[Document] Rapport de l’Audit: les points saillants

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Le rapport de l’Audit a été déposé au Parlement ce mardi 26 mars. Nous vous en proposons quelques aspects importants relevés au niveau de plusieurs ministères et départements du service public.

Internet dans les collèges: Rs 81,7 millions en fumée

Aucune institution secondaire n’est connectée à l’Internet. Pourtant, le fournisseur a perçu plus de 50 % du paiement du ministère de la Technologie, de l’innovation et de la communication (TIC). Le directeur de l’Audit se montre très critique envers le ministère de Yogida Sawmynaden concernant ce dossier.

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Transactions en ligne: Rs 6 M pour une plateforme qui ne décolle pas

Le Cooperatives Division e-Registration Project (CDeRP), lancé en 2016- 2017, visait à donner la possibilité aux promoteurs de sociétés coopératives de soumettre leur demande d’enregistrement et de faire le paiement en ligne. De son côté, le Registrar émet les certificats d’enregistrement aux demandeurs en ligne. Les coopératives soumettent aussi leurs comptes définitifs en ligne à la division des coopératives pour audit. Cela garantirait l’uniformité dans la présentation de leurs comptes. 

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Les Salines: Rs 188 M d’arriérés annulés selon le rapport de l'Audit

Que se passe-t-il donc aux Salines ? Un promoteur a bénéficié des arriérés qui ont tout simplement été «written off». Au motif qu’aucun accord n’avait été signé entre le locataire et le ministère sans compter qu’il n’y avait aucune preuve que le terrain a bien été occupé par le locataire. Un autre promoteur, toujours aux Salines, a, lui, vu le montant de sa location diminué par Rs 40 millions. Suivant la signature, en 2017, d’un nouveau contrat de location avec de nouvelles conditions. 

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Égalité des genres: pas de statistiques exactes sur la maltraitance d’enfants et la violence conjugale

Les deux systèmes informatiques achetés à grands frais (Rs 4,1 millions) entre 2014 et 2016 pour desservir le ministère de l’Égalité des genres et six Family Support Bureaux n’ont pas été opérationnels dans deux bureaux. Et un troisième a rencontré des problèmes de connectivité entre 2017 et 2018. Ce sont les raisons pour lesquelles le ministère n’a pas été en mesure de fournir des statistiques exactes sur la maltraitance d’enfants et sur la violence conjugale. 

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Écoles: plus de la moitié des tablettes inutilisables

Après le fiasco dans la distribution de tablettes tactiles dans le secondaire, cette fois, c’est dans le primaire que leur introduction est critiquée. Notamment quant à leurs fonctionnalités.

Jusqu’ici 2 760 tablettes ont été distribuées aux élèves. Une mesure annoncée dans le Budget 2016-2017 et qui ciblait les «lower primary classes». Or, pour pouvoir être utilisées de façon appropriée, elles devaient toutes contenir les «e-books» du Mauritius Institute of Education (MIE) et le Classroom Management Software, fourni par le Mahatma Gandhi Institute. Et l’Audit fait ainsi ressortir un détail accablant : 1 869 ne contiennent pas les «e-books». 

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Endettement: ces prêts qui plombent les finances de l’État

D’une année à l’autre, c’est la même colère populaire au moment de rendre public le rapport de l’Audit. C’est l’ampleur de la dette du secteur public couplée aux gaspillages des corps parapublics qui choquent la population.

En cinq ans, sous l’actuel gouvernement, la dette publique a augmenté de Rs 62,5 milliards. Soit du 31 décembre 2014 au 30 juin 2014. Une augmentation moyenne de Rs 12 milliards par an. Ce rapport de l’Audit rendu public hier vient ainsi mettre en exergue les gaspillages des corps parapublics.

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Services publics: la WMA, mauvais payeur

Entre 2013 et le 11 août 2017, le gouvernement a octroyé huit prêts totalisant Rs 4,5 milliards à la Wastewater Management Authority (WMA). Mais plusieurs prêts sont arrivés à échéance et l’organisme se trouve dans l’incapacité de les rembourser.

