Israël: une roquette tirée de Gaza fait sept blessés près de Tel-Aviv

Avec le soutien de
Une maison frappée par un tir de roquette à Mishmeret, au nord de Tel-Aviv, le 25 mars 2019

Une maison frappée par un tir de roquette à Mishmeret, au nord de Tel-Aviv, le 25 mars 2019

Une roquette tirée dans la nuit de la bande de Gaza a frappé une maison au nord de Tel-Aviv, une frappe qui a fait sept blessés légers et à laquelle le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis de répondre «avec force».

Ce tir de roquette, extrêmement rare d’une telle portée, réveille le spectre d’une nouvelle confrontation armée entre Israël d’un côté, le mouvement islamiste Hamas qui dirige sans partage la bande de Gaza et ses alliés de l’autre.

Il intervient en pleine campagne électorale israélienne, dans l’optique des législatives du 9 avril. Signe de la gravité de cette attaque pour Israël, M. Netanyahu a annoncé qu’il écourtait sa visite tout juste entamée aux Etats-Unis et qu’il rentrerait aussitôt après avoir été reçu par le président Donald Trump lundi. Il devait initialement dîner à nouveau avec M. Trump mardi.

Un organisme relevant du ministère de la Défense israélien a annoncé la fermeture des points de passage pour les personnes et les biens entre Israël et l’enclave coincée entre Etat hébreu, Egypte et Méditerranée et éprouvée par les guerres, la pauvreté et les blocus israélien et égyptien.

L’armée israélienne répond systématiquement aux tirs de roquettes en provenance de Gaza en frappant des positions militaires du Hamas, d’autant plus vigoureusement quand elles atteignent des zones civiles.

Aucune frappe israélienne n’avait été rapportée en début de matinée sur la bande de Gaza, où on s’attend cependant à la riposte, selon les journalistes de l’AFP sur place.

Israël et le Hamas se sont livré trois guerres dans la bande de Gaza depuis que le mouvement islamiste, qui refuse d’admettre l’existence d’Israël, y a pris le pouvoir par la force en 2007 après que la communauté internationale eut refusé de reconnaître sa victoire choc aux élections parlementaires palestiniennes.

Les deux camps ont à nouveau frôlé la guerre en 2018. Après un cessez-le-feu informel en novembre et à l’approche du premier anniversaire d’une mobilisation appelée «Grande marche du retour», les tensions n’ont cessé d’augmenter ces dernières semaines autour de l’enclave.

Dans la nuit, une roquette a frappé une maison à Mishmeret, au nord de Tel-Aviv, provoquant un incendie, selon la police et les secours.

Quatre adultes et trois enfants, dont un bébé de six mois, ont été hospitalisés, a dit l’hôpital de Kfar Saba. Six appartiennent à la même famille et souffrent de brûlures et de blessures légères par éclats.

Mishmeret est situé à plus de 80 km de la bande de Gaza.

Le Premier ministre israélien, à Washington au moment de la frappe, a annoncé lundi qu’il allait écourter sa visite et rentrer aussitôt après avoir été reçu par le président Donald Trump.

«Une attaque criminelle a été commise contre l’Etat d’Israël, et nous allons y répondre avec force», a dit M. Netanyahu dans une vidéo diffusée par ses services.

«J’ai décidé, au vu des évènements sécuritaires, d’écourter ma visite aux Etats-Unis. Dans quelques heures, je rencontrerai le président Trump et juste après, je reviendrai en Israël pour diriger de près nos opérations», a-t-il déclaré.

Anniversaire à hauts risques

La visite de M. Netanyahu devait l’aider à renforcer encore sa stature internationale alors qu’il fait campagne pour les législatives.

Pour leur troisième rencontre à Washington, M. Trump, qui a multiplié les gestes pro-israéliens depuis son intronisation en 2017, doit offrir au Premier ministre un cadeau de taille: l’officialisation de la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté israélienne sur la partie du plateau du Golan syrien occupée et annexée par l’Etat hébreu.

Le dernier sérieux accès de fièvre en date à Gaza remontait à mi-mars seulement quand Israël avait conduit une centaine de frappes contre des positions du Hamas, dont un important site souterrain de fabrication de roquettes, en représailles à des tirs de roquettes vers son territoire, dont la capitale économique et culturelle Tel-Aviv.

Quatre Palestiniens avaient été blessés lors de ces frappes.

Cependant, la presse israélienne avait indiqué que les roquettes de type Fajr pourraient être parties malencontreusement en direction de Tel-Aviv lors d’une intervention de maintenance.

Le nouvel accès de tensions survient quelques jours seulement avant le 30 mars, 1er anniversaire de la «Grande marche du retour», mobilisation contre le blocus israélien et pour le droit des Palestiniens à retourner sur les terres qu’ils ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d’Israël en 1948.

Cet anniversaire doit donner lieu à une importante mobilisation palestinienne.

Depuis mars 2018, au moins 258 Gazaouis ont été tués par des tirs israéliens, la grande majorité lors de manifestations, souvent accompagnées de violences, le long de la frontière, d’autres dans des frappes israéliennes en représailles à des actes hostiles en provenance de Gaza.

Deux soldats israéliens ont été tués depuis cette date.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires