Giandev Moteea: «Notre objectif, c’est le résultat final et un maximum de médailles d’or !»

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Giandev Moteea, président du Club Maurice, trésorier et Finance and Marketing Manager du COJI.

Giandev Moteea, président du Club Maurice, trésorier et Finance and Marketing Manager du COJI.

La finance, c’est son univers. Mais comment transformer l’argent, le nerf de la guerre, en ferveur patriotique et en succès sportifs ? C’est tout un art et presque une science que pratique Giandev Moteea depuis plusieurs années maintenant. Le président du Club Maurice, également trésorier et responsable de la Commission Finance et Marketing du Comité d’organisation des Jeux des îles (COJI), met tout en oeuvre pour que la dixième édition de cette manifestation indianocéanique (NdlR : 19 au 28 juillet 2019) sonne enfin l’heure de la victoire pour Maurice au classement général final.

Les 10e Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI) auront lieu du 19 au 28 juillet 2019. L’échéance se rapproche. Vous êtes président du Club Maurice, trésorier et responsable de la commission Finance et Marketing au sein du COJI. Peut-on parler de ferveur à sept mois du plus grand rendez- vous sportif de la jeunesse indianocéanique ?
Je porte une double casquette, mais les deux ont un seul objectif : valoriser les élites et le sport mauricien dans son ensemble pour maintenir la réputation de Maurice comme une île sportive respectée.

La ferveur va définitivement s’accentuer au fil des mois à venir. Elle sera à son summum après le passage de la flamme des Jeux à travers Maurice et Rodrigues et à l’approche de la cérémonie d’ouverture. Le Club Maurice a participé aux côtés du COJI et du ministère de la Jeunesse et des Sports et sera à nouveau présent lors de l’entame d’une série d’activités accélérées programmées pour que la population prenne pleinement conscience de l’enjeu de cet événement d’envergure régionale. Toute une stratégie de marketing est en place pour réveiller cette ferveur patriotique chez les Mauriciens. N’oublions pas que ce sera la force morale sur laquelle pourront compter tous les athlètes du Club Maurice et tous les représentants de notre République.

Les Jeux sont-ils différents cette fois ?
Les Mauriciens les ont vécus en 1985 et en 2003. Et ce sera le cas à nouveau pour les JIOI 2019 d’autant que ce sera la troisième fois que le pays organise les Jeux. Nous célébrerons en juillet la dixième édition de cette manifestation ainsi que les quarante années des Jeux des îles de l’océan Indien.

Il y a plusieurs raisons de s’impliquer à fond dans l’organisation et le succès de ces Jeux. Pour le bonheur de nos athlètes et de nos peuples et afin qu’hommage soit rendu à la sagesse de nos aînés qui ont mis en place, il y a une quarantaine d’années, une telle plateforme sportive unifiante pour honorer les peuples de nos différentes îles de l’océan Indien.

Il faut aussi reconnaître que la ferveur et l’implication totale de la population prendront une dimension holistique. Elles deviendront presque tangibles dans l’année des Jeux et au cours des six prochains mois avec divers projets de sensibilisation. Des professionnels nous accompagneront. Ensemble, nous ferons rejaillir la ferveur associée à ces grands Jeux Indiaocéaniques tant sur le plan sportif que sur le plan patriotique et alimenterons la fraternité entre les peuples de l’océan Indien. Il y aura aussi des activités liées à la jeunesse sur plusieurs fronts comme les réseaux sociaux et sur de multiples autres supports de communication.

Le Club Maurice s’implique totalement aux côtés du COJI et du ministère de la Jeunesse et des Sports pour mener à bien ces objectifs envers les athlètes de haut niveau engagés dans ces Jeux des îles de 2019 et honorer ses autres responsabilités.

Quel est l’état d’esprit au sein de la communauté sportive ?
Les sportifs sont bien pris en charge et bien lotis de par les investissements consentis en leur faveur depuis les derniers Jeux des îles. L’État et le Club Maurice investissent énormément dans les athlètes à travers leurs fédérations respectives et le budget spécial alloué depuis 2015 par le ministère de la Jeunesse et des Sports pour la préparation des athlètes en vue de l’échéance de juillet. On n’a pas perdu de temps depuis les derniers Jeux en 2015 : toute la préparation des athlètes était axée sur ces Jeux des îles.

