Histoire: Madagascar dans les plis de notre quotidien

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La Grande Île est peut-être à deux heures d’avion, mais elle est plus proche de nous qu’on ne le croit. Clin d’oeil alors que le président malgache est l’invité d’honneur des célébrations du 12 mars.

«Enorme». C’est ainsi que l’historien Jocelyn Chan Low parle des diverses facettes malgaches du quotidien mauricien. Cela même si, «les travaux scientifiques manquent à ce sujet. Nous sommes tellement obnubilés par l’Afrique qu’il n’y a pas encore eu un retour vers Madagascar».

Il cite d’abord Pier Larson, historien américain pour qui 50% des esclaves qui sont venus à Maurice étaient des Malgaches. «Il dit que c’était majoritairement des Merina», des gens des hauts plateaux de la Grande Île, avec une «culture afro-asiatique ». Jocelyn Chan Low explique que les Malgaches sont partis de la baie d’Antongil, de l’île de Sainte Marie, mais aussi du port de Tamatave. Rappelons que des engagés malgaches sont passés par le site de débarquement qu’est l’Aapravasi Ghat.

Andry Rajoelina, président malgache.

Leur influence s’entend dans la langue créole. «Certains parlent d’intonations» qui se ressemblent. «On a aussi rapproché le zézaiement au Betsimisaraka». Ensuite, comme en atteste le Diksioner Morisien, des tas de mots ont des origines malgaches. L’historien Jocelyn Chan Low cite, «voeme» et «tanrec». L’héritage malgache s’étend, dit-il, aux techniques de pêche au casier jusqu’aux feuilles de ravenale utilisées pour recouvrir les toits.

L’historien regrette aussi, «tout ce que nous avons perdu». Notamment le culte des ancêtres, caractéristique de la culture malgache. L’une des croyances fortement ancrée, c’est qu’il fallait être enterré dans la terre des ancêtres. Sinon on devient des «nam», des âmes errantes. «Mais quand on est loin, on ne peut pas refaire ces pratiques. C’est aux anthropologues d’étudier cela.» Certains récits expliquent que c’est cette croyance qui poussait les esclaves Malgaches au marronnage, pour regagner leur île natale. Des descriptions de voyageurs au 18e siècle disent aussi l’attachement des Malgaches présents à Maurice, à leurs amulettes ou gris-gris.

L’historien Jocelyn Chan Low parle également des tombes à Camp Malgache, près de Trou-aux-Cerfs. Des tombes qui par leur alignement, racontent leur filiation à la Grande Île. «Dans la culture malgache, la mort n’est pas une finalité. On retrouve cela dans certaines veillées mortuaires, là où on «bat kart», où on s’amuse».

Dans la cuisine

Comme à Madagascar, qui ambitionne d’être le grenier de l’océan Indien, notre aliment de base est le riz. L’un des plats emblématiques est le romazav, un bouillon de viande de zébu et de brèdes mafana, que le cuisinier Guy Félix avait adapté avec des brèdes de Chine, dans une version locale. Madagascar est une source d’approvisionnement en produits de la mer. N’étant pas producteur de maïs, Maurice en a importé pour quelque 95 millions de kilos en 2016 au coût de Rs 680,2 millions contre 109,5 millions de kilos en 2017 pour un montant de Rs 742,7 millions. Du maïs malgache pour des besoins alimentaires mais aussi pour la provende notamment pour l’aviculture. Maurice a déjà importé de la pomme de terre et des oignons de la Grande île. Autre secteur d’importation conséquente: le textile-habillement et le bois.

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