Naissance de bébés siamois: émouvante rencontre entre les Papillon et les Fokeer

Avec le soutien de
Vedna Fokeer (à g.) et son époux (à dr.) ont apporté leur soutien à Hélène et Ian Papillon.

    Vedna Fokeer (à g.) et son époux (à dr.) ont apporté leur soutien à Hélène et Ian Papillon.

La famille Fokeer, qui a vécu la même situation en 1992, n’est pas restée insensible face à la tristesse des Papillon. Elle leur a rendu visite afin de leur apporter son soutien.

«Je sais ce que cela représente pour les parents, on est passé par là.» Les paroles de Vedna Fokeer ont soulagé le stress du couple Papillon après la naissance des soeurs siamoises, vendredi, à l’hôpital Jawarhal Nehru, à Rose-Belle. Vedna Fokeer a vécu la même situation le 2 novembre 1992, en donnant naissance à des frères siamois. Dix jours plus tard, cette famille s’est rendue en Afrique du Sud pour l’opération des bébés. Ashley Fokeer a survécu, mais son frère Ashil Fokeer a rendu l’âme.

Vedna Fokeer leur a expliqué les différentes procédures liées à l’opération. «Je ne cesserai jamais de remercier les médecins professionnels en Afrique du Sud avec lesquels nous gardons toujours contact», ajoute-t-elle avec une pointe de tristesse. D’ajouter que son époux et elle ont tenu à apporter leur soutien à la famille Papillon.

Si la visite des Fokeer a atténué la tristesse des Papillon, ces derniers voient tourner en boucle le fil des évènements qui se sont déroulés durant les neuf mois de grossesse d’Hélène Papillon, 36 ans, pour comprendre comment l’échographie n’a pu détecter que cette dernière était enceinte de bébés siamois. Hélène Papillon rentrera chez elle aujourd’hui et le couple sera suivi de près par un psychologue de l’État. «Zot pa ti pé donn nou bann fim ékografi la parski lopital normalment pa doné sa», souligne le père des jumelles siamoises.

Battements de coeur

Est-ce que les appareils de l’État sont à la pointe de la technologie afin de pouvoir détecter une telle anomalie ? Selon un gynécologue, oui. Mais il soutient aussi que ces choses sont très rares à déceler. Cependant, il affirme dans le cas de bébés siamois, s’il y a un seul coeur, un seul battement aurait dû être enregistré, pas deux comme l’avance Ian Papillon. Ce Maintenance Officer est sûr que le gynécologue traitant de son épouse lui avait montré deux coeurs, à chaque rendez-vous.

Selon un autre gynécologue, cette anomalie aurait dû être détectée au plus tard au sixième mois de grossesse, soit par les battements de coeur, soit par la position des foetus. Il explique que les embryons qui partageaient le sac amniotique ne sont pas arrivés à se séparer complètement et que les organes sont de ce fait partagés. Il ajoute qu’il s’agit d’un retard de leur développement et non pas d’un cas de négligence comme le soutiennent les Papillon. Il fait ressortir que ce genre de cas existe bel et bien quoiqu’on ne l’entende pas aussi souvent qu’à l’étranger.

Hier, des employés du ministère de la Santé ont rendu visite à la famille à l’hôpital. Ils ont expliqué à Ian Papillon que les petites sont encore en observation et qu’elles auront une série d’examens à subir, avant qu’une décision à leur sujet soit prise. «Ils nous ont dit que la solution c’est que les enfants aillent faire une opération à l’étranger et que nous devrons les accompagner», rapporte le père. Les petites sont en observation à l’unité néonatale des soins intensifs, mais leur état de santé est stable.

Le ministère de la Santé n’arrive cependant pas à se prononcer sur ce cas et est toujours dans l’attente d’un rapport du gynécologue.

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