H1N1: dans l'intimité du virus

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Le H1N1 entraîne des symptômes de la grippe saisonnière.

Le H1N1 entraîne des symptômes de la grippe saisonnière.

Onze ouvriers Bangladais malades et testés positifs, 90 placés en quarantaine, une fillette de 4 ans suivie d’un trentenaire en voyage à Pune en Inde décédés : la grippe H1N1 a encore frappé. Quel est l’état des lieux de la maladie ? «Nous sommes en pleine recrudescence, surtout auprès des enfants. Récemment, il y a eu une remontée de cette grippe avec des travailleurs étrangers. Ils l’ont contractée à cause des conditions d’hygiène. La contamination se fait comme ils bougent dans la communauté », déclare Ram Nowzadick, président de la Nursing Association. De son côté, le Dr Mike Sooknundun, directeur de la Clinique du Nord, constate une augmentation variant entre 5 à 8 % des infections par voie respiratoire dans le secteur privé : «On note la hausse des infections des voies respiratoires ces jours-ci ainsi que la fièvre, la toux, les courbatures.»

Selon le ministère de la Santé, 4 619 infections aigues des voies respiratoires ont été recensées la semaine dernière. Comparativement, ce taux était de 4 385 la semaine précédente. En fait, la grippe H1N1 en est une infection contagieuse. Toutefois, sollicitée sur les statistiques détaillées sur la grippe H1N1, le ministère n’a pipé mot… la faute peut-être à des voies respiratoires obstruées ?

Qu’est-ce donc que ce virus qui affecte bon nombre de Mauriciens actuellement ? «Le H1N1 est composé de gènes en provenance de différents virus grippaux de porcs, d’oiseaux et d’humains», explique le médecin. L’épidémie a débuté en 2009. Le H1N1 entraîne des symptômes de la grippe saisonnière. Néanmoins, l’influenza classique est causée par d’autres virus présents dans l’air, souligne le médecin. Quels sont justement les signes ? De la fièvre, des frissons, des maux de tête, de gorge, la toux, des courbatures, la fatigue, la perte d’appétit et parfois des vomissements et de la diarrhée. «Les symptômes peuvent être légers à graves, nécessitant une hospitalisation», ajoute-t-il.

Certaines victimes sont-elles plus vulnérables ? D’après le Dr Mike Sooknundun, les enfants et les personnes âgées présentant des problèmes chroniques existants ou immunodéficients comme le VIH sont plus à risque. Tout comme les diabétiques. Comment peut-on traiter cette maladie ? «Hélas, les autorités traitent ces cas comme de l’influenzas classique. Imaginez- vous un malade qui attend en salle à l’hôpital et contamine d’autres personnes. La propagation est plus élevée», déclare le président de la Nursing Association. Selon lui, il faudrait immédiatement réaliser des tests pour détecter le virus au plus vite. Ainsi, on pourrait entamer le traitement en salle d’isolation pour protéger le patient et la population. Ram Nowzadick affirme que seule l’hôpital de Souillac dispose d’une telle unité alors que les autres centres de santé doivent convertir une pièce au besoin. D’autant qu’entre-temps, l’état du patient peut s’aggraver avec la mutation du virus vers le H2N2, ajoute-t-il.

Traitement aux antibiotiques

Côté traitement, des antibiotiques sont employés, soutient le Dr Sooknundun. Cela dit, certains patients peuvent guérir sans médicaments, précise le médecin. «Mais d’autres, avec des symptômes modérés ou graves ainsi que ceux qui risquent de subir des complications de la grippe ayant le VIH, le diabète, l’hypertension entre autres, doivent être traités rapidement», déclare-t-il. Au cas contraire, ces patients peuvent mourir d’une pneumonie ou d’une insuffisance respiratoire.

Quels sont les modes de prévention de cette épineuse grippe ? Selon nos interlocuteurs, le vaccin contre la grippe saisonnière comprend également la souche H1N1. Donc, il faudrait y adhérer avant la saison annuelle. Il faut aussi se laver les mains soigneusement avec du savon pendant 15 secondes ou en utilisant un désinfectant à base d’alcool. Il incombe aussi de se couvrir la bouche et le nez à l’aide d’un mouchoir en papier, sa manche ou ses mains si l’on éternue et éviter le contact avec les personnes contaminées. «Il faut garder au moins un mètre de distance entre les autres personnes, se reposer et boire beaucoup d’eau. Actuellement, un bon nombre de patients doit s’absenter du travail ou de l’école pour éviter la propagation», souligne le médecin.

Pour Ram Nowzadick, la prévention de la grippe H1N1 doit également s’étendre au personnel hospitalier : «Il est impératif de prendre toutes les précautions notamment en traitant les patients potentiellement atteints du virus. Les infirmiers y sont exposés de même que les équipements médicaux. Il faut axer dessus pour éviter les infections.»


En chiffres

D’après le rapport annuel du ministère de la Santé, une hausse dans les admissions liées aux maladies respiratoires dans les hôpitaux était de 10,1% en 2009. Cette année était marquée par l’apparition de cette épidémie. En 2005, cette hausse était de 6,2%. Et de 2010 à 2017, cet indice se situait entre 9,3 % à 10,1 %.

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