Tous les Jeux auxquels l’équipe de Maurice a participé ont été un projet à part entière pour le Club Maurice. Il a toujours été là en soutien au ministère de la Jeunesse et des Sports en impliquant les secteurs privé et public. Les Jeux des îles ont toujours été un leitmotiv dans la préparation des athlètes. C’était l’objectif déclaré. L’état d’esprit et le mental des athlètes étaient focalisés vers les Jeux de 2019.

Le secteur privé, à divers échelons, a adhéré au mouvement et collaboré avec le Club Maurice. Je voudrais le remercier pour ses contributions tout au long de ce parcours, soutien qui, j’en suis sûr, va se maintenir.

L’état d’esprit au sein de la communauté sportive doit être au top et bien en verve. Le build-up se poursuit avec d’autres supports et activités.

Giandev Moteea et le ministre de la Jeunesse et des Sports, Stephan Toussaint.

Et quel est l’état d’esprit au sein de la population ?
Des activités ont été organisées afin de toucher tous les segments de la population. Au fait, plusieurs segments ont déjà participé à des manifestations. Au-delà des activités sportives et celles consacrées à la jeunesse, où les Jeux des îles ont été systématiquement mis en avant, il y a eu plusieurs événements où le Club Maurice, le ministère de la Jeunesse et Sports et le COJI ont travaillé ensemble comme une équipe soudée. Je mentionnerai le rassemblement de tous les athlètes présélectionnés – pour la première fois ! – au Domaine IZI en 2017 pour un team building et un travail de motivation avec leurs dirigeants et encadrants.

Il y a eu le compte à rebours d’un an à la municipalité de Quatre-Bornes, compte à rebours repris par plusieurs collectivités locales, comme à Port Louis par exemple. Les autres suivront sous peu car notre stratégie vise l’implication de toutes les municipalités et de tous les conseils de districts et de villages. De plus, à l’occasion de chaque rassemblement des athlètes avant les autres Jeux que le Club Maurice a organisés, toute la communauté sportive est sensibilisée à la manifestation.

Nous devons tous y participer, soutenir et amplifier ces actions à travers des activités régionales à l’approche des JIOI de 2019. C’est un défi pour tout un chacun. C’est ce sens de patriotisme que nous encourageons dans tous les secteurs – médias, entreprises et institutions éducatives et universitaires –, pour que l’implication soit continuelle et que les Jeux soient évoqués dans tous les forums. La Commission Marketing du COJI a une belle stratégie qui se matérialisera au fil des mois à venir grâce au travail des pros dans ce domaine.

Avez-vous le sentiment que les Mauriciens se sentent concernés par ces Jeux que leur pays accueille pour la troisième fois de son histoire ?
Absolument. Jamais deux sans trois ! Les Mauriciens ont vécu les JIOI en deux occasions déjà. Ils sont fiers à l’idée que Maurice organise ces Jeux pour la troisième fois d’autant que tout un symbolisme très significatif entoure cette édition : c’est la dixième qui coïncide avec la quarantième année d’existence des JIOI. Ce sont là d’heureuses coïncidences ! Ce sera grandiose, croyez-moi.

La population, dans son intégralité, sera de la partie et ce sera visible sur les stades, dans les salles communautaires, dans les maisons, les médias et sur les réseaux sociaux, parmi notre diaspora et même dans les hôtels parmi les touristes. Notre Village des Jeux est décentralisé dans des hôtels 5-étoiles. Plusieurs activités seront organisées sur le plan social dans divers hôtels pendant les Jeux et seront retransmises à la télévision. La MBC-TV, avec laquelle nous travaillons depuis plusieurs mois déjà, est un important collaborateur dans ce domaine avec des investissements massifs au niveau des équipements dernier cri.

La population sera ainsi tenue au courant des développements et des activités liées aux Jeux des îles de 2019 bien en avance et tout au long de l’événement.

Au sein de la communauté des affaires, avez-vous le sentiment que prévaut ce sens de citoyen corporatif responsable prêt à soutenir un événement majeur pouvant servir de vitrine à leur pays ?
Absolument. Je peux témoigner des réactions qui disent cet engagement de nos entreprises en faveur du sport tant dans le secteur privé que dans le secteur public. La réaction de la communauté des affaires est phénoménale. Elle veut se rallier derrière le Club Maurice et le quadricolore mauricien. D’ailleurs notre objectif assez ambitieux de récolter Rs 100 millions sera atteint et même dépassé vu l’engouement du secteur des affaires pour le parrainage des Jeux. Ceci reste très encourageant et c’est tant mieux.

