Joaninha: les rafales dépassent les 180km/h

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Rodrigues a commencé à ressentir les conditions cycloniques depuis hier. [Photos: Ann-Carleen Gentil et Rodrigues Emergency Operations Command]

Rodrigues a commencé à ressentir les conditions cycloniques depuis hier. [Photos: Ann-Carleen Gentil et Rodrigues Emergency Operations Command]

A 10 heures ce mardi 26 mars, Joaninha était à 70 km de Rodrigues, et les conditions cycloniques perdurent. Le cyclone avance à une vitesse de 10km/h et continue de s’approcher de l’île. Des rafales de 184km/h ont été ressenties à Patate Theophile. L’alerte 4 a été maintenue. 

Vent destructeur, fortes vagues, importantes précipitations… Les éléments n’épargnent pas l’île autonome qui était en alerte de classe 4 hier, lundi 25 mars. Plusieurs centaines d’habitants ont trouvé refuge dans des abris. Le cyclone devrait passer à son point le plus proche au cours de la journée.

Rodrigues se remettait à peine du passage de Gelena et voilà qu’un mois et demi plus tard un autre cyclone tropical frappe l’île de plein fouet. Joaninha passera à son point le plus rapproché de l’île au cours de la journée d’aujourd’hui alors que depuis 13 heures hier, Rodrigues subissait déjà l’assaut de ses fortes rafales. Elle devrait se transformer en un cyclone tropical intense dès ce matin.

Rodrigues a commencé à ressentir les conditions cycloniques depuis hier. [Photos: Ann-Carleen Gentil et Rodrigues Emergency Operations Command]

«Joaninha montre des signes d’intensification. Le centre qui était moins défini dimanche soir commence à prendre forme», explique un météorologue de Vacoas. La plus forte rafale enregistrée à Patate Theophile, au nord-ouest de l’île, était de 184 km/h. À 10 heures ce matin, il était à 70 km de Rodrigues.

Météo France et les Américains du Joint Warning Typhoon Centre confirment que le cyclone s’intensifiera pour ensuite s’affaiblir quand il passera à quelques kilomètres de Rodrigues. Malheureusement, il est attendu que Joaninha passe à environ 30 kilomètres de Rodrigues alors que le vent près du centre souffle à 250 km/h. Pire, le cyclone se déplace très lentement, c’est-à-dire à environ 10km/h kilomètres par heure. Donc, pendant une longue période, Rodrigues subira l’effet du vent destructeur.

«Il y a des accumulations d’eau à divers endroits. La situation va s’aggraver.»

De plus, le cyclone est porteur de pluie, comparé à Gelena. La terre à Rodrigues est déjà saturée d’eau en raison des fortes précipitations de la semaine dernière. «Il y a des accumulations d’eau à divers endroits. La situation va s’aggraver», annonce le météorologue. Par ailleurs, étant donné l’intensité du cyclone, de fortes houles sont attendues.

La marée de tempête (la montée des eaux) risque d’inonder la côte et les routes côtières. D’ailleurs, plusieurs routes sont déjà impraticables. À titre d’exemple, les radiers sont totalement couverts. De Rivière-Coco à Port-Mathurin, il y en a plusieurs qui sont recouverts d’eau, selon un habitant.

Rodrigues a commencé à ressentir les conditions cycloniques depuis hier. [Photos: Ann-Carleen Gentil et Rodrigues Emergency Operations Command]

Quant aux dégâts, depuis hier, les fortes rafales ont endommagé quelques fils de haute tension. D’après l’ASP Max Raboude, responsable du Rodrigues Disaster Risk Reduction and Management Council, trois quarts de la population n’avaient pas d’électricité à hier après-midi.

«Ville fantôme»

Les Rodriguais sont conscients du danger qui les guette. Ann-Carleen Gentil, correspondante de l’express à Rodrigues, affirme que depuis samedi, les habitants de l’île ont pris leurs précautions. «Port-Mathurin était une ville fantôme aujourd’hui (NdlR, lundi). Les pêcheurs ont déjà mis leurs barques à l’abri.»

Ils sont nombreux ceux qui n’ont pas attendu le dernier moment pour chercher refuge dans les emergency centres. Selon le Rodrigues Disaster Risk Reduction and Management Council, 416 personnes se trouvent déjà dans les 33 abris mis à leur disposition. «Les pompiers, la police, des éléments de la Special Mobile Force et le personnel de l’hôpital sont mobilisés», dit le haut gradé de la police.

À ce stade, ajoute le météorologue de Vacoas, il est difficile de comparer Joaninha à un autre cyclone car il pourra évoluer encore. Gelena, quant à lui, s’était affaibli alors qu’il passait à 50 km au sud-ouest de l’île. Le vent le plus fort enregistré était de 165 km/h.


Les rafales (pointage de 10 heures)

Montagne-du Sable 167 km/h
Pointe-Canon 161 km/h
Patate-Theophile 184 km/h
Plaine-Corail 178 km/h
Citronelle 159 km/h

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