Vœux des artistes: ce qu’ils mijotent pour 2019

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La scène culturelle promet d’être très mouvementée cette année

La scène culturelle promet d’être très mouvementée cette année

Bonnes résolutions ? Mieux que ça. Avec les artistes, c’est du concret. Ils nous donnent un avant-goût de ce qu’ils préparent pour 2019. Évidemment les surprises ne sont pas exclues.

Krishna Luchoomun, plasticien

«Que d’autres organisent le déplacement des artistes à la Biennale de Venise»

«L’année prochaine aura lieu une nouvelle édition de la Biennale de Venise. En 2015 et 2017, nous avons contribué pour que Maurice soit représenté pendant six mois, dans cette manifestation internationale. En 2019, nous allons laisser le champ libre à d’autres pour qu’ils prennent l’initiative d’organiser cela.» Sur le plan local, Krishna Luchoomun prévoit une nouvelle édition de l’atelier résidentiel pARTage. «Mais tout dépend des financements de la part des autorités. Si on n’en a pas, on fera autre chose.» Il y a aussi le projet d’échanges avec huit artistes chinois. En 2019, le projet se déroulera à Maurice, puis en Chine en 2020.

Krishna Luchoomun planche aussi sur les suites d’une résidence artistique à laquelle il a participé en Inde. «J’espère que l’exposition, qui ira à Londres et au Canada, passera par Maurice.» Il y a aussi le prochain épisode de la résidence artistique qu’il a effectuée à Cilaos, à La Réunion, avec le soutien de la Cité des Arts. Ce sera au tour du plasticien Run Derf de séjourner chez nous.

Nirveda Alleck, plasticienne

«Six mois de recherches en perspective»

«En 2019, je vais faire six mois de recherches sur une thématique identitaire. Le point de départ est une citation de l’auteur Édouard Glissant : «Tu as droit d’être obscur». À partir de cela, je vais explorer les théories de l’identité et de la transparence entre différentes cultures. Cela va aboutir à une série de peintures, un documentaire vidéo et deux installations. Ce projet bénéficie du soutien de l’Institut Français de Maurice.»

Gaël Froget, plasticien

 À l’assaut de l’Afrique

Dans l’immédiat, Gaël Froget est en négociation pour faire la couverture du livre d’un «grand auteur mauricien.» Il s’agit de la traduction d’un texte d’un auteur mauricien publié à étranger. Il ne néglige pas la suite de Transpozision, son exposition solo qui s’est tenue au mois de septembre dernier. «L’objectif est d’aller vers l’Afrique, car pour le moment, je ne suis pas du tout présent dans les galeries du continent.» En 2019, il souhaite faire une percée dans des pays tels l’Afrique du Sud et le Sénégal. Il prépare aussi «quelque chose dans le textile.»

Lin, chanteur

Un concert

Au mois de mars, Lin fera ses valises pour une tournée des soirées mauriciennes en Australie. Pour Pâques, direction la France. Et un concert à Maurice ? Des négociations seraient en cours pour trouver une grande salle, laisse entendre Lin. Il confie qu’il commence à composer les chansons du prochain album. «Je ne le fais pas tous les jours, mais quand le feeling est là.»

Percy Yip Tong, producteur

Marquer les 30 ans du premier album de Kaya

30 ans, c’est le temps écoulé depuis la sortie du premier album de Kaya, Seggae nou lamizik, en 1989. «Cet album n’est jamais sorti sur CD. J’espère pouvoir enfin le faire, pour montrer la naissance du seggae et qu’il est encore vivant.» Un concert suivra dans la foulée. Mais Percy Yip Tong ne souhaite pas caler cela au mois de février, car Maurice commémorera, en 2019, les 20 ans de la disparition de Kaya, mort en cellule policière. «J’évite février parce que c’est trop rattaché aux émeutes de 1999. C’est incroyable de se dire que la carrière de Kaya n’a duré que dix ans. C’est durant ces 20 années après sa mort que sa carrière a pris de l’ampleur. Beaucoup plus que durant ses dix ans de productions. Aujourd’hui, des patrons chantent ses chansons, l’Église catholique et d’autres groupes religieux le font. Kaya représente davantage maintenant que de son vivant.»