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Mauritius Fire services: un stagiaire pour définir un contrat de Rs 27M

L’autorisation du ministère des Infrastructures publiques n’a pas été requise pour ce projet de plus de Rs 25 millions, déplore le rapport de l’Audit. Le contrat : l’acquisition d’un camion et d’une High Volume Submersible Pump Unit par la Mauritius Fire Services

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Revenus: le Corporate and Business Registration Department pas assez précis

Impossible pour le bureau de l’Audit de finaliser des revenus d’un montant composé de Rs 337,3 millions et de $ 1,3 million recueilli durant l’exercice 2017- 18. Revenus liés au frais de Company Licenses, amendes, etc. Le montant en question incluait une somme de Rs 129,6 millions et de $ 663 199 qui avait été calculée à deux reprises. La première fois, c’était dans le cadre de l’établissement du compte des dépôts. Et la seconde fois, c’était au moment de créditer des comptes du Corporate and Business Registration Department, chargé d’enregistrer toutes les entités qui s’engagent dans le monde des affaires.

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FISC: des contribuables décédés doivent Rs 44 millions à la MRA

De vieilles dettes sont toujours difficiles à recouvrer par la Mauritius Revenue Authority (MRA), note, entre autres, le rapport de l’audit. À titre d’exemple, pour les dettes avant 2000, d’un montant de Rs 165 millions, seulement 0,95 % ont été collectées. De même, les dettes pour la période de 2000 à 2009 et 2010 à 2015, d’un montant d’un milliard de roupies et Rs 4 milliards respectivement, seulement 3 % et 7,5 % ont été collectées.

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Registrar-General: contrôle insuffisant au niveau du comptoir d’encaissement

Le bureau de l’Audit s’appuie sur un incident qui s’est produit un 20 septembre 2017. Un cas de manipulation est relevé sur 25 reçus, représentant un manque à gagner de Rs 398 700. Cinq jours après, l’incident est rapporté au ministère auquel le Registrar-General’s Department est redevable et à la police. Quinze mois après, pas de suite en provenance du ministère en question et de la police.

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Rodrigues: l’octroi des prêts non remboursés décrié

Plusieurs membres de l’Assemblée régionale de Rodrigues ont bénéficié de prêts pour l’achat de voitures. Toutefois, force est de constater qu’ils n’ont pas remboursé leurs crédits. Et certains ont même vendu le véhicule, a souligné le rapport de l’Audit. 

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Intégration sociale: seulement 23 maisons construites…

Le principal reproche du directeur de l’Audit à l’encontre du ministère de l’Intégration sociale est le fait que les rapports de gestion ainsi que les rapports trimestriels de la National Empowerment Foundation (NEF) n’ont pas été soumis comme convenu. Cela a largement compliqué la tâche du directeur de l’Audit pour bien analyser les dépenses du ministère.

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Agro-Industrie: le nouvel abattoir attendu depuis 28 ans

On ne peut passer sous silence ce commentaire paru dans le rapport de l’Audit concernant le ministère de l’Agro-Industrie. Voilà que 28 ans de cela il était question de construire un abattoir moderne. Mais, jusqu’ici, ce projet n’a pas encore vu le jour.

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Judiciaire: des dettes de Rs 500 000 rayées

Pour la période du 1er juillet 2017 au 30 juin 2018, le département du judiciaire a rayé Rs 500 000 de dettes irrécupérables. Pour la période correspondante en 2016-2017, une somme de Rs 21 millions a été effacée des livres de comptes du judiciaire. Donc, un total de Rs 21,5 millions. 

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Environnement: Rs 26 M à la poubelle

Au coeur des critiques : le household compost scheme et la résilience face au changement climatique. Le programme Maurice Île Durable, notamment visant à encourager le compostage chez soi, n’a, semble-t-il, pas conquis le public. Or, il a coûté plus de Rs 26 millions au ministère pour sa mise en place entre 2015 et 2018.  

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Sécurité sociale: hausse de Rs 11 M pour les pensions

De Rs 92 millions à Rs 103 millions en un an. C’est le montant total que le ministère de la Sécurité sociale paie désormais pour les pensions pour l’année financière 2017-2018. Durant l’année, des cas de paiements non valables pour un montant de Rs 54,5 millions ont été détectés. Et Rs 39,7 M ont été récupérées.

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Rapport de l’Audit sur les tablettes à l’école: «Sa cé ministere ledikasyon» dit Yogida Sawminaden

 

 
 

Il renvoie la balle au ministère de l’Education. Le problème des tablettes dans les écoles ne concerne pas le ministère de la Technologie. C’est ce qu’a déclaré Yogida Sawminaden après l’ouverture de la conférence de la State Informatics Ltd ce mercredi 27 mars. 

Le ministre de la Technologie est aussi revenu sur les paiements de la National Computer Board (NCB) à Mauritius Telecom (MT). «Sa sé ene deal ant la NCB et MT. C’est au board de la NCB de régler le problème» a-t-il fait savoir.

