Entre «gilets jaunes» et grand débat, CGT et FO veulent faire entendre leur voix

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Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez lors de la manifestation du 5 février 2019.

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez lors de la manifestation du 5 février 2019.

CGT et FO, qui ont boycotté le grand débat, tenteront de faire entendre mardi leurs revendications sur le pouvoir d’achat lors d’une journée d’action qui se déroule trois jours après les violences des «gilets jaunes» et une manifestation massive pour le climat.

Solidaires, la FSU et les organisations de jeunesse Unef (étudiants) et UNL (lycéens) ont également appelé à participer à cette mobilisation nationale interprofessionnelle qui touchera aussi bien le public que le privé afin d'«amplifier le mouvement social». Le Parti communiste a également annoncé sa participation.

Les trois-quarts des Français (73%) soutiennent ce mouvement, selon le baromètre des services publics Odoxa pour la Banque Française Mutualiste, l’Obs, France Inter et la presse régionale. Mais seuls 12% prévoient d’y participer.

A Paris, les manifestants défileront du boulevard Saint-Michel au Champ-de-Mars à partir de 13H00, avec en tête Philippe Martinez pour la CGT et Yves Veyrier pour FO.

Éclipsés depuis quatre mois par les «gilets jaunes» et n’ayant pas participé au grand débat initié par l’exécutif, les deux syndicats espèrent revenir au premier plan par les manifestations et les grèves.

«Nous ne voulons pas être spectateurs, ni caution de décisions qui pourraient être prises en matière sociale à l’issue du grand débat», a expliqué Yves Veyrier, qui juge nécessaire de «réhabiliter la grève», pas utilisée par «les gilets jaunes», alors «qu’elle permet d’obliger les employeurs à se mettre autour de la table».

De même, la CGT veut «placer le débat où il doit être», notamment par «des actions dans l’entreprise et dans la rue» quand «depuis plusieurs semaines, les questions de pouvoir d’achat (et donc des salaires), de justice fiscale, d’accès aux services publics sont clairement posées».

«Nous devenons un pays de bas salaires. Le gouvernement a la main sur la question du Smic qui doit augmenter», a dit sur France Info mardi Philippe Martinez. Il a aussi demandé de «supprimer la TVA sur les produits de première nécessité» et que «l’impôt soit plus progressif sur les très hauts revenus».

Lors de la dernière journée le 5 février, le ministère de l’Intérieur avait recensé 137.200 manifestants et la CGT près de 300.000. Des militants FO étaient présents mais pas la confédération, fragilisée ces derniers mois par une crise interne avec le départ de Pascal Pavageau, prédécesseur d’Yves Veyrier.

Cette journée avait été aussi marquée par la présence pour la première fois au sein des cortèges syndicaux de «gilets jaunes», un «début de convergence» qui avait réjoui la CGT.

Grève au primaire

Sans avancer de chiffres pour ce mardi, le numéro un de FO dit avoir de «très bons échos» même si «cela aurait eu plus de force» avec la participation des autres syndicats, notamment la CFDT.

Comme les fois précédentes, le premier syndicat français, qui a fait le choix de participer au grand débat, ne s’associera pas à cette journée «dont on ne sait pas vraiment quel est le mot d’ordre», a expliqué mardi sur France Culture don numéro un Laurent Berger.

La mobilisation doit notamment être forte dans les écoles primaires où le principal syndicat, le Snuipp-FSU, s’attend à ce que quatre enseignants sur dix ne fassent pas classe pour «protester contre l’orientation de la politique éducative», et notamment le manque de moyens découlant de l’obligation de scolarisation à 3 ans. Crèches, accueils périscolaires et cantines pourraient être aussi touchés.

Dans les transports, le trafic était en revanche normal à la SNCF et quasi normal à la RATP, selon les deux entreprises.

Les syndicats de Pôle emploi ont également appelé à la grève contre les suppressions de postes.

Trois jours après les violences et les pillages sur les Champs-Elysées, le bon déroulé de la manifestation parisienne sera également suivi de près. Édouard Philippe a annoncé lundi soir l’interdiction de manifester «chaque fois qu’il le faudra», dans les quartiers «les plus touchés», «dès lors que nous aurons connaissance d’éléments ultras et de leur volonté de casser».

«La violence est un aveu de faible. Nous, nous appelons à manifester dans le calme», a réagi mardi sur RFI M. Veyrier, dénonçant les «violences inadmissibles» de samedi.

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