Anna Patten, danseuse et chorégraphe

Monter un gros spectacle

Son dernier ballet, Rythm of Fire, date de 2015. Anna Patten souhaite ardemment monter un nouveau spectacle d’envergure. «Mais cela dépend aussi des sponsors.» Si le concept est encore en gestation, la danseuse et chorégraphe espère que cette nouvelle aventure se concrétisera au mois d’août.

Miselaine Duval-Vurden, responsable des Komiko

La «Bénédiction» d’un second film

Avec humour, elle assure avoir déjà fait le grand ménage, «pour corriger les erreurs.» Table rase avant la sortie de Bénédiction, le second film des Komiko, après Panik. Une sortie prévue, «en principe pour la Saint Valentin.» Miselaine Duval-Vurden prépare également une nouvelle édition du Festival du Rire. Un festival «relooké» en 2019, promet-elle. «L’année 2018 a été très dure», concède-t-elle. Fin janvier 2018, les Komiko ont déménagé de l’ex-ABC à Rose-Hill, pour le Comedy Arts Club au Bagatelle Mall. Nouveau lieu, nouvelle formule. «Ce n’est pas facile. Rien n’est prévisible dans le secteur, c’est ce qui fait peur aux économistes.» Des projets «dans l’audiovisuel», des formations sont aussi à prévoir.

Mr Love, artiste musical

Il prépare son dixième opus

Le dixième album de Mr Love devrait sortir vers mars-avril 2019. Parmi les divers arrangeurs sur cet album figure Alain Ramanisum. Il y collabore aussi avec The Prophecy, Cindia Ameerally, Taniah Jeremie, des Seychelles. «Les styles seront très variés.» Mr Love attend aussi de marquer ses 20 ans de carrière en 2019. Il est également le parrain de l’association Enn Rev, Enn Sourir, qui a pour vocation de rendre accessible des soins pédiatriques spécialisés à des enfants qui n’y ont pas accès. «Nous avons créé une cellule qui s’appelle The Love Kids. En 2019, nous prévoyons une petite tournée avec ces enfants.» Ils vont reprendre des chansons de Mr Love à leur manière. Mais cela dépend aussi de leur état de santé.

Jane Constance, chanteuse

 Un troisième disque en vue

La jeune fille travaille actuellement sur son troisième album, après À travers vos yeux (2016) et Un jour j’ai rêvé, sorti au mois d’avril de cette année. Il pourrait sortir mi-2019. Des concerts pourraient suivre. Jane Constance attend ses résultats aux examens du Higher School Certificate. Elle a toujours souhaité entamer des études de droit. «Tout va dépendre des résultats. Je ne peux pas prédire l’avenir», lance-t-elle.

Paul Olsen, responsable d’Opera Mauritius

Sur un air de Roberto Alagna

«Il ne faut pas voir petit.» Paul Olsen est de ceux qui prévoient au moins deux ans à l’avance. L’entrée en opération du Caudan Arts Centre, doté d’un piano de concert Steinway, est pour lui une opportunité en or de créer une adresse incontournable de la musique classique. Une salle «intimiste» de plus de 400 places, une fosse d’orchestre pour 12 musiciens. Pourquoi ne pas y accueillir une voix du calibre de celle de Roberto Alagna ? Le ténor français est actuellement en pleine saison, au Metropolitan Opera, à New York. Il est notamment à l’affiche de Samson et de Cyrano, entre autres. «Dans ce domaine, il faut penser les choses deux ans avant.» Tout en se donnant les moyens de ses ambitions. En attendant, divers rendez-vous sont déjà calés. D’abord, un retour aux sources avec le quatuor Malenga, «ceux par qui tout est arrivé. C’est le premier groupe que j’ai produit en 2004. Il m’a donné envie de continuer.» En février, ils seront à l’affiche au Caudan Arts Centre. À la même période, une adaptation de Pierre et le loup de Prokofiev avec Véronique Zuël en narratrice. En juin, retour de la violoniste Simone Strohmeier. Ainsi que celui de la soprano d’origine mauricienne Danielle Halbwachs. Après avoir étudié la musique au Cap, en Afrique du Sud, elle mène une carrière en Allemagne, notamment au Hamburg State Opera.

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