Albion: Raphaël Babylon… toujours «enn zanfan lamer»

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Raphaël Babylon ne s’arrête qu’au moment où il attrape suffisamment de poissons pour estimer avoir gagné sa journée.

Raphaël Babylon ne s’arrête qu’au moment où il attrape suffisamment de poissons pour estimer avoir gagné sa journée.

Sur la côte d’Albion, tout le monde le connaît sous le sobriquet de Phael. Or, son vrai nom est Raphaël Babylon. Il gagne sa vie comme pêcheur depuis une cinquantaine d’années. «Enn zanfan lamer ress enn zanfan lamer», fait-il valoir.

Peu timide, il se raconte facilement. «J’ai travaillé comme laboureur dans les années 60, soit avant le passage du cyclone Carol. Après le cyclone, il était impossible de travailler la terre car elle était dévastée. Et je devais nourrir ma famille. J’ai alors décidé d’abandonner le travail de laboureur pour devenir pêcheur. Depuis, la pêche est devenue mon gagne-pain», confie ce père de famille.

Toutefois, ces derniers temps, notre interlocuteur a du mal à travailler. La météo étant mauvaise, le vieil homme hésite à s’aventurer en mer. Raison pour laquelle il dit que le travail est quasiment «maigre». Ce vieux pêcheur précise qu’autrefois, les poissons étaient en abondance. «Aujourd’hui, il n’y en a presque plus», fulmine-t-il.

Le regard fixé sur l’horizon, Raphaël Babylon déclare que les beaux moments passés en mer ne sont plus que nostalgie. Avant de faire de la pêche son métier, il se souvient des dimanches où il allait pêcher rien que pour le plaisir.

Les techniques

«Aster bizin trase. Mo travay akoz mo pa kontan res lakaz. Laz ki mo éna pa kapav res lakaz ene zurné. Bolfam inn fini desedé. Sa travay laem ki rann mwa eré», explique-t-il. D’autant plus, souligne cet habitant d’Albion, qu’il préfère être en mer que sur terre.

Le pêcheur est fier de ses prises du jour.

«Je me sens plus libre en mer. Je suis mon propre patron mais surtout l’ambiance c’est autre chose. Il y a une vraie camaraderie qui existe entre les pêcheurs. Je ne peux imaginer ma vie sans mon bateau et les lignes», explique Raphaël Babylon.

Si pêche rime avec plaisir, ce métier nécessite beaucoup de patience. Autrefois, il pêchait en posant des casiers.

«Dans les années 80, je pêchais en posant moi-même des casiers que j’allais récupérer le lendemain. Ils étaient alors remplis de poissons et de crustacés. Je fabriquais mes casiers à la main. Toutefois, aujourd’hui, je pêche avec des lignes et des filets», raconte le vieux pêcheur.

«Souvent, j’attrape des rougets, des capitaines, des madame tombées et un poisson de première classe connu sous le nom de la saison.» Par contre les cordonniers se font rares, confie-t-il. Tous les poissons sont ensuite pesés à la Fish Landing Station d’Albion. Ils sont ensuite vendus au public.

Raphaël Babylon reste un homme qui profite de la vie. Il passe son temps libre avec ses enfants et ses petits-enfants. Malgré son grand âge, il n’y a pas de lundi cordonnier pour lui. Il travaille du lundi au samedi. «L’âge n’est qu’un numéro. Il faut savoir savourer ces moments. Parfois, c’est sucré, parfois amer. Mais c’est la vie.»

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