Aditish Oogarah: du monde des affaires à la prison

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Aditish Oogarah a été écroué le 12 mars après la saisie de 3,7 grammes de drogue synthétique sur sa personne.

Aditish Oogarah a été écroué le 12 mars après la saisie de 3,7 grammes de drogue synthétique sur sa personne.

Il répond d’une accusation provisoire de trafic de drogue et est détenu à la prison centrale de Beau-Bassin. Aditish Oogarah, fils de Nandanee Soornack et de Sanjeev Oogarah, a été appréhendé par les policiers de l’Anti Drug and Smuggling Unit le 12 mars alors qu’il marchait à Floréal en compagnie de sa concubine. Que s’est-il passé pour que ce businessman se retrouve derrière les barreaux ?

Déjà, pour Aditish Oogarah, son arrestation n’est que par pure «vengeance politique». C’est d’ailleurs ce que l’on lance également dans l’entourage proche de Nandanee Soornack. La femme d’affaires, dit-on, pense que l’arrestation de son fils vise à l’atteindre personnellement… Sur une base émotionnelle.

Sur le jeune homme, les policiers ont découvert 3,7 grammes de drogue synthétique. Après une perquisition à son domicile, aux appartements du Diplomat Garden, les policiers ont mis la main sur 13, 30 grammes de cannabis. Le tout: d’une valeur marchande de Rs 13 500.

Du côté des membres de la famille maternelle, l’on semble toutefois laisser comprendre que les fréquentations du jeune homme ont possiblement causé sa perte. «Il y a aussi l’influence des autres. C’est chagrinant parce que c’est un enfant de chez nous. Nous l’avons vu grandir. Mais il y a peut-être du positif qui peut sortir de cette histoire. Nous allons surmonter cela ensemble encore une fois», soutient notre source.

Mais qui est Aditish Oogarah ? L’homme a notamment fait parler de lui lors de la fermeture d’Airway Coffee, restaurant qu’il gérait, aux côtés de sa tante, depuis le départ de sa mère pour l’Italie en 2014. Plus récemment, en 2018, la National Property Fund Ltd lui a réclamé Rs 3 millions pour dettes impayées.

Aditish Oogarah, appelé affectueusement Adi par ses proches, a toujours affiché une complicité avec sa mère qu’il appelait «madam-la» dans les conférences de presse qu’il animait au nom de la direction d’Airway Coffee à l’époque. «Je n’ai fait aucune erreur… je  vis dans la simplicité», avait-il affirmé en 2016, lorsqu’il avait été interrogé par l’express sur la façon dont il gérait la crise que traversait sa mère.

Élève moyen, Aditish Oogarah a bénéficié de l’ascension sociale qu’a connue Nandanee Soornack depuis les années 2000. Lorsque celle-ci s’est rapprochée du Parti travailliste. Forte de ses liens avec la politique, elle devient petit à petit une des femmes les plus puissantes de l’île. Elle avait pour associé l’homme d’affaires Rakesh Gooljaury. Celui qui a d’ailleurs changé de couleur politique au fil du temps et au cours de ses nombreux démêlés avec la justice.

Ses débuts en affaires, Aditish Oogarah les fera dans une des entreprises de Rakesh Gooljaury à Quatre-Bornes. Il fera par la suite des déplacements à Londres pour les affaires. Une fois de retour à Maurice, en 2009, il fonde avec sa mère Airway Coffee. Avant que Rakesh Gooljaury ne se joigne à eux.

Un ancien employé d’Airway Coffee explique qu’il était très proche d’Aditish Oogarah. Les deux s’étaient liés d’amitié et cela a duré deux ans. En tant que manager, l’ex-employé avance qu’il était «professionnel». «Mé kouma tou direkter, li ti pik kriz», se souvient-il.

En 2016, alors qu’Airway Coffee est en liquidation, Aditish Oogarah ouvre son propre business à Port-Louis. Il s’agit d’une supérette qui a pour nom Hearty. Elle ferme quelques mois seulement après son ouverture…

Aditish Oogarah essuie désormais un plus grand revers. Les membres de sa famille maternelle affirment toutefois qu’il peut compter sur leur soutien. «C’est la première fois que la famille fait face à ce genre de problème. Nous sommes toujours aussi soudés qu’avant. Nous ne lui avons pas parlé mais nous étions à la cour mercredi, nous l’avons vu. C’est dommage ce qui lui arrive mais nous laissons la police faire son travail. Que cela serve de leçon aux jeunes», indique une de ses proches contactée par l’express, hier. Avant de préciser que la famille n’a jamais «rien vu, ni rien entendu de compromettant au sujet d’Adi».

Quant aux avocats d’Aditish Oogarah, Me Siddhartha Hawoldar et Me Devina Deonarain, ils maintiennent que leur client nie la charge retenue contre lui. Ils présenteront une motion pour sa remise en liberté.

«La mère parlera bientôt»

L’express a également tenté de joindre Nandanee Soornack qui se trouve toujours en Italie. Se refusant de tout commentaire, elle nous a demandé de contacter son avocat Me Raj Boodhoo. «Elle donnera bientôt une déclaration. Cette affaire concerne son fils et il n’est pas mon client. Je peux juste dire que la mère parlera bientôt», soutient l’avocat. Quel est l’état d’esprit de Nandanee Soornack ? À cette question l’avocat répondra qu’elle a pu surmonter son arrestation et une demande d’extradition en 2016. «C’est une femme forte. L’épreuve qu’elle vit à présent est tout aussi dure que celle de 2016 mais elle va la surmonter», poursuit l’homme de loi.

 Sanjeev Oogarah : «cela ne m’inquiète nullement… »

Nous avons également sollicité Sanjeev Oogarah, l’ex-époux de Nandanee Soornack et père d’Aditish Oogarah. Il affirme n’avoir rien à dire au sujet de ce qui arrive à son fils. Il nous a répondu que le jeune homme a coupé contact depuis qu’il a 18 ans et n’a jamais essayé de renouer avec lui. «Hier, j’étais au travail quand on m’a appris la nouvelle. Cela ne m’a rien fait. S’il veut choisir ce chemin, je n’y peux rien. Je ne veux même pas aller le voir. Adressez-vous à sa mère», a répondu Sanjeev Oogarah.

Trois ans de prison et Rs 100 000 d’amende

Quelle est normalement la condamnation lorsqu’une personne est retrouvée avec une quantité de drogue comme celle en possession d’Aditish Oogarah ? Des avocats au pénal sollicités hier, seul Raouf Gulbul était disponible pour y répondre. «La loi prévoit une amende ne dépassant pas Rs 100 000 et une peine d’emprisonnement ne dépassant pas trois ans», a-t-il répliqué.

Pourquoi est-il détenu à la prison centrale ?

Cette question est sur les lèvres des proches d’Aditish Oogarah depuis son arrestation. «Il n’aurait pas dû être détenu à la prison centrale», soutiennent-ils. Selon une source à la brigade anti-drogue, cette procédure est normale car une fois l’enquête complétée, le suspect doit être transféré à la prison et c’est à ses avocats de débattre de sa motion de remise en liberté. «Si les policiers n’avaient pas terminé de prendre sa déclaration, il aurait été reconduit en cellule policière.» L’inspecteur Shiva Coothen du Police Press Office confirme les dires de notre source. À ce stade, seule la police a pu fournir une explication. Nous avons tenté d’obtenir un éclairage du commissaire des prisons, mais il était injoignable hier.

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