La Chine annonce «une bataille» pour défendre sa croissance

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Des ouvriers sur le chantier du nouvel aéroport de Pékin-Daxing, le 1er mars 2019.

Des ouvriers sur le chantier du nouvel aéroport de Pékin-Daxing, le 1er mars 2019.

Visée par les sanctions commerciales des Etats-Unis, la Chine s’est dite prête mardi à «livrer bataille» pour défendre sa croissance économique, tombée l’an dernier à son plus bas niveau depuis 28 ans.

Prenant la parole à l’ouverture de la session annuelle du parlement, le Premier ministre Li Keqiang a annoncé une série de mesures de relance en réponse à une croissance attendue en légère baisse cette année.

Le PIB chinois croîtra entre 6% et 6,5% en 2019, en très léger repli par rapport au score réalisé en 2018 (6,6%), a annoncé M. Li aux près de 3.000 députés de l’Assemblée nationale populaire, réunis jusqu’au 15 mars dans le cadre imposant du Palais du peuple à Pékin.

«La conjoncture tant nationale qu’internationale a fait basculer notre développement dans un environnement d’une grande dureté et complexité», a reconnu le chef du gouvernement, alors que les Etats-Unis ont imposé des droits de douane punitifs sur des centaines de milliards de dollars de produits chinois.

«Nous devons nous armer pour livrer une bataille des plus âpres», a-t-il averti, comme en écho au président Xi Jinping, qui a mis en garde fin janvier les cadres du Parti communiste chinois (PCC) contre «les risques imprévus qui pourraient surgir dans le domaine économique».

Le président chinois, qui avait obtenu il y a tout juste un an la levée de la limite de deux mandats présidentiels, apparaît cette fois confronté à des difficultés à l’intérieur comme à l’extérieur, obligeant son régime à soutenir davantage l’économie.

- Hausse du déficit -

L’augmentation du déficit «répond au besoin de ménager une marge de manoeuvre politique suffisante pour maîtriser les risques susceptibles de surgir dans les temps à venir», a reconnu mardi son Premier ministre.

Le budget qu’il a présenté prévoit une baisse de 2.000 milliards de yuans (environ 260 milliards d’euros, soit environ 2% du PIB) des impôts et des charges sociales sur les entreprises.

La TVA va baisser de trois points, de 16% à 13% pour les produits industriels et de 10% à 9% pour des secteurs tels que les transports et le bâtiment.

Au total, le budget de l’Etat et des collectivités locales pour 2019 se traduit par une légère hausse de 0,2 point du déficit budgétaire, à 2,8% du PIB.

Pékin doit ainsi limiter ses dépenses: le budget militaire augmentera de 7,5% cette année, une hausse inférieure à celle de l’an dernier (+8,1%).

Les annonces du gouvernement ont été bien reçues sur les places boursières: Shanghai a pris 0,88% et Shenzhen 2,28%, même si le cabinet Capital Economics doute que l’économie chinoise parvienne à atteindre réellement les 6% de croissance cette année.

Si la guerre commerciale avec les Etats-Unis n’a guère entamé le dynamisme des exportations du géant asiatique, la perspective d’un affrontement durable avec l’Amérique de Donald Trump pèse sur la confiance des entreprises chinoises et sur les décisions d’investissement.

L’activité est aussi freinée par la lutte du pouvoir contre l’endettement et les risques financiers.

- Investissements étrangers -

Les autorités ont ainsi assuré qu’il n’était pas question d’opter pour un grand plan de relance comme dans les années qui ont suivi la crise financière de 2008.

Pékin «promet une dose d’assouplissement mais rechigne à accorder un fort rebond du crédit, même si cela doit se traduire par une croissance plus lente», selon Capital Economics.

Les collectivités locales vont bénéficier d’une hausse des obligations spéciales qu’elles sont autorisées à émettre pour un total de 2.150 milliards de yuans (282 milliards d’euros), soit une augmentation de plus de 100 milliards d’euros.

Les négociations avec les Etats-Unis sont quant à elles «très difficiles» et «il reste encore beaucoup à faire», a averti mardi le ministre du Commerce, Zhong Shan, alors que, selon la presse, américaine un accord pourrait être signé par les présidents Xi et Trump fin mars aux Etats-Unis.

La session parlementaire chinoise doit voir l’adoption d’une nouvelle loi sur l’investissement étranger, en réponse directe aux pressions de Washington.

Celle-ci exige de la Chine non seulement un rééquilibrage de la balance commerciale bilatérale, mais aussi des réformes structurelles, telles que la fin des transferts de technologie imposés aux entreprises étrangères.

La Chambre de commerce de l’Union européenne (UE) à Pékin, qui a critiqué ce texte déposé, selon elle, à la va-vite pour complaire aux Américains, a accueilli avec prudence le discours de Li Keqiang, espérant qu’il «donnera un réel élan à la création d’un marché chinois équitable, bien réglementé et doté d’une dimension internationale».

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