 

Jeunesse et sports: l’octroi de fonds en question

Il faut plus de vigilance sur l’octroi des fonds que ce soit pour les 10e Jeux des îles de l’océan Indien ou pour la gestion des Rs 57,7 millions dédiées à différentes instances du ministère de la Jeunesse et des sports. C’est ce que met en exergue le rapport de l’Audit qui remarque que les critiques faites l’an passé notamment sur la soumission de documents appuyant les demandes de subventions n’ont pas été prises en considération. 

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Endettement: Rs 3,2 milliards de l’argent des contribuables injectées dans la MauBank

Le bureau de l’Audit a consacré deux pages de son volumineux à la MauBank. Il met surtout en avant le montant total de l’argent des contribuables injecté par le gouvernement – l’actionnaire principal à hauteur de plus de 99 % – dans cette banque, qui n’a pourtant que deux ans et demi d’existence. D’abord, un montant de Rs 1,6 milliard pour la période 2015-2016, pour lui permettre d’atteindre son ratio de fonds propres. Ensuite, Rs 100 000, en tant que «stated capital» de Mau-Bank Holdings Ltd.

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Police: Rs 385,3 M pour un système sous-utilisé

À octobre 2018, une somme de Rs 385,3 millions avait été investie dans le Crime Occurrence Tracking System (COTS). Il s’agit d’une nouvelle technologie informatique censée rendre la police plus efficiente. La première phase avait été effectuée en 2012 et la deuxième en 2015. Or, ce système n’est pas utilisé de façon optimale, déplore le bureau de l’Audit dans son rapport.

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NDU: 51 % de Rs 720 M investis dans des drains

Il y a un problème de drains à Maurice, disait récemment le ministre Étienne Sinatambou. Force est de constater que malgré le fait que la National Development Unit (NDU) disposait de Rs 720 millions pour la construction de drains durant l’année financière 2017-18, seulement Rs 367 millions, soit 51 % du budget, ont été investies.

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Locaux: bureaux vides et Rs 7,7 M de loyers impayés

Cette année encore, la SICOM Tower, à Ébène, n’est pas épargnée par le bureau de l’Audit. Alors que le précédent rapport faisait état d’une dette de Rs 7,4 millions pour loyer impayé et de Rs 8,4 millions dues après des travaux d’aménagement et autres, des arriérés de Rs 16,1 millions étaient toujours dus à la SICOM au 30 juin 2018. De cela, Rs 7,7 millions pour loyer impayé. Notamment parce que le 10e étage resté inoccupé d’avril 2016 à mi-août 2017 en raison du retard pris par la Financial Intelligence Unit (FIU) pour y déménager (les travaux d’aménagement qui devaient être entrepris dans le respect des normes internationales et des exigences de sécurité de la FIU ont dû être arrêtés à deux reprises après des actes de vandalisme et des vols à cet étage) a quand même coûté Rs 5,6 millions aux contribuables. Les Rs 2,1 millions restants concernent des loyers impayés pour le rez-de-chaussée et les niveaux 1, 5 et 6.

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Les 5 pires trouvailles de l’audit

 
 

On ne sait plus si on devrait en rire ou en pleurer. Les trouvailles du bureau de l’audit sur l’administration du pays rivalisent de ridicule, mais aussi de gravité. Voici une sélection des 5 pires gestions notées dans le rapport de cette année. Notre jury a eu beaucoup de difficultés pour aboutir à cette liste tellement la liste de nominés est longue et variée.

La Jeunesse et les sports pas au mieux de leur forme

Perception de conflit d’intérêts pour les allocations

Le ministère de la Jeunesse et des sports a généreusement distribué Rs 51,7 millions de subventions au Mauritius Sports Council, au National Youth Council, au Trust Fund for Excellence in Sports et à une société privée, Mauritius Multisports Infrastructure Limited. Mais comme l’année précédente, les conditions liées à ces aides financières n’ont pas été respectées. Ces quatre entités n’ont pas soumis les documents justificatifs pour l’octroi de ces fonds. Cerise sur gâteau, l’Accounting Officer du ministère est devenu un des directeurs de Mauritius Multisports Infrastructure Limited en avril 2017. Alors qu’il a accordé les déboursements des fonds de 2017-2018. Ce qui peut donner une impression de conflit d’intérêts.

