Prison de Melrose: c’est pas du gâteau…

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La prison de Melrose est un établissement de haute sécurité.

La prison de Melrose est un établissement de haute sécurité.

Melrose, prison cinq-étoiles ? Les détenus ne sont pas de cet avis et pas uniquement à cause des rats et autres fuites lorsqu’il pleut. Ce sont les prisonniers eux-mêmes qui le disent. L’un d’eux, incarcéré pour des affaires de drogue, y a déjà passé cinq ans et, de temps en temps, il raconte à sa famille ce qui se passe au sein de l’univers carcéral. Une proche a bien voulu faire l’intermédiaire entre le détenu et nous.

Ils n’auront bientôt plus le droit de fumer et cela ne va qu’empirer l’atmosphère déjà tendue au sein de la prison. Contrairement à la croyance populaire, ce détenu explique que la cigarette n’est pas vraiment considérée comme monnaie d’échange dans la prison, et est encore moins utilisée pour payer des faveurs sexuelles. «Au pire, elle sert pour miser aux tables de jeux.»

Toutefois, cette interdiction totale donnera lieu à un marché noir. «Malgré toutes les mesures prises, le commissaire n’est pas parvenu à éradiquer la drogue et les portables de la prison. Qu’est-ce qui lui fait croire qu’il y parviendra avec la cigarette ? Avec cette interdiction, le tabac deviendra plus rare et c’est maintenant qu’il sera utilisé comme argent», a affirmé ce détenu à notre interlocutrice.

Il n’y a pas que les interdictions qui irritent les prisonniers. Récemment, il y avait l’anniversaire d’un haut gradé de la prison. La proche du détenu indique que cet officier a commandé non seulement son gâteau mais aussi des amuse-gueules à la cuisine des prisons. «Après avoir demandé aux détenues de danser, après avoir envoyé des prisonniers travailler au port, c’est maintenant pour la direction directement que nous travaillons

Et ce n’est pas tout. Depuis quelque temps, les rasoirs, savonnettes et autres produits de base ne sont plus offerts aux prisonniers, comme cela a toujours été le cas. Ils sont obligés de les acheter avec le salaire de Rs 150 qu’ils touchent chaque semaine. «Donc, à la sortie, nous aurons moins d’argent. Mais comme le commissaire n’est pas quelqu’un qui pense à la réinsertion, les plaintes des prisonniers ne l’ont pas atteint», a confié le détenu. D’ailleurs, même les contact visits ont été abolies.

Faut-il comprendre que la relation entre les détenus et Vinod Appadoo est loin d’être cordiale ? La réponse est explicite. «Il n’y a pas de relations entre les prisonniers et lui.»

Le syndicat des surveillants compte saisir la cour suprême

Le délai légal se rapproche. Vinod Appadoo, commissaire des prisons, ne dispose plus que d’un mois pour répondre à la lettre que lui a envoyée Hanson Heeranath Mungrah, secrétaire de la Prison Officers’ Association. Ce dernier lui réclame des explications relatives à l’Employment Relations Act. Il révèle que s’il n’obtient toujours pas de réponse, il n’aura d’autre recours que de saisir la Cour suprême.

 Le syndicaliste lui a envoyé la correspondance en décembre. «La loi indique que les explications réclamées au commissaire de prison doivent être fournies en 90 jours. Or, deux mois se sont écoulés et il n’y a aucun retour», déplore-t-il. Sollicité à ce sujet, Vinod Appadoo a seulement répliqué : «Je dois prendre connaissance du document avant de pouvoir le commenter.»

Quelle est la teneur de la missive justement ? «Il y a une ingérence dans les travaux effectués par les membres de l’association qui ont fait l’objet de discrimination. De nouveaux membres de la prison ne sont même pas autorisés à joindre la Prison Officers’ Association», soutient Hanson Heeranath Mungrah dans la lettre rédigée par Mes Razack et Assad Peeroo.

Il va plus loin en alléguant qu’il existe une politique de deux poids, deux mesures en ce qui concerne les allocations. «A special allowance of Rs 1 400 is given to officers of the Prison Security Squad and the Correctional Emergency Response Team but same is not given to officers of the Prison Service when called to perform jobs of the same nature.» Hanson Heeranath Mungrah réclame également des éclaircissements sur des décisions qui seraient prises sans discussion préalable avec la Prison Officers’ Association. De ce fait, Me Assad Peeroo indique qu’une plainte sera déposée incessamment contre le commissaire des prisons devant la Cour suprême.

