Violence dans le monde scolaire: le Conseil des Religions situe les responsabilités

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 (Photo d’archives) Le Conseil des Religions n’est pas insensible face aux récents cas de violence dans le monde scolaire.

(Photo d’archives) Le Conseil des Religions n’est pas insensible face aux récents cas de violence dans le monde scolaire.

Le Conseil des Religions (CoR), présidé par le père Philippe Goupille, est consterné par l’ampleur de la violence dans le monde scolaire et fait un constat sans concession.

Une violence qui, selon les membres de ce conseil, aurait plusieurs sources : la reproduction des scènes de violence dont les enfants ont été les témoins dans leur foyer, dans la société, dans les films et jeux vidéo. Il y a aussi l’influence de la pression des pairs, l’emprise de la drogue, le stress des examens, la compensation de l’absence des parents par le don de gadgets technologiques, la fin de la famille élargie et donc la non-transmission des valeurs morales.

Le CoR note que la baisse du taux de natalité a donné lieu au phénomène de l’enfant-roi qui n’a plus de limite, qui est «amoral, égoïste, intolérant, agressif et violent. On lui donne tout et lui considère que la société lui doit tout. Il crie, insulte, menace, casse et cogne. Tout puissant, il devient le nouveau chef de famille et fait la loi». Et face à cela, les adultes sont «épuisés, déroutés, confus, désemparés

Le CoR fait aussi état d’un système d’éducation trop académique et inadapté aux talents sportifs et artistiques et du manque d’activités physiques. «Les enfants n’ont pas les moyens de dépenser leur énergie. Seules les élites sont considérées par le système et les autres qui se sentent négligés, réagissent avec violence

Manque d’autorité

Les enseignants ont aussi leur part de responsabilités, selon les membres du CoR, car ils n’ont pas «la formation nécessaire pour détecter des attitudes suspectes et traiter les comportements violents» alors que les chefs de département d’éducation manquent d’autorité «et ne font qu’exécuter les ordres émanant du ministère de l’Education.»

Face à ce constat implacable, le CoR propose des solutions. Pour cette instance, les parents, enseignants, la police, les chefs religieux et les organisations non gouvernementales doivent se retrousser les manches et agir rapidement. A l’école, le CoR estime qu’il faut la réintroduction de l’assemblée du matin. «Les assemblées du matin sont importantes parce qu’elles fournissent une formation d’un comportement social désiré dans la vie publique et produisent l’énergie avec des vibrations positives». Le CoR préconise aussi la création, dans les écoles primaires, secondaires et les institutions universitaires d’instances d’écoute où élèves et étudiants peuvent s’exprimer librement et ainsi évacuer leurs frustrations et souffrances. «Nous avons le devoir de les écouter et leur montrer de la compassion et les accompagner pour qu’ils sortent de leur peine.»

Le CoR suggère aussi la création du poste de Discipline Master dans chaque école et la présence de psychologues, l’imposition d’Orderly duties pendant la récréation et en classe lorsqu’il y a absence des enseignants, l’introduction d’activités extrascolaires comme le sport, la musique, le bénévolat, les stages en entreprise et des cours de techniques de respiration pour un meilleur contrôle de soi.

Comme mesures dissuasives, le CoR recommande l’introduction de sanctions plus sévères pour un meilleur contrôle de la situation et la déduction de points d’annotation sur les résultats pour mauvaise conduite répétée.

La police, selon le CoR, devrait effectuer des patrouilles régulières devant les écoles à la sortie de classes et les patrouilles devraient aussi être conduites par des effectifs de la Special Supporting Unit et de la Dog Unit. Ces policiers doivent s’assurer que les élèves et étudiants prennent leur autobus le plus vite possible pour éviter les attroupements à la gare routière. Un nombre plus important d’autobus est aussi demandé. Le CoR plaide pour des causeries dans les écoles par la brigade des mineurs.   

Le CoR demande aux parents d’assumer davantage leurs responsabilités et de s’enquérir de leur enfant lorsque celui-ci tarde à rentrer.

Le CoR estime par ailleurs que les chefs religieux de toutes les confessions confondues ont un rôle fondamental à jouer et qu’ils utilisent leur influence durant les prêches et sermons pour «promouvoir la valeur fondamentale des valeurs morales et spirituelles» telles que la valeur de la fraternité, de l’importance d’aller au-delà de la tolérance et de prêcher des messages universels de paix, de respect, de cohésion sociale et d’acceptation de l’autre. «Ce rôle est particulièrement important lorsque la paix et la cohésion sociale sont menacées

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