Bibliothèque nationale: sauver des journaux trois fois centenaires de l’oubli

Avec le soutien de
La BN dispose d’un budget annuel d’environ Rs 3 millions pour transformer les vieux journaux en documents numériques.

La BN dispose d’un budget annuel d’environ Rs 3 millions pour transformer les vieux journaux en documents numériques.

Des journaux jaunis et parfois en lambeaux. Rendus illisibles à cause de l’usure du temps. La mémoire de l’actualité mauricienne par-delà les siècles qui s’effrite entre les rayons de la Bibliothèque nationale (BN). C’est une longue attente qui prend fin à partir de demain. Un Memorandum of Understanding sera signé entre la BN et l’université des Mascareignes pour la numérisation des journaux qui remontent au XVIIIe siècle. 

Pour mémoire, le premier journal local, Annonces, Affiches et Avis divers pour les colonies des Iles de France et de Bourbon, a été publié en janvier 1773. Une publication fondée et éditée par Nicholas Lambert, d’où le prix décerné aux journalistes qui porte son nom. Il était directeur de l’Imprimerie Royale et à l’origine aussi de la poste chez nous. Les numéros du Cernéen sont aussi concernés. Ce journal fondé en 1832 par Adrien d’Epinay a paru pendant 150 ans, avant de disparaître en 1982. 

Du côté du ministère des Arts et la culture, ce sont les plus anciens documents conservés au Fon Sing Building, à la rue Edith Cavell, à Port-Louis, qui ont priorité. «Pour les livres, cela viendra par la suite», indique-t-on.

Contrat de trois ans

Le contrat liant la BN et l’université des Mascareignes est d’une durée de trois ans. Selon les chiffres disponibles, la BN dispose d’un budget annuel d’environ Rs 3 millions pour scanner page par page ces vieux journaux, les transformer en documents numériques et les conserver pour la postérité. Un travail de longue haleine. 

Mais au-delà du «simple» scan des journaux, la numérisation tant attendue des documents de la BN (qui existe depuis 1999), l’université des Mascareignes en fait un projet de recherche. Dinesh Somanah, directeur général de l’institution, précise que ce projet est chapeauté par le Centre for digital humanities, qui se trouve au campus de Pamplemousses. Cette numérisation est rendue possible grâce à la collaboration avec l’université de Limoges, l’un des partenaires de l’université des Mascareignes. Dinesh Somanah précise qu’il s’agit d’un «centre pluridisciplinaire avec des projets de recherches d’une portée nationale». 

Comment l’utilisateur aura-t-il accès à ces journaux en version numérique ? Au ministère des Arts et de la culture, on indique qu’il est encore trop tôt pour se prononcer. «Une décision doit être prise pour savoir si l’accès sera gratuit ou payant.» Pour l’heure, un catalogue en ligne de la section Maurician a permet de localiser des publications se trouvant à la BN mais aussi à la librairie Carnegie et les autres bibliothèques municipales, celle du Mahatma Gandhi Institute, la médiathèque de l’Institut français de Maurice, de la police. Ce catalogue national ne permet pas toutefois de consulter les ouvrages. Pour cela, il faut toujours se déplacer vers ces institutions. 

«À la BN, les vieux journaux ont toujours eu un traitement spécial», rappelle pour sa part Yves Chan Kam Lon, ancien directeur. Il était en poste à la création de l’institution en 1999. C’est à ce moment-là que la BN reçoit les vieux journaux conservés jusque-là aux Archives nationales. À l’époque déjà, «l’urgence était de s’occuper des journaux qui étaient en lambeaux», se souvient Yves Chan Kam Lon. D’où le micro-filmage des collections de journaux dans un premier temps.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires