Un lot de plantes endémiques mauriciennes doit arriver de… Brest

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Le Cylindrocline Lorencei fait partie des plantes qui ont été réintroduites à Maurice l’an dernier.

Le Cylindrocline Lorencei fait partie des plantes qui ont été réintroduites à Maurice l’an dernier.

Une équipe du Conservatoire national botanique de Brest (CNBN) revient à Maurice vers la fin de mars avec une nouvelle liste de plantes endémiques. Celles-ci seront retournées au pays après avoir été cultivées dans l’environnement contrôlé du Finistère. C’est ce que confirment l’organisme français et les préposés du gouvernement.

Ce retour des plantes vers Maurice s’insère dans le programme de restauration et de conservation de la flore endémique de Maurice selon le partenariat signé entre le CNBN, le National Park and Conservation Services (NPCS) et le National Plant Propagation Centre (NPPC), fonctionnant sous le ministère de l’Agro-industrie. 

La liste des plantes qui seront aptes à faire ce voyage est en cours de finalisation au CNBN. Mais d’après les informations recueillies, des hibiscus endémiques, plantes connues pour être fragiles et délicates, feront partie du voyage.

Outre les plantes vivantes, les scientifiques français viendront à Maurice avec le système ASTIRIA. Cette base de données numériques, qui porte le nom d’une plante endémique disparue depuis le XIXe siècle, permettra au gouvernement et au conservatoire français de garder les informations et les données mises à jour sur l’évolution des populations de plantes endémiques dans la nature et leur acclimatation.

Le Nesocodon Mauritinus est également propre à Maurice.

Uniques au monde 

Du côté du service de conservation des plantes endémiques à Maurice, le programme ASTIRIA est attendu pour faciliter le travail de partage d’information. D’autant plus que depuis presque deux ans, ce programme était en train d’être affiné.

En ce qui concerne les plantes, le délicat travail d’acclimatation se fera dès leur arrivée à Maurice. En septembre de l’année dernière, 166 plantes endémiques avaient été restituées à Maurice et à Rodrigues par le CNBN. Certaines de ces plantes sont encore en acclimatation et conservées à l’arboretum du NPPC à Curepipe, comme une partie de celles qui devront être envoyées à Rodrigues dès leur acclimatation terminée. Les autres ont été replantées dans différentes régions de l’île pour être retournées dans leur milieu naturel. Au NPCS, un préposé nous explique que les espèces sont souvent contrôlées et surveillées pour éviter que les dommages faits dans le passé sur les plantes endémiques, et donc uniques au monde, soient répétés.

Plusieurs de ces plantes sont en danger d’extinction ou en danger critique d’extinction après des dégâts dus à la déforestation, au développement et à l’agriculture mais aussi aux plantes invasives à l’exemple des fraises des bois ou de la goyave de Chine. La participation de partenaires du privé et d’organisations non gouvernementales est attendue pour étendre les zones de replantation des plantes endémiques, pour augmenter les chances de leur reprise et diminuer les risques de les voir disparaître.

Eteinte depuis les années 90

Parmi les plantes qui ont été réintroduites à Maurice l’an dernier se trouve le Cylindrocline Lorencei, qui a disparu depuis les années 90. L’Union internationale de la conservation de la nature l’a même considérée éteinte dans son milieu naturel. Des semences du Cylindrocline Lorencei ont été conservées durant plusieurs années dans la banque de graines du Conservatoire. Avec l’aide du Jardin botanique d’Édimbourg, qui avait des spécimens vivants, les scientifiques français ont réussi à produire des plantes et ont pu en cultiver un nombre suffisant pour un rapatriement.

Plusieurs plantes sur lesquelles travaille le CNBN sont connues pour être fragiles et très sensibles au changement dans leur milieu naturel et face aux plantes invasives.

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