Marie Maunick offre des fauteuils aux enfants handicapés

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Une des particularités de ce fauteuil roulant est qu’il comporte des extensions qui lui permettent de «grandir» en même temps que l’enfant porteur de handicap.

Une des particularités de ce fauteuil roulant est qu’il comporte des extensions qui lui permettent de «grandir» en même temps que l’enfant porteur de handicap.

Quand Marie Maunick, Mauricienne installée en Australie, a une idée en tête, impossible de l’y déloger. Depuis plus de quatre ans, elle luttait pour faire entrer au pays 166 fauteuils roulants neufs en kit à offrir gratuitement aux enfants handicapés mauriciens. Son opiniâtreté a finalement payé la semaine dernière. 

C’est une Marie Maunick soulagée que nous avons rencontrée en début de semaine. «J’ai bien bataillé et fait le va-et-vient entre les ministères de la Santé et la Sécurité sociale et chacun se renvoyait la balle. En attendant, le dossier stagnait. Etais-ce la bureaucratie qui retardait les choses ou une subtile demande de corruption, je l’ignore? Toujours est-il que mon conteneur avec mes 166 fauteuils roulants en kit est arrivé la semaine dernière et qu’on a finalement réussi à le dédouaner.»

Ces 166 fauteuils roulants en kit, rappelons-le, sont un don du Rotary Club australien de Scarborough, qui collabore avec l’usine qui les fabrique, à savoir Wheelchair for kids Inc, situé à Wangara, contrée à l’ouest de l’Australie. La particularité de ce fauteuil roulant, indisponible à Maurice, est qu’il comporte non seulement des extensions qui lui permettent de «grandir» en même temps que l’enfant porteur de handicap mais il dispose aussi d’un repose-tête, d’accoudoirs spéciaux, d’un corset pour soutenir le torse et des supports pour les jambes, les genoux et les pieds. En d’autres termes, il convient aux handicaps les plus graves et maintient l’enfant en position assise. Un plateau peut y être ajusté pour les repas ou autres activités. Le prototype de ce fauteuil roulant a été conçu il y a une vingtaine d’années par le frère Olly Pickett, qu’il l’a amélioré depuis.

Chaque fauteuil roulant s’accompagne d’une couverture pour les genoux cousue ou tricotée main par des retraitées vivant dans des institutions australiennes, ainsi que d’un petit our-son en peluche et d’un Tool kit.

Il faut dire qu’en marge du dédouanement de ce «précieux» conteneur, qui a depuis été installé dans une cour privée à Pointe-aux-Sables, Marie Maunick a pensé à tout. Comme elle veut que son œuvre soit pérenne, elle a fondé une association à but non lucratif qu’elle a enregistrée en octobre dernier et baptisé OZîles, contraction d’OZ pour Australie et îles pour celles du sud-ouest de l’océan Indien car elle a aussi l’intention de venir en aide aux enfants porteurs de handicaps vivant dans ces îles les moins fortunées de notre région comme Madagascar et les Comores. Comme elle ne séjournera à Maurice que jusqu’à septembre, la présidente d’OZîles a enrôlé des «lieutenants» à la fibre sociale aussi développée qu’elle, à savoir Hervé, Cursley, Leila, Carlos, Elizabeth, Viviane et Marie-Neige, qui prendront le relais en son absence.

Comme ces fauteuils roulants en kit sont destinés aux enfants porteurs de handicaps graves comme les amputés, ceux souffrant de paralysie cérébrale, de spina-bifida, de dystrophie musculaire et de cas extrêmes d’épilepsie, Marie Maunick a contacté cinq organisations non gouvernementales s’occupant justement de cas d’enfants porteurs de handicaps les plus graves, à savoir l’Association des parents pour la réhabilitation des infirmes moteurs, l’Association des parents d’enfants inadaptés de l’Île Maurice, Muscular Distrophy, la Global Rainbow Foundation et Edycs Epilepsy Group et leur a demandé de prendre en charge l’enregistrement de leurs propres adhérents, qui ont besoin de tels fauteuils roulants mais aussi de celui de tout parent estimant que son enfant porteur de handicap lourd devrait bénéficier d’un fauteuil roulant en kit.

Pour que les bénéficiaires puissent «grandir» avec leur fauteuil roulant, Marie Maunick s’est assurée les ser-vices d’Elizabeth Noordhoek, une physio-technicienne vivant en Australie, qui débarquera à Maurice le 8 mai afin de former deux volontaires de chaque ONG susmentionnée au calibrage de ces fauteuils. «Air Mauritius Foundation nous a offert un billet d’avion pour Elizabeth Noordhoek et a mis ses bureaux d’Ébène à la disposition d’OZîles pour que nous y tenions cette formation.» Celle-ci aura lieu du 9 au 13 mai. Pour que ces fauteuils roulants aillent aux enfants qui en ont le plus besoin, deux médecins seront présents à Ébène pour évaluer la sélection effectuée par les ONG.

La présidente d’Ozîles a eu une exigence par rapport aux volontaires délégués par chaque ONG. «J’ai demandé à ce que chaque volontaire présente un certificat de moralité car lorsqu’on travaille avec des enfants, la première chose à faire c’est de les protéger. Je ne juge personne mais je ne vis pas dans une maison en verre non plus. Quand je repars, ces volontaires seront appelés à aller chez les parents des enfants bénéficiaires, soit pour revoir le calibrage, soit pour l’entretien des fauteuils. Ils entreront dans l’intimité de la famille et on ne peut prendre aucun risque.» Elle a aussi exigé des parents qu’à chaque visite des volontaires, ces derniers ne soient jamais seuls avec les enfants. 

La distribution officielle des fauteuils démarrera après la formation et devrait être terminée d’ici la fin juin. D’ores et déjà, une dizaine de fauteuils roulants sont réservés aux enfants rodriguais porteurs de handicaps. Ce don de fauteuils roulants en kit ne sera pas un cas isolé car Marie Maunick dispose d’un «endlessline avec le Rotary Club de Scarborough et l’usine Wheelchairs for kids Inc. Ils m’ont dit que quels que soient les besoins en fauteuils roulants en kit, ils sont disposés à nous les fournir gratuitement.»

Là où il a toutefois fallu délier les cordons de la bourse, c’était pour acheminer le conteneur à Maurice. «Cela a coûté 3 000 dollars australiens(NdlR: Rs 75 000) et pour les obtenir, j’ai organisé une levée de fonds auprès d’amis à Perth.» Le directeur du Chisholm College, école catholique, qui travaille avec Wheelchairs for Kids Inc, a fait un don extrêmement généreux à OZîles à cet effet.

La présidente d’OZîles tient à préciser aux parents dont les enfants bénéficieront d’un fauteuil roulant en kit qu’ils ne doivent rien débourser. «C’est gratuit. Une fois l’enregistrement complété auprès des ONG faisant partie du projet, vous n’avez rien à payer. Et les volontaires effectueront le calibrage gratuitement. Si à l’avenir, le fauteuil de l’enfant doit être remonté, ses parents doivent contacter l’ONG où ils ont enregistré leur enfant et non OZîles.»

Elle rappelle que cette association est là pour aider les personnes porteuses de handicaps et les moins fortunés de la société mauricienne, mais aussi les South West Islands de l’océan Indien. Il est clair qu’on n’a pas fini d’entendre parler d’OZîles et de Marie Maunick.

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