Rafael Sayegh, un des pivots du film «Serenity»: Graine de star

Avec le soutien de
Rafael Sayegh, un des pivots du film «Serenity.

Rafael Sayegh, un des pivots du film «Serenity.

Le film «Serenity» du réalisateur britannique Steven Knight, principalement tourné à Maurice à la mi-2017, sera projeté dans les salles de cinéma Star à partir du 27 février. Un des pivots de ce thriller neo-noir est le jeune Rafael Sayegh, installé à Maurice depuis huit ans. Son rôle dans ce film hollywoodien a confirmé son désir d’être acteur.

CEUX qui ont vu le film Serenity en avant-première à New-York le 23 janvier ou encore ceux qui ont été témoins des rush tournés s’accordent à dire deux choses. Primo, que Rafael Sayegh, 13 ans, ressemble beaucoup à Matthew McConaughey, acteur oscarisé, qui tient le rôle principal dans le film. Et secundo, bien que peu de dialogues de lui aient été conservés dans la version finale de Serenity, chacune de ses apparitions fait son effet. Il faut avouer que ce jeune garçon est craquant et qu’une interview avec lui est synonyme d’une heure et demie de naturel et de spontanéité.

C’est à The Vale, dans les bureaux d’Identical Pictures Service Film Production du cinéaste et producteur Andreas Habermeyer, que nous attendent Rafael Sayegh et sa mère, Deborah, maman au foyer. Son époux, Olivier, travaille dans la finance. En sus de Rafael, les Sayegh ont deux autres enfants: Sam, 16 ans, et Lou, huit ans. S’ils sont Français d’origine, Rafael est né en Uruguay. Avant de s’installer à Maurice il y a huit ans, les Sayegh vivaient à Nice, sur la Côte d’Azur.

«Matthew McConaughey m’avait pris sous son aile…»

Rafael Sayegh est en classe de quatrième au Lycée Labourdonnais, à Curepipe. Malgré son jeune âge, il a déjà tourné dans plusieurs publicités. Si les Sayegh ont mis leurs trois enfants dans des agences de publicité, explique Deborah Sayegh, «c’est parce qu’on voulait leur faire vivre des expériences nouvelles. Et à Maurice, il y a des facilités que l’on ne retrouve pas à l’étranger», ajoute-t-elle.

La dernière pub en date dans laquelle l’adolescent a été retenu après un casting auquel participait aussi sa sœur est une publicité pour le Club Med d’Albion, réalisée par une équipe de tournage française, avec l’apport de techniciens locaux. Celui qui l’avait retenu après casting était Jon Rabaud, qui était aussi le directeur de casting sur le film Serenity.

«Dans la pub pour le Club Med, j’évoluais aux côtés de deux adultes et une enfant. Le tournage a duré trois jours et c’était au Club Med d’Albion. On commençait à tourner tôt le matin et on terminait le soir. Tout était dans l’action et il n’y avait pas de dialogue», raconte Rafael Sayegh.

En sus de prendre du plaisir au tournage, le jeune garçon avoue avoir découvert certains métiers du cinéma, à l’instar de cameraman, de styliste ou de responsable de planning. Quelques mois plus tard, les Sayegh reçoivent un appel d’Axelle Tenant, son agent à Maurice, pour des essais avec Rafael dans un film en anglais.

Le jeune garçon ignore encore qu’il s’agit d’une production hollywoodienne. «Il voulait voir ce que je donnais à l’écran et nous avons fait trois prises à Rose-Hill. Jon Rabaud m’a dirigé sur les deux premières séances», relate Rafael Sayegh. Il avoue qu’au départ c’était assez stressant. «Il y avait des moments où j’avais envie de rire mais il fallait que je me force à garder mon sérieux.»

Lorsque les prises sont terminées, l’adolescent n’a aucune idée s’il sera retenu ou pas. Au fond de lui, toutefois, il l’espère car Jon Rabaud lui a narré une partie du script et pour le peu qu’il en sache, il trouve la trame intéressante. Moins d’un mois plus tard, alors qu’il rentre de la plage, ses parents lui disent que le directeur du casting a téléphoné et qu’il doit être revu. Jon Rabaud apprécie le dynamisme de Rafael.