Affaire Mungrah vs CP «Je n’ai pas communiqué en tant que Senior Prison Officer…»

Hanson Heeranath Mungrah doit faire face à un comité disciplinaire. Cela, pour avoir communiqué avec la presse. Sauf que ce Senior Officer de la prison, également secrétaire de la Prison Officers Association (POA), a saisi la Cour suprême, pour réclamer qu’un ordre soit émis pour dissoudre cette séance. L’affaire opposant Hanson Heeranath Mungrah au commissaire des prisons a été appelée hier, devant le juge Pritviraj Feknah. Le plaignant a juré un contre-affidavit, pour répliquer à l’affidavit du représentant du commissaire des prisons.

L’assistant superintendant des prisons, Abdool Rahman Assot Ally, avait, par le biais du Senior State Attorney, Doorgesh Kumar Manikaran, soutenu que le plaignant, ne pouvait être représenté par un conseiller juridique devant la Departmental Orderly Room, selon les Standing Orders de la police, dans le cas où le plaignant est accusé d’avoir violé la discipline. «Standing Order 25(6) of the Mauritius Prisons Service provides that the Accused member may conduct his defense either in person or by a member of his disciplined Force Selected by himself on his behalf», explique le défendeur, qui conteste la demande d’Hanson Heeranath Mungrah de suspendre le comité disciplinaire.

Le défendeur estime que le plaignant est en train de remettre en cause la constitutionnalité du Standing Order. Il argue que le juge des référés de la Cour suprême n’a pas la juridiction pour écouter cette affaire. «Le plaignant, a, le 10 juillet 2017, sans l’aval du commissaire des prisons, Vinod Appadoo, commis une violation du Standing Order, en commentant des problèmes en prison sur les ondes d’une radio privée.»

Or, pour le Senior Prison Officer qui, si reconnu coupable, risque la suspension ou la rétrogradation, explique, dans son contre-affidavit, qu’il n’est nullement entrain de « challenge » la constitutionnalité des procédures. «Nor is the Judge in Chambers called upon to decide on jurisdictional issue but to consider on the face of the admission by Respondent (NdlR, le commissaire) whether the orders prayed to be granted by him…» Il ajoute qu’il a communiqué en tant que secrétaire du syndicat et non en tant que Senior Prison Officer. Ses supérieurs lui reprochent d’avoir fait des allégations et critiques contre l’institution pénitentiaire et de n’avoir pas respecté la clause de confidentialité en tant que fonctionnaire, en vertu de l’Official Secrets Act.

L’affaire sera de nouveau entendue le 21 février.

Souillac: arrestation imminente des agresseurs d’un gardien

Les individus qui s’en sont pris violemment à un gardien de prison, à son domicile dans la région de Souillac, dimanche soir, ont déjà été identifiés par des éléments de la Criminal Investigation Division de Souillac. Selon une source, ils ne vont pas tarder à être arrêtés. Après avoir malmené le surveillant à proximité de sa maison, ce groupe d’une dizaine de personnes a lancé des projectiles en direction de son domicile. Cette affaire serait liée à un règlement de comptes.

Les incidents se sont déroulés aux alentours de 20 h 40. Ce gardien de prison de 28 ans, affecté dans un centre correctionnel pour mineurs, a expliqué dans sa déposition, faite au poste de police de Souillac, qu’il était en conversation avec un ami, à quelques mètres de sa maison, lorsqu’il a été accosté par une dizaine de personnes. Il a identifié l’une d’elles comme étant le fils d’un habitant de cité Gris-Gris. Cet homme lui a déclaré : «… To latet pou tombe zordi, fer kamion pas lot twa. Pa krwar to enn gard prizon to enn mari.»

L’homme a aussi lancé en sa direction une bouteille de bière de même que des pierres et du macadam. Heureusement, raconte le plaignant, qu’il n’a pas été atteint. Au même moment, le fils d’un habitant du quartier a tenté de le heurter avec sa bicyclette. Il a pu l’éviter de justesse.

Pour éviter que la situation ne dégénère, le jeune homme a décidé de regagner son domicile. À travers une fenêtre de sa maison, il a vu, dans sa cour, les fils de ces deux personnes qu’il connaît bien. Un autre individu présent qu’il peut identifier a lancé des pierres et des morceaux de parpaing en direction d’un panneau de vitre de sa maison qui a été endommagé. L’un des deux suspects a endommagé sa motocyclette. Au cours de cet incident, sa tante a été blessée par des éclats de vitres brisées. Un habitant de cité Gris-Gris et son oncle ont été témoins de cette scène de violence.

En chiffres

En 2017, le nombre moyen de détenus par jour en prison était de 2 261. De ce total, 100 seulement sont de femmes. Il inclut également les mineurs, au nombre de 32 (30 garçons, deux filles). Seuls 60 % sont des condamnés, les 40 % restants sont « on remand ». A noter qu’en 2010 cette moyenne était de 2 400.   Le nombre total d’adultes admis sur l’année était  de 4 251, soit une hausse de 15,3 % par rapport à 2016. Le taux d’occupation était de 69 %. (source : Statistics Mauritius)

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