Pertes de Rs 1 milliard: comment les nouveaux avions vident les caisses d’Air Mauritius

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L’arrivée de l’A350, Le Morne Brabant, en octobre 2017 a également marqué la venue de problèmes financiers.

L’arrivée de l’A350, Le Morne Brabant, en octobre 2017 a également marqué la venue de problèmes financiers.

Plus de 1,2 million de dollars américains (approximativement Rs 42 millions au taux de change du jour) par mois. C’est le montant que doit trouver Air Mauritius (MK) pour chacun des deux A350 déjà livrés. Ce qui fait un total de près de Rs 84 millions par mois et plus de Rs 1 milliard par an pour les deux avions. Et ce prix grimpe comme il n’est pas fixé.

A contrario, les gros-porteurs A340, que les nouveaux appareils remplacent, ne coûtaient que Rs 294 millions par an pour deux appareils. Ce qui fait que MK doit trouver un budget additionnel pour se payer deux avions flambant neufs pour remplacer deux A340 vieillissants. Ce qui pèse lourd annuellement. Et ce n’est pas tout. Quatre autres A350 sont compris dans ce contrat. Ajouter à cela, les deux A330 neo dont l’acquisition a été paraphée en février 2017.

Cette situation expliquerait mieux les pertes de Rs 1 milliard du transporteur national, pour les neuf premiers mois de l’année financière 2018/2019, que «la hausse du prix du carburant», mise en avant par MK face à la presse le mois dernier. Des actionnaires avisés se préparent déjà au pire pour le bilan financier annuel après la clôture de l’année financière, le 30 avril. C’est ce qui explique pourquoi la société étatique revoit son plan d’achat d’avions actuellement.

Pendant ce temps, Arjoon Suddhoo, président du conseil d’administration de MK, qui tire sa révérence à la veille de la fermeture des comptes, se défend dans les colonnes de la dernière édition de l’express dimanche. «Les résultats financiers d’Air Mauritius n’ont rien à voir avec ma nouvelle nomination.» En poste depuis mars 2015 (après un premier passage de 2001 à 2005), il occupera, avec l’aval du Conseil des ministres, les fonctions de Deputy Secretary General du Commonwealth Secretariat, à Londres.

Malgré ses explications, le fait demeure qu’Arjoon Suddhoo quitte le transporteur national en pleine zone de turbulences. Il s’agit de la seconde perturbation en quatre ans, où le président en partance de MK explique et justifie des pertes de Rs 1 milliard. La première, en 2015 pour les résultats annuels et l’autre, le 14 février dernier, pour le bilan financier sur neuf mois. Poursuivant sur la même lancée, il a cette fois aussi annoncé que MK va revoir son Business Plan. Exactement ce qu’il avait déclaré face à la presse en 2015.

À ce moment-là, les services du cabinet-conseil Seabury venaient d’être retenus deux ans seulement de cela, à ces mêmes fins. Une expertise avec les résultats que l’on connaît, suivant le fameux 7-Step Recovery Action Plan de l’ex-Chief Executive Officer André Viljoen, qui prévoyait une croissance de profits. Prévision qui a mené à l’acquisition de six A350 900, un modèle à ce moment-là ni encore commercialisé ni en opération.

Au contraire de Betamax et de BAI, les promesses électorales de l’Alliance Lepep de revoir les contrats signés pour un tel achat n’ont pas eu de suite. Pour des avisés qui connaissent ce dossier, il était encore temps comme les avions n’étaient pas encore en construction. C’est maintenant, près de cinq ans après, que pression est faite pour revoir ce contrat.

Sollicité au téléphone hier, Arjoon Suddhoo, après nous avoir demandé de le rappeler, est demeuré injoignable.


MK rompt son abonnement à «Business Magazine»

MK n’a pas renouvelé son abonnement annuel à «Business Magazine». Interrogée hier, Shenaz Busguth, «Business Unit Manager» de Business Publications Ltd, se dit triste qu’après 15 ans de partenariat, MK prenne une telle décision.

«L’explication que j’ai reçue, c’est que le magazine en format papier pèse trop lourd et que MK se dirige désormais vers les versions numériques», explique-t-elle. Shenaz Busguth, avec son équipe, travaille à cet effet sur une formule de téléchargement payant de la version numérique.

Raj Ramlugun en appelle à des «Sauveurs» pour MK

«Je savais à quoi m’attendre en osant écrire des vérités. Est-ce qu’en me mettant au ban, cela va aider MK, ou servir plutôt à faire peur aux employés ?» Le contrat de Raj Ramlugun en tant que consultant chez Airmate a été résilié, le 28 février, après qu’il a envoyé au Premier ministre, Pravind Jugnauth, et à la presse, une longue lettre de dénonciations ayant, selon lui, mené au gouffre financier dans lequel s’est enlisé le transporteur national.

Il percevait près de Rs 30 000 par mois pour cet emploi à temps partiel. Poste qu’il avait accepté en juillet 2017. Son premier contrat avait pris fin le 30 juin 2018 et il en avait signé un autre en décembre 2018. Raj Ramlugun dit s’attendre dorénavant à une réaction ferme et sans équivoque de la part du chef du gouvernement pour que «prime d’abord l’intérêt de la société étatique et pas celui des businessmen ou syndicalistes». 

Pour cela, il souhaite que «des personnes se manifestent et démontrent leur intérêt à sauver la compagnie». Si elles ne peuvent le faire, poursuit-il, «dommage, la même situation va perdurer». Au sujet du départ annoncé du président de MK, Raj Ramlugun se demande si c’est une coïncidence que ce dernier parte après sa lettre. «Au moins il y a eu une action, intentionnelle ou pas. Par contre, il ne peut pas partir comme ça, avec des biens à vie, sans rendre des comptes. Cela s’applique à n’importe quel président. Il parle de sa nouvelle fonction. Ce n’est pas ce qui nous intéresse. Le CEO aussi doit prendre ses responsabilités.»

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