Firemount textile: Là où échouent les rêves des ouvriers malgaches...

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Les Malgaches de Firemount Textile ont quitté le pays hier après-midi avec des regrets dans leurs valises.

Les Malgaches de Firemount Textile ont quitté le pays hier après-midi avec des regrets dans leurs valises.

Des rêves plein la tête, l’espoir d’un avenir meilleur dans le cœur. C’est avec ces sentiments qu’ils ont quitté leur île il y a plusieurs mois. À peine arrivés à Maurice, ces Malgaches employés au sein du groupe Firemount Textile Ltée ont vite déchanté. Hier, environ 80 ont repris l’avion en destination de la Grande île. Laissant derrière eux des desseins inachevés.

À l’aéroport de Plaisance, le son de la «ravanne» se fait entendre, alors que des touristes franchissent le seuil du terminal, sourire aux lèvres. À l’inverse, les employés du groupe Firemount se dirigent vers les comptoirs, le regard vide. Leurs rêves ont pris fin.

Willy Ranaivoson confie que ce sera surtout le regard des autres restés à Madagascar qui sera dur à supporter. «Ce n’est pas tout de suite que je vais pouvoir fonder ma famille.» Âgé de 26 ans, il pensait qu’en venant à Maurice, il aurait pu doubler, voire tripler, son salaire. Il n’en a rien été. «Il y a eu de bons et de moins bons moments passés au sein de l’entreprise.» Qu’en retiendra-t-il ? «Le non-respect des droits humains. Le salaire n’a pas été celui que l’on nous a proposé. Et souvent, nous avons été victimes de maltraitance. On sentait qu’il y avait une différence entre nous et les autres travailleurs étrangers.»

Pour Rova, ces 11 mois passés à Maurice n’ont pas été rose. «Nous avons toujours gardé l’espoir que notre situation s’améliorerait. Cela n’a pas été le cas. Nous en avions ras-le-bol et nous avons décidé d’organiser une grève. Avec l’appui de l’ambassade malgache, certaines recommandations que nous avions faites ont été acceptées.»

Elle soutient qu’hormis le salaire qui n’était pas du tout celui qui leur avait initialement été proposé, les conditions de vie n’ont pas été faciles. «Dormir à plus que 20 dans une chambre, le manque d’hygiène et la restriction en ce qui concerne le temps de loisir ont pesé lourd dans la balance.» La jeune femme, qui se trouvait à Maurice en compagnie de son frère, ne voulait plus rester.

De son côté, c’est le cœur gros que Mahouly Rajoelina s’en va. Cette Malgache, qui dit être une parente éloignée de l’actuel président Andry Rajoelina, n’en pouvait plus d’être «maltraitée au quotidien». Des 80 personnes qui ont pris l’avion hier, certaines ont été poussées vers la porte de sortie, clame-t-elle. «Ils ont soutenu le mouvement de grève mercredi et leur contrat a pris fin sans préavis. Cela ne les chagrine pas pour autant. Ils vont retrouver leurs familles qui les attendent à Tana.»

Après le départ de cette première vague humaine, d’autres devraient prendre l’avion la semaine prochaine.

Palmar Ltd: les employés obtiennent 60 % de leur temps de service

Ouf de soulagement pour les 904 employés de Palmar Ltd. Le ministère du Travail, Soodesh Callichurn, a déclaré qu’une somme de Rs 45 millions sera décaissée afin de les indemniser. Ils obtiendront un peu plus que 60 % de leur temps de service. «Cette somme sera récoltée par les Receiver Managers et une partie proviendra de la contribution de Thierry Lagesse.» Toutefois, il leur faudra attendre jusqu’au mois de mai pour recevoir leur argent.

Cette usine a dû arrêter ses opérations, le jeudi 21 février, après plus de 39 ans. Le syndicaliste, Fayzal Ally Beegun estime que l’indemnisation représente déjà une belle somme. «Les employés continueront à toucher leur workfare programme jusqu’à qu’ils obtiennent un travail stable.» Les travailleurs étrangers ont déjà été reclassés dans d’autres usines.

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