Kaya, 20 ans après: les grandes dates

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Extraits des journaux de cette époque.

Extraits des journaux de cette époque.

Vingt ans après, le mystère reste entier sur les causes entourant le décès de Joseph Réginald Topize, plus connu comme Kaya. Il avait été incarcéré après avoir avoué qu’il avait fumé du gandia. Les faits menant à sa détention ainsi que les émeutes qui ont embrasé Maurice après sa mort, demeurent impérissables.

16 février 1999

Concert-rassemblement du Mouvement républicain (MR) à Edward VII Square, Rose-Hill, avec l’autorisation de la police. Le thème : la dépénalisation du gandia. 

17 février 1999

La presse rapporte que plusieurs personnes ont ouvertement fumé du gandia pendant le concert et que la police n’est pas intervenue. L’express, dans un article intitulé «Hallucinant», écrit qu’«il faut dénoncer cette banalisation de la consommation de la drogue pendant qu’il est encore temps». 

Alors que Le mauricien publie un éditorial intitulé «Gateaux aux noix vomiques», où son auteur écrit que «la provocation d’hier ressemblait fort à un effondrement manifeste de la loi et de l’ordre». 

18 février 1999

Le rapport de la commission d’enquête présidée par Kheshoe Parsad Matadeen écrit que c’est suivant ces articles de presse que les autorités concernées «semblent s’être réveillées de leur sommeil». Le même jour, neuf personnes, dont les chanteurs Nitish Joganah et Joseph Réginald Topize, plus connu comme Kaya, sont arrêtées. Toutes, sauf Kaya, ont nié avoir fumé du gandia au concert. 

À 14 h 15, Kaya, embarqué plus tôt à son domicile, à Beau-Songes, et emmené au CCID à Port-Louis, est placé en détention dans la cellule no.6 à Alcatraz. 

19 février 1999

Le surintendant Roger Lebon fixe la caution de Kaya à Rs 10 000. À l’heure que la somme a pu être réunie, avec notamment la contribution des membres du MR, le tribunal de Rose-Hill était déjà fermé. Me Elias Oozeerally, l’avocat de Kaya, donne alors rendez-vous à Véronique Topize, le lendemain, samedi, à 9 heures.

20 février 1999

Dans une interview au Défi Plus du 6 au 12 mars 1999, et reprise dans le livre du Dr Surnam, «L’Affaire Kaya», Me Oozeerally affirme que l’épouse du chanteur est arrivée au rendez-vous à 11 h 30, heure à laquelle la caisse de la magistrature se ferme. Le paiement de la caution est remis à lundi.

21 février 

Kaya est découvert mort dans sa cellule vers 5 heures du matin par le constable Nepaul, de faction à ce moment-là. Le Dr Surnam, médecin légiste, en est informé à 6 h 25. Dans son livre, il écrit être arrivé sur place vers 8 heures. 

L’autopsie, pratiquée à 12 h 20 à la morgue de l’hôpital Victoria, a attribué la cause du décès à une blessure à la tête (voir fac-similé). Non satisfait du rapport d’autopsie, Véronique Topize et des membres du MR ont transporté la dépouille de Kaya au centre du parti politique à Rose-Hill, avant de réclamer une contre-autopsie. 

Ce même soir, les postes de police de RoseHill et de Beau-Bassin sont pris pour cibles. Ce n’était que le début des émeutes…

Extrait du rapport d’autopsie du Dr Harish Surnam.
Extrait du rapport de Jean-Paul Ramstein, médecin légiste réunionnais qui a procédé  à la contre-autopsie de Kaya, le 23 février 1999.
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Kaya, c’est une musique. Des chansons. Un message de paix, d’amour et d’unité. Kaya, Joseph Réginald Topize de son vrai nom, c’est le visage d’une île Maurice qui voulait s’émanciper des diktats de la société et retrouver ses racines. Son arrestation puis sa mort en cellule, ce 21 février 1999, a profondément blessé l’île Maurice. 20 ans après, les plaies n’ont toujours pas cicatrisé…

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