Qui plus est, il y a une ressemblance importante avec Matthew McConaughey. Une entrevue a donc lieu avec le réalisateur Steven Knight et le producteur du film, Guy Heeley. «Ils m’ont interrogé en anglais à propos de mon âge. Ils parlaient extrêmement vite et je n’étais pas sûr de tout comprendre.» Et en sortant, même son père, qui l’accompagnait, ne pouvait dire s’il allait être choisi ou pas. Jon Rabaud, présent à l’entrevue, est venu clarifier la situation en confirmant à Rafael qu’il était pris.

Rafael s’est alors vu remettre le scénario de Serenity qu’il a lu d’un bout à l’autre avec son père et où il a appréhendé son rôle en tant que Patrick. Il n’a pas eu énormément de textes à dire, mais l’essentiel était concentré sur les expressions faciales et le body language. «J’ai été surpris par l’importance de mon rôle», avoue-t-il. Il est tout de même heureux d’avoir des tirades avec Matthew McConaughey.

En juillet 2017, Rafael prend le chemin de Trou-aux-Biches, là où se déroule une bonne partie du tournage. Il est toujours encadré, soit de sa mère, de son père ou d’une amie de la famille. L’adolescent tourne pendant neuf jours. À un moment, il doit même se lever à 2 heures du matin pour aller tourner. Le fait que Rafael ait son brevet de plongée de premier niveau est d’intérêt pour le réalisateur et le producteur car une des scènes de l’adolescent l’oblige à plonger à cinq mètres en mer et à enlever son détendeur pour remonter en apnée. «C’est la partie que j’ai le plus aimée, même si j’ai dû refaire cette scène à plusieurs reprises et qu’au final, j’étais frigorifié.»

L’acteur, avec qui il s’entend à merveille, est Matthew McConaughey. «Il était le plus sympa. Il m’avait pris sous son aile. Cela dit, toute l’équipe était sympa, les acteurs comme l’équipe de tournage.» L’aventure se termine en août 2017. Rafael est très surpris, en novembre de la même année, lorsqu’il reçoit un appel du producteur du film qui lui demande de venir passer trois jours à Londres pour retourner en studio.

«Ils ont réaménagé ma chambre dans les studios de Londres pour tourner des scènes complémentaires. Toute une équipe de tournage était présente, dont Steven Knight et Guy Heeley. C’était une autre atmosphère que de tourner en studio.» Pour renforcer l’intensité de son jeu d’acteur, Rafael est coaché par Xavier Laurent, un professionnel dans le milieu du cinéma.

La première du film Serenity a lieu le 23 janvier au Museum of Art, à New York. Rafael Sayegh et ses parents y étaient. Deborah Sayegh déclare que Rafael a été très bien reçu et que durant le discours d’après-projection, le réalisateur Steven Knight avait eu de bons mots à son égard. Qu’a pensé Rafael du film ? «Ça fait bizarre de se voir ainsi sur grand écran», confie-t-il. «On a du mal à y croire, mais j’étais très content. Je ne pensais pas me voir autant à l’écran.»

Rafael a été déçu par les critiques. Avant de se dire philosophiquement qu’on ne peut plaire à tout le monde. «Chacun a ses goûts.» Deborah Sayegh déclare avoir détaillé tous les endroits où Rafael apparaissait. «Je n’ai pas vu le film comme n’importe quel autre film de cinéma. J’ai bien aimé le film car c’est vraiment un thriller qui prend à contrepied.» Cette expérience a bien évidemment suscité de nouvelles ambitions chez Rafael. «Je veux être acteur. Ce qui me plaît le plus, c’est de me faire passer pour une autre personne et d’être convaincant.» Ses parents lui ont fait comprendre qu’il devait réussir son baccalauréat d’abord.

Tout en se disant subjective, Deborah Sayegh déclare avoir été surprise par le naturel de son fils à l’écran. «Pour moi, c’était une révélation de le voir aussi à l’aise à l’écran, d’autant plus que Rafael avait fait du théâtre au primaire et qu’il n’avait pas aimé cela en raison, sans doute, de sa timidité. Là, il n’était plus timide du tout.»

Rafael estime qu’il a réussi à faire ce qui était attendu de lui. Il rêverait de poursuivre dans le cinéma américain et il va se remettre au théâtre, en sachant que cela peut l’aider dans sa future carrière. Nous verrons ça à partir du 27 février.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires