La Santé toujours malade

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Le ministère de la Santé emploie 14 000 personnes.

Le ministère de la Santé emploie 14 000 personnes.

Rs 7 milliards. C’est la somme pharaonique consacrée aux salaires des quelque 14 000 employés de la Santé publique chaque année. De 2014 à 2017, 2 416 employés ont été recrutés à travers les pouvoirs délégués de la Public Service Commission (PSC). D’autres statistiques démontrent qu’en une année, soit de 2017 à 2018, 50 % des candidatures dans la fonction publique, à travers ce système, ont atterri au ministère de la Santé. 

Des Rs 7 milliards, le rapport constate que Rs 1,5 milliard servent à payer uniquement les employés au bas de l’échelle chaque année. Rs 1 milliard sont consacrées à quatre «grades» d’employés seulement annuellement. Sans compter que ces derniers reçoivent Rs 270 millions en termes d’allocations. 

S’attardant sur les recrutements à travers ces pouvoirs délégués, le bureau de l’Audit note plusieurs anomalies. Notamment, en ce qui concerne la composition du panel de sélection. À titre d’exemple, celui qui le présidait était l’Assistant Permanent Secretary (APS), alors que le ministère compte un Senior Chief Executive (SCE). Et le rapport avance clairement qu’il n’y a aucun moyen qui prouve que les membres du panel n’étaient pas en situation de conflit d’intérêts par rapport aux candidats qui ont postulé. 

Le bureau de l’Audit va plus loin en citant l’exemple des 5 000 employés, dans la catégorie «workmen/lower grade», retenus à travers ces pouvoirs délégués de la PSC. Les observations sont claires: la structure pour les recrutements, dont les provisions faites par le Pay Research Bureau (PRB), entre autres, n’ont pas été respectées. Pire, dans certains cas, le ministère a reçu l’aval de la PSC de recruter à travers les «delegated powers» uniquement pour un hôpital. 

Cependant, il a choisi de l’étendre à la Santé publique en entier. Par ailleurs, les critères d’âge et qui visent à assurer une parité hommes-femmes, n’ont pas observés. Car de nombreux General Workers, âgés de plus de 40 ans, ont été embauchés. 

Autre anomalie signalée par le bureau de l’Audit : le changement des tâches dont doivent s’acquitter les Attendants. Parmi elles, le nettoyage des toilettes. Plusieurs centaines d’employés occupant ce poste ont été recrutés ces dernières dix années. Mais le ministère a choisi de payer des sous-traitants privés, qui s’acquittent des tâches mentionnées plus haut. Du coup, pour l’année 2017-2018, la somme totale des salaires versés aux Attendants s’élève à Rs 430 M. Parallèlement, Rs 46 M ont été payées aux sous-traitants privés. 

Interrogé par l’express, le président de la Government Services Employees Association (GSEA), Radhakrishna Sadien, ne mâche pas ses mots. «C’est une aberration ! Je l’ai toujours dit, les recrutements par pouvoirs délégués n’ont jamais été dans l’intérêt de la fonction publique.» Il ajoute que les retombées du rapport doivent être prises en considération. «Je compte écrire une lettre au Premier ministre. Des parlementaires devraient également poser des questions. Cette affaire doit aller loin», dit-il.

Livraisons tardives, appareils obsolètes mis au placard ou encore des procédures d’achat douteuses… Dans le cas d’une table d’opération et d’un «C-Arm Equipment», le rapport de l’Audit attire l’attention sur le fait que le retard dans l’acquisition des deux aurait pu être évité. Par conséquent, le ministère a dû s’acquitter d’une somme de Rs 528 427, en termes d’ajustements liés aux devises étrangères. 

Autre cas cité, l’achat d’une «Angiography Machine» en 2013, qui n’a été livrée qu’en… 2015 ! Et elle ne répondait pas à toutes les spécifications. Moins de trois ans après, l’appareil est tombé en panne et a été mis hors service pendant deux mois. Du coup, la liste d’attente des patients s’est considérablement allongée. 

En outre, l’Audit interpelle le ministère sur les frais de voyage pour les patients qui se font traiter à l’étranger. Il recommande, entre autres, une deuxième unité spécialisée en neurochirurgie.

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