Nos remerciements vont à ces vaillants directeurs de compagnies et corps paraétatiques qui voient en ces Jeux des îles une opportunité vivante de célébrer un événement national et qui le démontrent avec beaucoup de sentiments patriotiques.

Dites-vous bien que nous avons dû avoir recours dans certains cas à un exercice d’appel d’offres pour départager des gros pourvoyeurs de fonds engagés dans la même ligne de business dans la catégorie platine, c’est-à-dire Rs 15 millions à monter. Et nous regrettons de ne pouvoir prendre dans le train tous ces sponsors car beaucoup sont des collaborateurs attitrés.

L’argent est le nerf de la guerre. Le ministre de la Jeunesse et des Sports parle de Jeux à presque un milliard de roupies. Est-ce que les moyens financiers sont au rendez-vous de nos ambitions et de nos objectifs ?
Pour avoir des Jeux des îles 5-étoiles, le ministère de la Jeunesse et des Sports et l’État ont mis la barre très haut au niveau de l’investissement. Le gouvernement a suivi et accepté de mettre ce genre de budget à la disposition des Jeux. Le budget couvre plusieurs secteurs d’investissements, les principaux sont la préparation des athlètes, la rénovation des infrastructures, l’hébergement, le transport et bien d’autres. Il faut aussi rappeler que ces niveaux de budget ont été alloués pendant les dernières années financières depuis 2015. La volonté de l’État est visible avec les allocations au ministère et la création de l’instance AUGI et la mégaconstruction à Cote D’Or.

Le président du Comité olympique mauricien se réjouissait en début d’année que le financement de la préparation de cet événement a débuté plus tôt pour une fois. Quelles ont été les actions entreprises jusqu’ici en faveur des présélectionnés mauriciens ?
Le financement est orienté vers les divers secteurs concernés. La contribution pour la préparation des athlètes se fait à travers les fédérations responsables des quatorze disciplines impliquées.

Tous les athlètes sont sur un même pied d’égalité. Tous les présélectionnés ont la chance de s’entraîner avec l’encadrement nécessaire pour donner le meilleur d’eux-mêmes. Notre objectif, c’est le résultat final et un maximum de médailles d’or !

La Commission Technique fait aussi un travail de fond en faveur des fédérations. De même que le Comité de suivi et la High Level Unit avec lesquels le Club Maurice a toujours travaillé. Ils suivent de près la performance des athlètes et l’attribution effective des fonds alloués par le ministère de la Jeunesse et des Sports. Nous aidons les fédérations sans nous ingérer dans leur fonctionnement.

L’achat d’équipements pour ces disciplines, afin que les sélectionnés puissent s’entraîner comme il le faut, est conséquent.

Cet accompagnement ira-t-il crescendo dans les semaines et mois à venir ?
Oui, ces investissements et accompagnements seront accentués dans les semaines et mois à venir. C’est aussi un fait que chaque fédération travaille à son rythme. Il y a une étroite collaboration entre le Comité des Jeux et les fédérations et une ligne de communication entre nos organisations respectives afin de poursuivre le travail de préparation dans le respect mutuel.

Que prévoyez-vous à ce niveau ?
D’autres investissements seront faits, dans les autres équipements dernier cri nécessaires aux fédérations ayant déjà soumis leurs besoins au COJI, et d’autres contributions en faveur des sélectionnés afin que soient atteints les objectifs que se sont fixés le ministère, le COJI et le Club Maurice.

Nous rendrons possibles des camps d’entraînement et la poursuite de la préparation sur le plan local et à l’étranger. Les fédérations sportives concernées doivent se focaliser sur les frottements nécessaires pour que leurs athlètes puissent concourir au niveau requis voire même dépasser les espérances. Les rassemblements et exercices de team building et de motivation vont se poursuivre de même que des séances de travail avec des professionnels pour cultiver un mental fort. Le volet anti-dopage, les conseils sur la nutrition et la santé et les précautions à prendre seront aussi abordés. Notre objectif est d’avoir de beaux Jeux, propres et respectueux de l’environnement.