De la même manière, le ministère a distribué Rs 71,1 millions aux clubs de football et comités et aux fédérations sportives pour la promotion et le développement du sport. Mais les clubs et fédérations, comme noté l’année dernière, sont censés se plier aux directives du Sports Act notamment. Ce qui n’est pas le cas. Certains n’ont pas fourni leur assurance, ou leur déclaration financière ou des reçus.

La manne des Jeux des îles

Le ministère a donné Rs 33,2 millions au Comité d’organisation des 10e Jeux des îles de l’océan Indien, entre novembre 2017 et juin 2018, dont presque Rs 11 millions pour la réservation des hôtels et hébergements pour les sportifs et délégations. Mais il n’y a pas toujours la preuve de ces dépenses. Les détails des paiements pour ces réservations sont indisponibles au ministère.

Environnement: échec du projet de compost pour les particuliers

Dans le cadre de Maurice île durable, le gouvernement voulait que 12 000 foyers bénéficient du Household Composter Scheme, en 2015-2016. Or, il a commandé encore 11 000 composteurs et équipements en 2017-2018. Au 30 juin 2018, il se retrouve avec 12 371 composteurs et 14 334 «mixing tools» sur les bras. Un stock qui vaut presque Rs 11 millions. Et qui entraine également des coûts pour son stockage.

Cette absence d’intérêt des Mauriciens pour ce projet de compost, important pour l’écologie et la gestion des déchets, peut s’expliquer par une campagne de conscientisation inadéquate et une mauvaise gestion du plan. Pourtant, depuis 2015-2016, un budget de Rs 33 millions a été alloué dont Rs 26 millions ont été dépensées.

Sécurité sociale: Rs 103 millions de pensions payées en plus

Les paiements en excédent de pensions ont augmenté de Rs 11 millions par rapport à l’année financière précédente. La tendance est générale depuis des années. En 2011, les pensions payées inutilement valaient Rs 58 millions. Les nouveaux cas représentent Rs 54,5 millions en 2017-2018. Le ministère de la Sécurité sociale a pu récupérer Rs 39,7 millions durant cette dernière période mais Rs 3,3 millions sont perdues corps et biens.

Ces règlements sont faits soit à des personnes mortes soit à des Mauriciens qui sont partis à l’étranger et ne sont plus éligibles.

Le rapport préconise une meilleure coordination entre les départements concernés (Civil Status Office, Passport and Immigration Office, ministère de la Santé) pour que la sécu obtienne les informations nécessaires au plus vite. Il suffirait seulement d’une base de données informatisée et partagée en fait… A condition que l’Etat civil ne se trompe pas non plus, ce qui n’est pas gagné.

Pour une meilleure gestion des terres

Entre les terrains de l’Etat octroyés à des ministères ou départements pour des projets qui ne se concrétisent jamais, le montant des acquisitions de terres qui ne cesse d’augmenter (Rs 753 millions en 2017-2018 contre Rs 539 millions en 2015-2016), les arrérages sur les baux, les Terres sont mal logées. Il suffirait pourtant d’un meilleur suivi, d’une meilleure organisation et d’un système informatique correct pour y mettre de l’ordre. Mais même le Land Administration, Valuation and Information Management System (qui doit aussi inclure le cadastre) n’est pas au point. Bien que Rs 850 millions aient été dépensées, il n’était toujours pas complètement opérationnel à décembre 2018.

Police: Rs 33,7 M introuvables, contre Rs 22,7 M en juin 2017

Dans son rapport 2016-17, le bureau de l’Audit avait souligné qu’une somme de Rs 22,7 millions était introuvable des caisses de la police à juin 2017. Montant qui est passé à Rs 33,7 millions à novembre 2018. C’est ce que révèle le rapport de l’Audit 2017-18.

L’Audit se montre sévère envers la police, d’autant que c’est en 2015 que ce problème a été porté à l’attention des autorités. Pour le bureau de l’Audit, la durée de l’enquête ouverte par le CCID n’est pas raisonnable.

Du côté de la police, on indique que le CCID et la commission anticorruption enquêtent simultanément sur les reçus liés aux permis de port d’armes, de passeport, entre autres.

Neutralisation des explosifs: un véhicule coûtant Rs 14,3 M hors service depuis 2014

C’est l’Explosive Handling Unit de la SMF qui devait utiliser le Remotely Operated Vehicle (ROV) acquis au coût de Rs 14,3 millions durant l’année financière 2014-15. Sauf que les policiers n’ont jamais pu l’utiliser, le véhicule étant pas opérationnel. Un problème qu’avait relevé le bureau de l’Audit dans son rapport 2016-17 et qu’il remet sur le tapis pour 2017-18. 

