L’intervention: un film d’action roublard et efficace

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L'Intervention est un film franco-belge réalisé par Fred Grivois, sortie en 2019. Il s'inspire très librement de la prise d'otages de Loyada survenue près de Djibouti en 1976.

L'Intervention est un film franco-belge réalisé par Fred Grivois, sortie en 2019. Il s'inspire très librement de la prise d'otages de Loyada survenue près de Djibouti en 1976.

Résumé, 1976 à Djibouti, dernière colonie française. Des terroristes prennent en otage un bus d’enfants de militaires français et s’enlisent à une centaine de mètres de la frontière avec la Somalie. La France envoie sur place pour débloquer la situation une unité de tireurs d’élite de la Gendarmerie. Cette équipe, aussi hétéroclite qu’indisciplinée, va mener une opération à haut risque qui marquera la naissance du GIGN.

La note : 7/10

Du genre et rien que du genre. Pour son second film après La résistance de l’air, Fred Grivois ne cherche pas à donner dans la leçon d’Histoire, même s’il s’intéresse à des faits réels dans l’inspiration (la prise d’otages de Loyada, à Djibouti, par des indépendantistes qui souhaitent le rattachement du pays à la Somalie…), tout en limitant les informations (géo)politiques.

L’intention du cinéaste est double. Il s’agit évidemment de rendre hommage aux hommes de l’ombre du GIGN, et ensuite de dépeindre une longue séquence de suspense et d’action purs, plutôt que de s’étendre sur la réalité géopolitique complexe de cette partie de l’Afrique où la présence de la France, en 1976, est contestable. On y voit toutefois les bévues des préfets et de l’exécutif, tous incapables de prendre des décisions et d’autoriser l’assaut du bus par leur unité d’intervention, ces jeunes gendarmes du GIGN qui vont s’avérer être des tireurs… d’élite, au sens premier.

Cela étant dit, la dichotomie un peu simplette blancs (gentils colons)/noirs (méchants indépendantistes), dans un jeu de guerre effroyable, n’est pas des plus faciles à avaler. Pourtant, le réalisateur essaie de trouver le bon équilibre, reconnaissant la valeur humaine, y compris dans le «camp somalien adverse», par le refus des gars du GIGN de considérer une victoire possible, dans pareil contexte : ils ne sont pas venus là pour tuer, mais pour sauver des vies.

En cela, le film est un bel hommage aux tireurs, à leur attitude héroïque. Ces hommes de l’ombre, méprisés par la hiérarchie et la bureaucratie (outrancièrement jouée par Josiane Balasko, qui a tout faux), risquent leurs vies dans des conditions d’action inhumaine, et ne sous-estiment jamais le prix de chaque vie qu’ils vont ôter dans le camp ennemi. Ce ne sont donc pas des machines à tuer, incapable de réfléchir et de recourir à leur libre arbitre.

Loin des thrillers géopolitiques comme Mensonges d’État, de Ridley Scott, ou des blockbusters survoltés comme La chute du faucon noir, du même Ridley Scott, avec des moyens incommensurables, L’intervention propose un duel au soleil intimiste, malgré la vingtaine de têtes blondes prise en otage, de la présence de leur institutrice (Olga Kurylenko, pas toujours crédible) à bord du bus… et d’une armée de Somaliens, à 50 mètres de là, à la frontière.

Il faudrait comparer, dans sa démarche, ce film d’assaut à TheWall, de Doug Liman, qui mettait en scène dans le suspense absolu un duel entre un tireur irakien invisible et deux soldats américains, à peine isolés par un pan de mur en ruines… Dans le film français et celui de Doug Liman, on retrouve ce rapport au temps, au désespoir, à la survie, dans un environnement de braise où la chaleur est autant une arme qu’un simple élément contextuel.

Fred Grivois aime beaucoup le cinéma de genre et les séries B, et cela se voit avec les pauses roublardes de ses mercenaires du désert et leur manière alignée de déambuler, qui apparaît comme un clin d’oeil (un brin cliché) aux films de guerre US, ce qui empêche forcément que l’oeuvre soit perçue comme un grand film à vocation universelle, plutôt qu’un divertissement sympa pour amateurs de films d’action.

Les points forts du film sont surtout son efficacité et la maîtrise du suspense, ainsi que le charisme indéniable d’Alban Lenoir, physique et intense, au centre d’un casting intéressant, qui mérite qu’on s’y attarde. À voir pour les amateurs du genre.

Source : Internet

 
 

Fiche technique

Genre : Action, drame
Durée : 1 h 40
De : Fred Grivois
Avec : Alban Lenoir, Olga Kurylenko, Josiane Balasko, Michaël Abiteboul, Sébastien lalanne, Vincent Perez, Guillaume Labbé, David Murgia
Salles : Star Caudan, La Croisette, Bagatelle

En salles

A Star is Born

 
 

L’histoire en une ligne : La rencontre entre Jackson Maine, une star du rock sur le retour, et Ally, une jeune chanteuse de cabaret, bouleverse leurs vies, poussant l’une vers la gloire, et l’autre vers le déclin…
Genre : Drame
Durée : 2 h 20
De : Bradley Cooper
Avec : Bradley Cooper, Lady Gaga, Andrew Dice Clay, Dave Chappelle, Sam Elliott
Salles : MCine Trianon, Flacq

Bumblebee

 
 

L’histoire en une ligne : En fuite, l’Autobot Bumblebee trouve refuge en 1987 dans une petite ville balnéaire de Californie où Charlie, une ado de 18 ans, va l’aider à retrouver sa voie…
Genre : Science-fiction, aventures, action
Durée : 1 h 54
De : Travis Knight
Avec : John Cena, Hailee Steinfeld, Jorge Lendeborg Jr
Salles : Star La Croisette, Bagatelle

Alita : Battle Angel

 
 

L’histoire en une ligne : Une jeune femme au passé extraordinaire, dotée d’un corps de cyborg et de capacités de combat uniques, doit tout faire pour sauver ses amis, sa famille et le monde qu’elle a appris à aimer…
Genre : Science-fiction, action
Durée : 2 h 05
De : Robert Rodriguez
Avec : Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Connelly, Mahershala Ali, Ed Skrein, Jackie Earle Haley, Keean Johnson

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