Fête du printemps: Le gâteau la cire en voit de toutes les couleurs

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Fronçant les sourcils, un homme scrute curieusement un rayon de gâteaux au supermarché Sik Yuen à Curepipe. En marron classique, c’est du déjà-vu! Mais du vert… et même du blanc : voilà qui lui en met plein la vue. Si bien que Serge Ramsurrun, 70 ans, Curepipien, ne sait plus quoi choisir: «C’est la première fois que je vois ces gâteaux la cire colorés. Je connais celui qui est marron. Mais là, ça me tente d’en changer. J’en achète à chaque fête du Printemps pour partager une petite douceur après le dîner.» Mariline, une autre cliente, est aussi titillée : «C’est différent. Je n’ai pas encore essayé. De toute manière, ces gâteaux sont toujours un délice.» Quant à Rosemonde, 63 ans, les délices colorés l’ont déjà conquise : «Le blanc est léger. Il est au coco et savoureux. Je me suis empressée d’en acheter car cela part trop vite. Même si je ne célèbre pas le Nouvel An chinois, je me fais cette petite tradition du gâteau.»

Introduit en 2018 par Thierry Sik Yuen, Chief Executive Officer du supermarché, le gâteau la cire de couleur fait fureur. En sus de celui à base de lait de coco, une variété toute verte s’est vendue comme des petits pains. Celle-ci est composée de pandan, une plante originaire d’Asie, couramment utilisée en pâtisserie. «Nous avons commencé avec un premier lot. Tout est parti le premier jour.» À peine le stock renfloué, les gâteaux colorés se sont vite écoulés. Que symbolisent ces délices ? Thierry Sik Yuen explique que le gâteau la cire est à l’origine connu comme le «Nian Gao». «Nian» signifie année et «Gao», haut. Donc, après la dégustation, tout événement qui se produit dans la vie de l’individu devrait passer à un niveau supérieur.

Si la couleur conquiert déjà les palais, le classique n’est pas en reste. Dans les commerces et demeures, la confection va bon train. Si plusieurs Mauriciens d’origine chinoise se tournent vers les versions importées pour plus de facilités, d’autres chérissent toujours la confection traditionnelle. Depuis 20 ans, André et Yan Fong procèdent à la préparation maison (photo). Depuis trois semaines, le couple met la main à la pâte, secondé par leurs deux fils de 22 et 24 ans. Leur salon s’est transformé en entrepôt pour le stockage de ces délices marron. «Mon épouse est originaire de Chine. Depuis très jeune, elle cuisine. Peu après son installation à Maurice, elle a commencé à fabriquer des gâteaux la cire pour la fête du Printemps ainsi que des gâteaux cravates, zorey, gingeli, des chipecks etc.»

De bouche à oreille, des commandes pour des particuliers ont afflué. Cette méthode traditionnelle est d’ailleurs toujours aussi sollicitée aujourd’hui. «Beaucoup de gens en fabriquent mais rien ne garantit le goût, le moelleux et la qualité. C’est pour cela que je confie mes commandes à un ami», confie George Chan, qui s’apprête à célébrer le Nouvel An chinois. L’authenticité du goût est une des qualités majeures recherchées par les clients. «Le gâteau la cire est fabriqué à base de farine de riz, de sucre, de miel parfois et surtout d’un ingrédient clé: l’écorce d’orange. Je mange ce fruit et conserve l’écorce pour la préparation. Des gens le substituent parfois à l’essence mais le goût se perd sans écorce», affirme André Fong.

Un petit détail qui fait la différence pour un procédé fastidieux qui n’est pas du tout du gâteau. Cinq heures en moyenne sont nécessaires pour une cuisson au bainmarie. «Mon épouse est souvent en train de cuire jusqu’à 1 heure du matin. Quelques fois, elle se réveille à 3 heures pour tout vérifier.» Cette routine durera encore quelques jours le temps de terminer les gâteaux jusqu’aux festivités.

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