L’histoire des églises: Reflets d’un pays

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Plonger dans l’histoire des églises, c’est faire un bond au temps où l’Histoire de la colonie était intimement liée à celle de l’Église. Guide pour ce parcours : Alain Jeannot, qui publie «Échappées belles à travers nos églises». L’ouvrage a été lancé jeudi.

Beau-Bassin: Terrains légués à l’Église

Avant de devenir le Mont Thabor, c’était Llewyn Castle, «la plus ancienne villa de la région, construite en 1834», indique l’auteur. «Le domaine a eu plusieurs propriétaires successifs. La dernière, Dorothée Rouillard, le légua à l’Église catholique en 1977». Autre don: celui de Volcy Goupille, qui en «1872 donna deux terrains de 660 toises et 125 toises respectivement à Monseigneur William Scarisbrick pour la construction» de l’église du Sacré-Cœur.

Selon Alain Jeannot, l’histoire de Beau-Bassin est liée à celle de la sucrerie du même nom qui s’y trouvait au XIXe siècle. «Le dernier propriétaire, Lord Metcalfe, ferma la sucrerie Beau-Bassin en 1868.»

Les derniers jours du père Laval

C’est au presbytère (la maison du prêtre) de la cathédrale Saint-Louis que le père Laval est mort le 9 septembre 1864. Depuis, les lieux – dont une partie en briques rouges ont été rénovés et transformés en bureaux. Dans Échappées belles à travers nos églises, Alain Jeannot rappelle que le père Laval célébrait la messe «pour les Noirs, à midi, les dimanches, parce que leurs maîtres ne leur permettaient pas de sortir plus tôt».

L’histoire de la cathédrale Saint-Louis remonte aux débuts de la colonisation française. De la «petite église en palissade» construite à Port-Louis, «vers 1727», remplacée en 1737 par une église située «à la rue Royale, à l’emplacement de la MCB». Une autre église est construite à l’emplacement actuel de la cathédrale en 1752. Elle est détruite par un violent cyclone en 1773, reconstruite et rouverte en 1782. Une restauration a lieu à l’arrivée des Anglais. «En 1813, le premier gouverneur Robert Farquhar, quoique de l’Église d’Angleterre, alla même plus loin en contribuant à restaurer l’église paroissiale catholique». La cathédrale reprend du service en 1816.

Souvenir de Normandie

Jacques Désiré Laval était originaire de Normandie. Quand Alain Jeannot nous dirige vers l’église Notre-Dame de la Délivrande, située à Notre-Dame, c’est non sans rappeler qu’à l’entrée de la cour, on peut voir un crucifix en métal «que le Père Laval avait ramené de la Normandie. Il aurait été sauvé des profanations de la révolution (NdlR, française)». Plus loin, l’auteur indique : «C’est le Père Laval qui dédia ce lieu de culte à Notre-Dame de la Délivrande en s’inspirant d’un sanctuaire très fréquenté en Normandie.»

Saint-Sacrement à Cassis, l’œuvre d’un «ami intime»

Citant la biographie du père Laval, signée PF Delaplace, Alain Jeannot explique que les plans de l’église Saint-Sacrement à Cassis ont été conçus par Jean François Baud, un «architecte autodidacte», missionnaire spiritain savoyard arrivé à Maurice en 1849. Il était «confrère, ami intime et confesseur du père Laval». L’emplacement a été donné à l’Église par une personne tenant à rester anonyme, vers 1850.

Vestiges de l’esclavage

Point de départ, pour évoquer Saint-François Xavier, à Pamplemousses, un souvenir d’enfance d’Alain Jeannot. L’enterrement de sa grand-mère dans ce qui était connu comme le cimetière des Noirs. «À l’époque, cela me révoltait que la discrimination puisse atteindre les berges du séjour des morts ? Comment l’Église a-t-elle pu, ne serait-ce que par omission, cautionner de telles pratiques ?»

Parmi ceux enterrés dans le vieux cimetière de Pamplemousses, créé en 1743 : Monseigneur Antoine Buonavita, «accompagnateur spirituel de Napoléon Bonaparte», mort à Maurice le 2 novembre 1833. Entre 1819 et 1821, il était «aux côtés de l’empereur alors qu’il était en exil à Sainte-Hélène». L’homme religieux débarque à Maurice le 10 décembre 1828. Il y finira ses jours.

Pamplemousses est aussi associé à Paul et Virginie. Le roman de Bernardin de Saint Pierre comporte plusieurs références à l’église et ses alentours. Pas très loin de là, dans la cour du Citizens Advice Bureau se trouve le bassin des esclaves.

Direction Notre-Dame de La Salette, à Grand-Baie, ouverte le 31 juillet 1875. Les pierres viennent de «l’ancienne sucrerie désaffectée de Woodford, voisine du domaine de Louis Mazery, grand planteur de la région de Grand Baie au XIXe siècle», écrit l’auteur. Il est «peut-être le seul propriétaire planteur à avoir pu conserver tous ses anciens travailleurs après la période d’apprentissage».

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