Accordez-vous la même attention à la préparation des présélectionnés rodriguais qui sont au nombre d’une soixantaine, soit 17 athlètes, 13 volleyeurs, 2 kiters, 16 judokas, 6 boxeurs, 4 handisportifs et un basketteur ?
Absolument. Cette volonté du COJI et du ministère s’est traduit par la présence de la Commissaire aux Arts et Sports de Rodrigues, Mme Rose de Lima Edouard, dans le comité COJI. Il existe aussi des représentants des douze commissions qui se réunissent à Rodrigues afin que la coordination se fasse dans les meilleures conditions et de façon équitable. Nous comptons beaucoup sur nos athlètes de Rodrigues. En fait, l’enjeu est d’envergure pour tous les sportifs de notre République.

La dernière ligne droite est abordée en cette fin d’année. Êtes-vous satisfait sinon du plan de travail établi par les quatorze fédérations concernées par les 10e JIOI ?
Nous sommes tous, au COJI, au ministère et dans le Club Maurice, très exigeants avec les quatorze fédérations pour ce qui est du travail à abattre pour ces Jeux. Mais il est aussi reconnu que chaque fédération travaille à son rythme. Nous comptons beaucoup sur la Commission Technique et le Comité de suivi pour suivre de près leurs activités et rester dans les temps impartis. L’aide nécessaire est là. Nous restons confiants sachant que dans les semaines à venir, le travail va s’accentuer au niveau des quatorze disciplines.

Combien de fois encore est-ce que le Club Maurice se rassemblera comme une seule et même famille d’ici aux 10e Jeux ?
Après 2017 et le compte à rebours d’un an en 2018, nous prévoyons des manifestations régulières au courant des mois à venir. Nous avons en ligne de mire au moins deux rassemblements phares pour unifier le Club Maurice et poursuivre le travail : construire l’esprit d’équipe et de famille et promouvoir la motivation mentale des athlètes. Cela inclut notre grande réunion pour le grand rassemblement final environ deux semaines avant le début des Jeux des îles avec tout le protocole et l’animation nécessaires.

Le Club Maurice a-t-il prévu des événements pour rallier la population derrière son équipe et ses Jeux ?
Nous avons une série d’événements afin de rallier la population derrière le Club Maurice et ces Jeux des îles 2019. Le président du COJI va dévoiler bientôt les détails sur les événements prévus dans ce sens. 

Outre la poursuite des actions au niveau des écoles et collèges, nous prévoyons des activités avec la collaboration des collectivités locales pour atteindre les diverses régions de notre République, dont Rodrigues. Nous mettrons aussi à contribution la Mauritius Post à Agaléga!

Aussi, nous comptons célébrer les «100 Jours avant les Jeux» avec tous les stakeholders et la population. La flamme des Jeux va parcourir un trajet qui sans nul doute galvanisera la population.

La chanson des Jeux fait aussi partie de notre stratégie. Divers autres modes de communication, avec des technologies innovantes et modernes, seront exploités afin de toucher tous les segments de notre population tant à Maurice qu’à l’étranger.

Le réseau online sera exploité à son maximum. Notre diaspora ainsi que les touristes seront aussi de la partie. La mayonnaise prend parfois son temps pour monter mais le produit ainsi concocté apporte des résultats encore plus alléchants et probants.

Toutefois, il est important de comprendre que cette ferveur que nous souhaitons doit s’articuler autour des divers segments de la population. Dans certaines catégories, la ferveur est déjà présente et s’entretient à travers des mises en commun des activités. Au fait, de très gros chantiers ont été lancés à plusieurs niveaux : celui des infrastructures, de la mobilisation des athlètes – les présélectionnés comme les sélectionnés –, l’implication directe des divers segments de la population, dans les écoles avec des athlètes ambassadeurs du sport, dans des lieux publics comme les municipalités. Il est aussi prévu d’organiser des journées sportives dans les entreprises avec la mascotte des Jeux des îles et beaucoup d’autres activités sur les plans sportif et culturel où l’accent est et sera systématiquement mis sur nos fameux Jeux des îles 2019.

Êtes-vous confiant en une victoire de Maurice au classement général final en juillet prochain ?
Toutes les instances de notre République investissent massivement pour que Maurice décroche enfin la première place à cette dixième édition en 2019 après quarante ans d’existence des Jeux des îles. Il faut aspirer à cette victoire et faire rêver nos athlètes et tous nos compatriotes à divers échelons. Tout se met en place dans cette vision de victoire et de succès dans l’organisation.

Il faut positiver et croire en soi. Nous avons une belle chance de victoire. Il faut que tous ceux engagés dans cette joute travaillent ensemble et travaillent dur avec cette forte conviction citoyenne car les moyens sont là. Allez Maurice ! Allez le Club Maurice !

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