Présence étrangère: la crainte gagne les rives rodriguaises

Avec le soutien de
Le «INS Sarvekshak», qui était de passage à Port-Louis en 2017, est ancré à Port-Mathurin.

Le «INS Sarvekshak», qui était de passage à Port-Louis en 2017, est ancré à Port-Mathurin.

L’appréhension gagne peu à peu les Rodriguais. Une forte présence étrangère leur fait craindre que leur île connaisse le même sort qu’Agalega, où des développements sont entrepris sans que des détails des travaux ne soient rendus publics.

Un phénomène rare a été observé dans le ciel rodriguais la semaine dernière. Un bimoteur appartenant à AAM Geomatics (Pty) Ltd, une compagnie sud-africaine, n’a cessé de survoler l’île. Par coïncidence, le navire INS Sarvekshak est ancré à Port- Mathurin depuis plusieurs semaines. Le Picton Castle, voilier battant pavillon canadien, a également fait escale dans l’île vers le 13 janvier. Et si l’on en croit Rosaire Perrine, un élu de l’opposition, un bateau de surveillance français a également fait une halte dans les eaux rodriguaises au début du mois. «Il y a trop de coïncidences. Des Rodriguais m’ont approché. Ils veulent savoir pour quelle raison il y a tant d’activités à Rodrigues en ce moment, surtout quand on sait comment les différents gouvernements ont traité les Agaléens et les Chagossiens.»

Pétrole

Pour Rosaire Perrine, il y a anguille sous roche. «Je suis convaincu qu’ils sont à la recherche d’hydrocarbures et de minerais dans nos eaux. J’ai déjà posé une question à ce sujet au Chef commissaire, il prétend ne pas être au courant qu’il y ait des recherches pour trouver du pétrole.»

Plusieurs Rodriguais sont méfiants. «Pays la next on the list for sale...! Zot endette zot enn lipied la tête après vend bne zile épars (sic)», a écrit Nicolas Volbert, un autre élu de la minorité, sur Facebook. Plusieurs membres du public ont réagi à ce post. Quand le navire indien a débarqué ses équipements le 18 janvier, plusieurs curieux étaient massés au port, en s’interrogeant.

Officiellement, l’INS Sarvekshak, un navire de la marine indienne, armé, est dans l’île pour des études d’hydrographie. Il est arrivé à Maurice en décembre pour ensuite mettre le cap sur Rodrigues. Selon son calendrier de travail, il devrait revenir à Maurice pour des études au large du Morne. Cette information est confirmée au ministère de Rodrigues. «Après des études d’hydrographie à Maurice, il faut les faire pour Rodrigues également. » En 2006, ce même navire avait fait des études similaires à Agalega.

Drains

Quant aux chercheurs de l’AAM Geomatics (Pty) Ltd, ils ont été engagés par le bureau du Premier ministre pour établir une carte afin de préparer un Land Drainage Master Plan en vue d’aménager des drains à Maurice et à Rodrigues. Dans un communiqué de presse émis la semaine dernière, le secrétaire permanent rodriguais, Francisco François, a affirmé que la conclusion de cette étude permettra à l’Assemblée régionale de Rodrigues de mieux planifier la construction des drains.

Par ailleurs, concernant la présence des bateaux français et canadien, le ministère de Rodrigues ne dispose d’aucune information. Toutefois, sur une page dédiée sur Internet, il ressort que le Picton Castle, un voilier de trois mats, école flottante pour les marins, est en tournée dans cette partie du globe. Après Port-Mathurin, il a mis le cap sur La Réunion.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires