La mode: une opportunité économique

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Et si Maurice faisait de la mode un pilier économique ? Une idée pas si saugrenue, selon les designers ivoiriens Félix Griza Yale et Koné Pelebe Zakaria, invités à la première édition de la Hennessy Park Hotel Fashion Week.

Dimanche se clôturera la première édition de la Hennessy Fashion Week, qui a démarré le 2 avril et qui a vu la participation de 16 designers locaux et internationaux dont ceux de Côte d’Ivoire, à savoir, Félix Griza Yale de l’enseigne Yale Woody et Koné Pelebe Zakaria, dit Zak Koné, de l’enseigne Pelebe.

«Quand on parle de mode, il n’y a pas que les vêtements, il y a les accessoires, les maquilleurs, les coiffeurs et les artistes.»

Depuis plusieurs années, ces deux designers font de la mode leur métier. Malgré le peu d’opportunités d’exportation de leurs produits, ils arrivent à se faire connaître à l’international. Pour eux, la Hennessy Fashion Week est une belle ouverture sur le monde de la mode. Une aventure qui pourrait mener plus loin. «De ce que j’ai compris, l’univers de la mode à Maurice est encore embryonnaire et avoir des semaines de la mode ne peut qu’être bénéfique. Ce premier événement met déjà en lumière plusieurs designers et artisans mauriciens. Cela ne peut que motiver d’autres désirant faire ce métier. Ce sera une porte d’ouverte pour que Maurice investisse davantage dans la mode. Vous êtes déjà une île très fréquentée, qui attire des touristes avec des potentiels d’achats et d’investissements dans le secteur de la mode. Si le volet artistique amorce l’étape indispensable pour en faire une filière économique à part entière, ce ne sera qu’à votre avantage», explique Félix Griza Yale.

Zak Koné et Félix Griza Yale sont catégories, la mode est une industrie qui marche. «Quand on parle de mode, il n’y a pas que les vêtements, il y a les accessoires, les maquilleurs, les coiffeurs mais également les artisans. C’est vraiment un secteur porteur d’emplois», expliquent-ils. S’ils affirment, après avoir rencontré les designers de Maurice, que le potentiel est là, «même si certains sont plus talentueux que d’autres», Maurice, tout comme la Côte d’Ivoire, aurait les mêmes difficultés. «En Côte d’Ivoire, nous avons plusieurs Fashion Weeks. La mode a beaucoup évolué. Cependant, elle ne parvient pas à aller au-delà du territoire. Il n’y a pas de véritable politique d’exportation comme on l’aurait fait pour les secteurs conventionnels. Le potentiel n’est pas exploité.»

Zak Koné (à g.) et Félix Griza Yale.

Pour pouvoir se démarquer Zak Koné et Félix Griza Yale estiment que «le réel défi est de pouvoir mettre en avant une identité mauricienne. Je veux dire que quand une Parisienne est à New York, vous savez tout de suite que c’est une Parisienne par rapport aux vêtements qu’elle porte. Il faudrait arriver au même résultat pour Maurice». Si la route semble encore longue, les premiers pas semblent déjà faits. À noter que Félix Griza Yale et Zak Koné présenteront leur collection respective ce soir lors du dîner de gala présenté par l’hôtel Hennessy Park.

Les designers mauriciens se lâchent

La Fashion Week est l’occasion pour les designers mauriciens de faire montre de leur créativité. Et ils n’ont pas raté cette opportunité. Que les tenues présentées vous plaisent ou non, c’est la liberté d’expression qui est mise en avant. Lors du lancement, le mardi 2 avril, les invités ont eu droit à la présentation de deux collections de Mélissa Blackburn, dont une qu’elle avait déjà présentée au Backstage Award 2018. Décontractées et chics, les collections se voulaient résolument modernes. Elles transcendent le genre avec des tenues androgynes, qui n’ont pas manqué d’attirer l’attention. Jeudi soir, sous le thème High Fashion, les designers ont lâché la bride. À commencer par le make-up artist Cédric Lanappe, qui a présenté une collection totalement futuriste ou combinaisons argent et accessoires rouges faisant ressortir les pierres décoratives ornant les visages des mannequins. Sanjeet Boolell a, pour sa part, proposé une collection élégante, tout en fluidité et transparence, qui laisse respirer le corps. Osons ! Enfin, Chaad Vince a décroché la palme de la prise de risque avec une collection flirtant avec le sadomasochisme. Minijupe et bustier en cuir, laisse à clous, muselière, tout y était. La créativité à son paroxysme.

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