Allégations de corruption: Sudesh Rughoobur convoqué à l’ICAC à titre de témoin aujourd’hui

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L’élu du No. 6 a été convoqué aujourd’hui à l’ICAC à titre de témoin dans une affaire de pots-de-vin.

L’élu du No. 6 a été convoqué aujourd’hui à l’ICAC à titre de témoin dans une affaire de pots-de-vin.

Le député du Mouvement socialiste mauricien, Sudesh Rughoobur, se rend à l’Independent Commission against Corruption (ICAC) dans l’après-midi de ce lundi 11 février. Ceci dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de corruption au conseil de district de Rivière-du- Rempart. L’élu du n°6 (Grand-Baie–Poudre-d’Or) a été convoqué à titre de témoin. Il avait adressé une correspondance à l’ICAC dans laquelle il a livré des informations sur les agissements de certains conseillers du Nord, qui auraient accepté des pots-de-vin afin de faire avancer des projets de construction.

Entre Rs 100 000 et Rs 1 million, ce serait le prix d’un permis, dépendant de l’ampleur du projet, indique-t-on dans les milieux concernés. La commission anti-corruption a ouvert une enquête après plusieurs plaintes reçues. Elle est également en possession d’un enregistrement audio incriminant un conseiller de Roches- Noires, qui aurait réclamé Rs 150 000 à un entrepreneur ayant fait une demande de permis de construction. Dans cette bande sonore diffusée le mois dernier sur l’express.mu, le conseiller en question cite également les noms de deux de ses collègues comme bénéficiaires.

Depuis, les officiers de l’ICAC ont déjà saisi plusieurs documents officiels au conseil de district de Rivière-du-Rempart. Les enquêteurs se sont particulièrement intéressés aux procédures liées à l’octroi des permis de construction. Des procès-verbaux des réunions du «Building and land use permit committee» ces dernières années sont passés à la loupe.

La dernière controverse porte sur la construction d’un bâtiment commercial à Rivière-du-Rempart qui est entachée par des soupçons de corruption. Selon les allégations, un montant Rs 125 000 aurait été payé pour obtenir les autorisations nécessaires. La collectivité locale aurait d’ailleurs fermé les yeux sur les manquements du promoteur : l’aménagement de parkings, comme stipulé par les règlements, n’a pas été respecté.

Dans la lettre adressée à l’ICAC, Sudesh Rughoobur affirme avoir été averti de cette pratique par au moins trois mandants. Ces derniers, hésiteraient à témoigner, craignant que cela ne retarde leurs démarches. Néanmoins, l’élu fait ressortir que: «They have not accepted to get involved in any filthy negotiation and are still struggling for the approval of their permits», ecrit-il.

Depuis plusieurs mois, ces conseillers qui négocieraient entre Rs 100 000 et Rs 1 million se livreraient en toute impunité à ces pratiques en l’absence de garde-fous pour prévenir ces cas de corruption au sein des collectivités locales. «Le Building and Land use permit committee doit rendre des comptes. Actuellement, la loi, notamment la Local Government Act, ne prévoit rien à ce sujet», soutient Sudesh Rughoobur.

Le député demande à l’ICAC d’enquêter sur le nombre de permis délivrés en 2018, le nombre de fois où les techniciens siégeant au sein du comité d’octroi des permis de construire se sont retrouvés en minorité, le nombre de visites sur place effectuées et sur les mesures mises en place pour assurer le respect des règlements par les promoteurs.

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