Ecoliers: pourquoi tant de violence ?

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Les cas d’agression à l’école deviennent de plus en plus communs.

  Les cas d’agression à l’école deviennent de plus en plus communs.  

Au cours des dernières semaines, les cas d’agression dans les écoles ont été nombreux. Que ce passe-t-il dans la tête de ces gamins et pourquoi réagissent-ils de la sorte ? Même si la brigade des mineurs stipule qu’ils ont augmenté  les séances de sensibilisation dans les écoles, force est de constater que les petits agissent de plus en plus comme des grands... 

Laura était enseignante dans une école sise dans la capitale. Pour elle, ce n’est que maintenant que l’on découvre ce qui existait déjà… Ce qui a changé ? La surmédiatisation, grâce aux smartphones et aux réseaux sociaux. Etant jeune, elle a toujours voulu être proche de ses élèves «Je prenais l’enfant individuellement et j’essayais de comprendre d’où ça venait sans mettre la pression. En fait, ils ont besoin d’attention, d’une oreille pour les écouter et les prendre en considération. Il y en a qui m’ont demandée si ils pouvaient m’appeler maman…»

Au vu de son expérience, elle est d’avis que la plupart des élèves agressifs sont issus de familles recomposées. «Ils viennent de familles nombreuses, ils ont une ribambelle de frères et sœurs ou demi-sœurs et demi-frères», lâche l’enseignante. Les parents n’ont pas le temps de contrôler ce qu’ils font. «J’ai souvent vu mes élèves de grade 4 marcher dans les rues sans aucune surveillance. Un enfant  m’a dit une fois : ‘Miss mo pou kokin ou mo pou amenn kot mwa mo pou viol ou.’ Où a-t-il bien pu apprendre cela à un si jeune âge ?»

Laura avoue qu’elle en a vu de toutes les couleurs. Elle a eu affaire à des très jeunes enfants qui se battaient pendant la récréation juste pour montrer qu’ils étaient de ‘vrais mecs’. «Ceux qui se battent manque souvent d’une figure paternelle. Du coup, ils ont ce besoin de montrer qu’ils sont des hommes mais ne savent pas s’y prendre.»

Pour Laura, ceux qui sont violents sont en manque d’affection car chez eux, ils sont livrés à eux-mêmes. Ils essaient de se faire remarquer à travers la violence pour attirer l’attention sur eux. «Durant les réunions avec les parents, ben la plupart des parents ne sont pas là ! Et de nos jours, ces derniers peuvent également être agressifs envers les profs», déclare la jeune femme. Certains n’hésitent pas même à houspiller d’autres élèves. «À la maison ils négligent peut-être leurs enfants mais dès qu’une autre personne les touche, ils viennent s’en  prendre à elle. Du coup, l’élève se croit tout permis.»

Aurelie, enseignante dans une école primaire dans les hautes Plaines-Wilhems depuis, quatre ans, a vu une évolution du comportement des enfants. Elle explique que malgré l’encadrement du personnel et les rappels à l'ordre, les enfants n’en font qu’à leur tête. «Les plus petits, ça va encore, à quelques exceptions près... C’est à partir de grade 3 qu’ils deviennent plus turbulents. Et ceux en grade 5 et 6, zot révolté», déplore la jeune femme de 29 ans.

Cependant, dans l’établissement où elle enseigne,  elle a remarqué que ce n’est pas nécessairement  des enfants venant des familles à problèmes. «Il y en a qui ont un bon encadrement familial mais qui choisissent cette voix. Allez savoir pourquoi…»

Brian, lui, a 23 ans. Aujourd’hui comptable dans une boîte, à Ebène, était auparavant une des petites terreurs de son école primaire, il y  17 ans de cela. Il se rappelle encore le nombre de fois où il a dû subir des punitions à coups de règle ou encore les maintes fois où ses parents ont dû se présenter dans son école parce qu’il avait commis une frasque. «J’étais le fauteur de trouble de ma classe. Je cassais les vitres, rayais les voitures de mes professeurs et j’allais même jusqu’à mettre les crottes de chien dans le sac de mes amis», avoue-t-il en riant.

Brian se souvient aussi d’avoir fait pleurer une prof et d’avoir envoyé un de ses camarades à la clinique. «J’avoue que j’étais vraiment turbulent mais il faut que les gens sachent que cela ne venait pas de mon milieu familial. Li ti dan mo mem sa. Mo kontan fer dezord. Ma maman été une mère au foyer à l’écoute et mon père facteur…»

Ce dernier n’a pas honte de dire qu’il était un ange  à la maison et un petit diable sur les bancs de l’école. «Je ne faisais pas exprès, je n’aimais pas l’école…»

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