Le bureau de l’Audit note qu’à octobre 2018, le ROV «dormait» dans l’enceinte de la SMF. Avec pour conséquence que les membres de l’Explosive Handling Unit ont dû mener 18 interventions manuelles liées à des alertes à la bombe, mettant ainsi leur vie en danger.

La police indique qu’un arbitre a été nommé en mars 2019 pour trancher le litige entre la police et le revendeur du ROV.

Contraventions en suspens: la police passe à côté de Rs 210M

À juin 2018, 210 000 contraventions n’avaient toujours pas été réglées, note le bureau de l’Audit. Plus précisément, 28 617 entre 2011 et 2015 ; 63 861 en 2016 ; 74,118 en 2017 ; et 43 404 à juin 2018. Selon l’Audit, si le contrevenant devait payer un maximum de Rs 1 000, la police se prive, de fait, d’un montant maximum de Rs 210 millions.

La Santé: un gouffre sans fond de fonds

Retard excessif du Bid Evaluation Committee

Unité de chirurgie vasculaire à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo. Le ministère de la Santé aurait signé un protocole d’accord avec une clinique «étrangère» pour la mise sur pied d’une «Renal and vascular unit» à la suite de la visite d’un spécialiste. Toutefois, l’Audit n’a pu obtenir ce document. Un projet a été préparé en juin 2014 pour une unité vasculaire qui aurait un bloc opératoire dédié avec un «C-Arm X-ray machine» d’autres équipements et un département in-patient et out-patient. Un appel d’offre a donc été lancé pour la table d’opération et le C-Arm. Mais le Bid Evaluation Committee a pris énormément de retard pour évaluer les offres, il a fallu un an pour le reconstituer sans raison apparente, et le ministère a dû payer un demi-million pour les ajustements du taux de change et les appareils ont été livrés en retard.

L’appareil d’angiographie en panne faute d’entretien adéquat

En 2013, le ministère a acquis un appareil d’angiographie pour Rs 30,7 millions pour l’hôpital Jeetoo. Après une période de garantie d’un an, le fournisseur l’a entretenu pendant cinq ans. Toutefois, un UPS (Uninterruptible Power Supply) pour la machine n’a été commandé que deux ans après son acquisition. En novembre 2018, elle ne fonctionnait toujours pas avec un UPS car celui-ci ne marchait pas bien n’étant pas adapté. Ce qui a entrainé des dommages à l’appareil.

En février 2018, le consultant en charge a informé le ministère que l’appareil avant de fréquentes pannes. De janvier à juillet 2018, il n’a fonctionné que 60 jours sur 2012. En mars de cette année-là, l’ingénieur biomédical a affirmé que le fournisseur n’avait pas d’ingénieur formé pour réparer l’appareil et que l’entretien avait été mal effectué.

Tout ceci entraine un retard dans le traitement des patients, causant des risques sur leur santé.

Neurochirurgie: urgent, vous dites ?

En 2016, le ministère a décidé d’améliorer le département de neurochirurgie de l’hôpital Jeetoo afin d’envoyer moins de patients à l’étranger. Il voulait créer une «Neurointerventional Suite» et moderniser l’appareil d’angiographie. Mais si des ressources ont été mobilisées pour ce projet, il n’a toujours pas vu le jour en novembre 2018. Ce projet était considéré comme une priorité car des neurochirurgiens venant à Maurice prenaient d’importants honoraires et que certains patients ne pouvaient voyager. Et cela aussi coûte cher au ministère.

Mais le lieu n’est pas approprié par manque de place et l’appareil d’angiographie connaît trop de pannes. L’Audit ne comprend pas que ce projet n’ait pas bénéficié d’une étude de faisabilité adéquate et qu’il ait pris autant de retard alors qu’il était urgent.

L’Audit pointe encore la mauvaise gestion des déchets médicaux et le recours à la délégation des pouvoirs de la Public Service Commission pour le recrutement du personnel du ministère de la Santé et de la qualité de la vie.

 

Ministère des Infrastructures publiques

Photographic Enforcement Unit: 90% des contraventions rejetées
 

La Photographic Enforcement Unit (PEU) a pris 34 800 contraventions pour excès de vitesse avec les radars mobiles. Mais 31 300 ont été rejetées, dont 20 400 pour non-conformité des plaques d’immatriculations avec la loi en vigueur.

