres usagers portent souvent des vêtements sombres. Les bicyclettes n’ont pas de phare. On doit être encore plus attentifs.» D’ailleurs, dans le cas de la conductrice de 77 ans, qui est devant la justice après son accident avec le motocycliste, son avocat mentionne d’ailleurs qu’il était du devoir du jeune homme de mettre son clignotant et de porter un gilet fluorescent.

Quels sont donc ces risques lorsque nos aïeux prennent le volant ? Avec l’avancée en âge, certaines capacités motrices tendent à se dégrader, souligne le sergent Valéry Uppiah, de la Road Safety Unit de la Traffic Branch de la police. Il évoque notamment l’identification tardive des dangers, une prise de décision plus lente et des réactions plus longues. Les dépassements se complexifient. «On voit moins bien et on a des difficultés à lire les panneaux. On juge mal les distances. Et la nuit, les yeux s’adaptent mal à l’éblouissement. La pluie et le brouillard compliquent davantage les choses», déclare-t-il. À cela se rajoute la diminution des facultés auditives.

À ce titre, les conducteurs distinguent mal la provenance des sons et peuvent perdre le sens de l’orientation. En sus de cela, la fatigue est un facteur accablant certains conducteurs âgés. «On se fatigue plus vite. Cela implique une baisse de vigilance, le ralentissement des réflexes et le risque de somnolence au volant à des heures à risque comme entre 2 et 5 heures du matin et entre 13 et 15 heures. De plus, la prise de certains médicaments est incompatible avec la conduite», précise notre interlocuteur.

Pour Manoj Rajcoomar, secrétaire de la Driving Instructors Federation, il faut être deux fois plus vigilant et avoir bien plus de patience au volant avec l’âge : «Il faut que tous les sens et réflexes soient fonctionnels. Au troisième âge, quand on a permis, il ne faut pas croire qu’on peut conduire systématiquement. On devient plus vulnérable et on se fatigue plus vite. Avec ces problèmes, on a moins de réflexes et on s’expose plus aux accidents.»

Quelle limite existe-t-il pour conduire ? Selon le Road Trafic Act, à partir de 18 ans, on peut demander un permis pour conduire une voiture. Il n’y a pas d’âge limite pour l’obtenir. Une fois celui-ci en poche, la validité est illimitée, indique le policier. Néanmoins, des conditions doivent être respectées. Par exemple, soutient-il, sous la section 45 de cette loi, l’état de santé du candidat est essentiel. Déjà à la soumission de sa demande de permis, le postulant déclare qu’elle ne souffre pas de maladie ou de handicap susceptible d’être une source de danger pour les usagers de la route. S’il s’avère que le candidat en souffre, le Licensing Officer ne lui octroiera pas un permis de conduire. Et passé 60 ans, l’officier en question peut lui demander au besoin de produire un certificat médical démontrant qu’il est apte à conduire.

Test médical après 65 ans

Existe-t-il des contrôles avec la montée en âge ? «Le conducteur a des droits et responsabilités qu’il doit assumer. Il doit régulièrement faire un bilan de santé au gré de son âge. En cas de déficience affectant sa conduite, il ne doit pas mettre sa vie et celle d’autrui en danger», déclare le sergent Valéry Uppiah. Selon la section 50 du Road Traffic Act, en cas d’inaptitude à conduire en fonction de l’état de santé qui constitue une source de danger, son permis peut être révoqué après une visite médicale chez le médecin de la police. La même sanction s’applique en cas d’absence du conducteur à l’examen médical.

Quelles sont les précautions à prendre ? Pour Manoj Rajcoomar, il faudrait instituer un test médical après 65 ans ou un âge précis afin de s’assurer de la bonne aptitude à conduire. Il ajoute qu’il faut aussi éviter de conduire aux heures de pointe comme entre 7 et 9 heures. De son côté, le sergent Valéry Uppiah évoque plusieurs aspects, notamment un avis médical régulier. En cas de diminution des facultés motrices, il faut éviter la conduite de nuit, les longs trajets et routes non familières et par mauvais temps.

Pour ceux qui ont une réduction de la vue, des examens réguliers sont requis et se faire accompagner lors de trajets difficiles. Et en situation de troubles de l’ouïe, une assistance auditive peut être sollicitée. «Pour les personnes âgées fatiguées, il faut éviter de trop manger avant de conduire et faire attention aux effets des médicaments», ajoute-t-il. Et au besoin, il faut avoir une personne capable de prendre le relais en cas de difficulté en route. Selon lui, les personnes âgées ne causent pas plus d’accidents que d’autres conducteurs mais il faut tout de même redoubler de vigilance.


En chiffres

Selon le sergent Valéry Uppiah, de la Road Safety Unit, 44 accidents mortels ont été répertoriés du 1er janvier au 11 avril 2019. Ceux-ci ont entraîné 43 décès dont 38 hommes et 5 femmes. Parmi ces victimes, on compte 14 piétons, 5 chauffeurs, 12 motocyclistes, 7 passagers, 3 cyclistes et 2 passagers sur motocyclettes. Quant aux âges des victimes, on en note 2 dans la tranche des moins de 15 ans, 10 âgées entre 16 et 25 ans, 16 de 26 à 50 ans, 5 de 51 à 59 ans et 10 âgées de plus de 60 ans.

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