Moto-écoles: projet mort-né
 

Rs 16.5 millions ont été déboursées par le ministère des Infrastructures publiques pour les moto-écoles. Cependant, la loi n’a pas été amendée pour que les motocyclistes soient forcés à suivre les cours qui sont dispensés.

La Road Traffic Act bafouée
 

La loi demande que les détenteurs d’une licence de service de la National Transport Authority soumettent ses dépenses et acquisitions au régulateur chaque année. Cependant, le rapport de l’audit confirme que cela n’a pas été fait et que la NTA ne fait rien pour faire respecter la loi.

Ces véhicules qui roulent sans «fitness certificate»
 

La loi prévoit qu’aucun véhicule ne peut emprunter la route s’il n’est pas détenteur d’un «certificate of fitness issued by an authorised examiner or a vehicle examiner.» La loi précise aussi que le ministre peut exempter certains véhicules de cette obligation. Cependant, les véhicules du gouvernement ne sont pas examinés et aucune régulation d’exemption n’est en vigueur. Quant aux deux-roues, il n’y a rien dans la loi qui les oblige à passer ces tests de «fitness» malgré les recommandations du bureau de l’audit l’année dernière.

De plus, l’année dernière, le rapport avait fait ressortir qu’il n’y a pas de contrat qui a été signé avec les trois opérateurs privés pour les tests. Cette année, soit deux ans après l’entrée en opération des centres de fitness,  la situation n’a pas changé.

Education: mauvais élève

On ne sait pas où vont les subventions aux institutions d’enseignement supérieur 

Le rapport de l’Audit a analysé les subventions accordées aux établissements d’enseignement supérieur. Des fonds à hauteur de Rs 772,1 millions ont été accordés à des institutions telles l’Université des Mascareignes, mais elles n’ont pas remis de comptes audités. L’Audit s’inquiète de l’usage qu’elles auraient pu faire de cet argent. Les institutions d’enseignement supérieur devraient être redevables quant à ce qu’elles font de ces fonds et soumettre des comptes audités annuellement.

ONG pour enfants à besoins spéciaux: pas de vérification

Au niveau des Special Education Needs, le ministère opère une SEN unit pour ces élèves à besoins spécifiques de 16 à 20 ans pour les inclure dans le système éducatif. Pour cela le ministère a mise sur pied six SEN Ressources and Development Centers, en collaboration avec des ONG. Il y a 53 ONG qui gèrent des écoles pour enfants à besoins spéciaux pour 2 285. Le ministère leur accorde une allocation per capita de Rs 107 millions par trimestre. Mais il ne vérifie pas ces chiffres et aucun accord n’a été signé avec ces ONG pour s’assurer de la bonne gestion des fonds accordés. L’Audit recommande des visites régulières dans ces écoles et la signature d’un protocole d’accord.

Construction et extension des collèges: retard d’un entrepreneur récidiviste

Pour accommoder les nouveaux élèves dans les State Secondary Schools régionaux, le ministère a décidé de construire 12 salles de classe supplémentaires et des toilettes dans sept établissements, pour Rs 525 millions sur deux années financières. Pour ces travaux, le ministère a accordé sept contrats. Un entrepreneur a bénéficié de trois des sept contrats, pour Rs 87,3 millions, alors qu’il n’avait pas fait ses preuves lors d’un précédent contrat. Par conséquent, il a à nouveau échoué à délivrer dans les délais impartis, tous les projets ont été retardés. L’Audit note aussi de grandes différences de montant pour les mêmes types de travaux dans différents collèges.

La Wastewater Management Authority mauvais payeur

De 2013 au 11 août 2017, le gouvernement a alloué huit prêts totalisant Rs 4,5 milliards à la Wastewater Management Authority (WMA). De plus, pour l’année financière 2017-18, le ministère des Services publics a octroyé Rs 364 millions supplémentaires à l’entité parapublique.  

Mais jusqu’à présent, l’entité parapublique n’a pas commencé les remboursements. Ni les intérêts ni les pénalités n’ont été payés. Au 30 juin 2018, la totalité des intérêts et pénalités que la WMA devait s’élevait à Rs 479,5 millions. 

Les Dams qui posent problème

De 2013 à 2017, le ministère a reçu 41 demandes d’extensions pour la date de livraison du projet de Bagatelle Dam. Le coût a augmenté de Rs 3,06 milliards dans ce laps de temps. Quant au Bagatelle Treatment Plant, Rs 1 milliard a déjà été payé mais à cause des contestations, le projet a pris du retard. 

Quant au Rivière-des-Anguilles Dam, Rs 184.6 millions ont déjà été dépensées.

 

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